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Dernier Royaume #2

Sobre lo anterior

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El pasado es un nuevo órgano que resulta de la lengua enseñada a los que nacen. Asociado con la página escrita, extiende un nuevo espacio que llamamos Historia. La palabra latina pagina significa la morada más vasta donde el alma puede moverse, viajar, comparar, volver. Es el pagus, el país. La “página” es una extensión del espacio actual (una desmultiplicación del medio). Es una nueva dependencia que se añade al espacio interno situado dentro del cráneo por detrás de los ojos. Otra habitación. Una tercera habitación detrás del ojo izquierdo, justo al lado de la voz involuntaria donde susurra, habla, sermonea, reta, invoca la lengua natural adquirida por el animalito niño tan insensiblemente, hace algún tiempo, a partir de la mirada de la madre.

246 pages, Paperback

First published August 28, 2002

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About the author

Pascal Quignard

158 books304 followers
Romancier, poète et essayiste, Pascal Quignard est né en 1948. Après des études de philosophie, il entre aux Éditions Gallimard où il occupe les fonctions successives de lecteur, membre du comité de lecture et secrétaire général pour le développement éditorial. Il enseigne ensuite à l’Université de Vincennes et à l’École Pratique des Hautes Études en Sciences Sociales. Il a fondé le festival d’opéra et de théâtre baroque de Versailles, qu’il dirige de 1990 à 1994. Par la suite, il démissionne de toutes ses fonctions pour se consacrer à son travail d’écrivain. L’essentiel de son oeuvre est disponible aux Éditions Gallimard, en collection blanche et en Folio.

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Pascal Quignard is a French writer born in Verneuil-sur-Avre, Eure. In 2002 his novel Les Ombres errantes won the Prix Goncourt, France's top literary prize. Terrasse à Rome (Terrasse in Rome), received the French Academy prize in 2000, and Carus was awarded the "Prix des Critiques" in 1980.
One of Quignard's most famous works is the eighty-four "Little Treatises", first published in 1991 by Maeght. His most popular book is probably Tous les matins du monde (All the Mornings in the World), about 17th-century viola de gamba player Marin Marais and his teacher, Sainte-Colombe, which was adapted for the screen in 1991, by director Alain Corneau. Quignard wrote the screenplay of the film, in collaboration with Corneau. Tous les matins du monde, starring Jean-Pierre Marielle, Gérard Depardieu and son Guillaume Depardieu, was a tremendous success in France and sold 2 million tickets in the first year, and was subsequently distributed in 31 countries. The soundtrack was certified platinum (500,000 copies) and made musician Jordi Savall an international star.
The film was released in 1992 in the US.
Quignard has also translated works from the Latin (Albucius, Porcius Latro), Chinese (Kong-souen Long), and Greek (Lycophron) languages.

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Profile Image for И~N.
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May 11, 2020
Il est des bonheurs dont on se dit qu’il faut les préserver de l’oubli non pas parce qu’ils sont grands ou extraordinaires, mais parce qu’ils sont contagieux.
*
Avec chaque amour on change de passé. Avec chaque roman qu’on écrit ou qu’on lit on change de passé.
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Le mot latin de pagina dit la demeure la plus vaste où l’âme puisse se mouvoir, voyager, comparer, revenir. C’est le pagus, le pays. La « page » est une extension de l’espace actuel (une démultiplication du milieu). C’est une nouvelle dépendance qui s’ajoute à l’espace interne situé à l’intérieur du crâne, à l’arrière des yeux. Une autre chambre. Une troisième chambre à l’arrière de l’œil gauche, juste à côté de la voix involontaire où chuchote, parle, sermonne, gronde, invoque la langue naturelle acquise par le petit animal enfant si insensiblement, naguère, à partir du regard de la mère.
*
Même quand on erre, on ne se dirige pas au hasard. On va où le perdu attire. On se précipite. Toute femme, tout homme se précipitent où ils se sont perdus.
*
C’est le pouvoir des romans que de faire jouir dans l’oubli des personnes.
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La vie d’un homme peut toujours être autre, et meilleure, et plus intense, et pire, et plus brève.
*
Cette synchronie-qui-se-perd définit la temporalité.
*
Le langage est la seule résurrection pour ce qui a disparu.
*
C’est au solstice d’été qu’a lieu la fête des morts : le soleil, se retournant soudain, tue tout ce que sa face ou son disque dévisage ; l’hiver revient.
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Le langage est la maison pour tout ce qui n’est plus.
*
La trace de toutes les sortes de plaisirs qui sont possibles au corps mortel dans ce monde c’est que la conscience du temps s’y perd. Je compte quatre extases temporelles. La volupté. La transe. La lecture. La découverte. Quelle heure est-il ? L’impossibilité de répondre à la question temporelle est le fond de la joie. C’est même sa définition. Est joie la non-distance au temps ; l’élation est l’imprévisible synchronie ; être redevenu jadis jaillissant. Le joyeux est celui qui est en train de replonger tout entier dans la source du temps qui déborde.
*
Comme la lumière voyage à une vitesse finie, ce que nous voyons n’est pas seulement lointain mais prétemporel. Tout ce que nous voyons est plus ancien que notre vision.
*
Nous clignons les yeux pour contempler des choses dont la lueur se disperse déjà. Le temps produit du perdu. Le temps concrétise avoir été.
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On ne peut percevoir l’autre sans la communication infinie du passé qui ne permet pas de l’atteindre mais qui permet de le surprendre.
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L’échange des passés a lieu avant même le contact des deux sexes qui sont autres.
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Plus on tombe amoureux, plus le passé se métamorphose.
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Il y a un passé sans commencement qui revient dans nos actes le soir.
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Sous chaque arbre l’ombre qui nous abrite vient d’un corps qui n’est plus.
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Le temps est cumulatif pour le penseur, pour l’artiste, pour le savant, pour l’archéologue, pour le généalogiste, pour celui qui écrit. Son accumulation l’oriente. Puis on meurt. Le petit orient se disperse dans le dernier souffle.
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La possibilité du désir suppose l’existence du paradis.
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Le temps ne paraissait pas long dans l’enfance, quand le langage manquait.
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Le temps ne paraissait pas long dans l’enfance, quand le langage manquait. Ni la patience ni la frustration ni le langage ni la conscience ni l’identité n’existaient dans le monde liquide.
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Chez les prédateurs voir est une joie devenue insatiable.
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La neige ne fond pas, quoi que dise la langue naturelle. C’est ce craquement d’elle-même, ce craquement de sa propre structure, ce qu’on appelle fondre. Fondre n’est pas silencieux. Chaque fois que le temps se réchauffe, je m’éloigne des routes et des habitations. En vieillissant je suis un homme de plus en plus sensible. Je vais écouter le son de la neige qui fléchit, de la blancheur qui s’affaisse. La neige dit adieu. Elle prononce son adieu en décomposant rythmiquement sa propre construction, pour ainsi dire à rebours, et en se décomposant dans sa matière, devenue plus poreuse, plus transparente.
*
Tout craque au sein d’une diminution étrange - au sein du Perdre.
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L’aoriste est une mélancolie qui monte aussi lentement que la neige qui tombe et qui transforme tout ce qu’elle touche. L’aoriste n’enseigne pas. C’est une irruption du perdu elle-même perdue et à partir de laquelle le perdu n’est pas préservé. Car ce qui définit le perdu est le sans retour.
*
Le rêve est le temps avant le temps. Il y a un viser avant soi, c’est croire ; la croyance est préidentitaire. Il y a un viser avant l’origine ; c’est se fasciner, s’engloutir, être englouti, se fondre.
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L’homme est un vivre terminable et un dire interminable. La langue naturelle consiste dans le sans terme de la temporalité irréversible et inachevante des mortels. La langue s’oppose au corps qui l’apprend comme à son pôle adverse. Il y a un lieu qui s’est distendu dans l’homme jusqu’à l’abîme. Il y a une tension dont les deux termes se sont opposés dans l’homme seul entre horizon et aoriste, entre Thanatos et Logos. Le livre est un mort qui parle.
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Izumi Shikibu : Ce qui est étrange dans ce monde c’est qu’il n’y ait pas de fin aux amours sans retour.
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Le grec a-oriston renvoie au grec a-beimo. Abîme est l’aoriste du vertige de la mort. Le vertige est l’aoriste devenu espace.
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Aiôn définissait à Mycènes le temps comme poussée
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Qu’est-ce que la fascination ? Une forme récente est mangée par une forme plus antique d’elle-même. La fascination est le temps en acte. Dans la fascination c’est bien le temps qui dévore.
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La langue naturelle est liée au temps comme le pinson aux chênes.
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elle voulut s’asseoir sur une chaise en toile à trois bois au bout de la grande allée pour contempler les derniers instants de la fin du jour qui tombe.
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Le passé est indestructible parce que l’invisible n’a pas plus d’âge qu’il n’a de substance. Ce qui ne se montre jamais est inusable. Alter inaltérable.
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Le passé est irrégulier. Son ekstasis vitale, sécessive, scissipare, centrifuge ; son excessus est mortel ; l’impétuosité de la source sexuelle bondit en chaque fruit un millième de seconde.
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Notre vrai nom est sans identité. Notre vrai nom d’avant la nomination linguistique est encore cette impatience temporelle à faire retour.
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Il y a un être qui échappe à tout regard dans ce monde. Les traces de son œuvre le rendent partout présent mais elles ne témoignent pas de lui. Royaume invisible. Pas davantage celui qui vit ne remarque son existence. Celui que nul ne voit et qui séjourne partout est le temps.
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Il y a toujours avant moi quelque chose qui sait avant que je sache.
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Il y a un temps tellement inconnu au fond de nous qu’il est intrahissable. Il y a un temps tellement ancien au fond de la nuit et du ciel auquel, le voudrait-elle, nulle créature ne peut même être infidèle.
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L’usure du désert est presque le passé. Le volcan est toujours le jadis. Le neuf et le passé sont liés comme l’usé et l’aveu. Le chaos originaire n’est pas usé en nous. L’inavouable n’est pas usé en nous.
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Plotin de Lycopolis opposa invisible et épiphanie. Il soutenait qu’être et apparence se polarisaient comme la nuit et le jour mais qu’il ne s’agissait pas d’une opposition égalitaire. La nuit avant, le jour après. Plotin touche à la première des diachronies originaires ; quelque chose d’indésorientable erre au sein du temps inorientable ; la nuit avant, le jour après.
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Tacite fut un immense déclamateur qui reconduisit la narration biographique dans sa fête c’est-à-dire à sa source : un chaos funéraire. Otium, surabondance, ritualisation, katharsis, inversions carnavalesques du hiérarchique et du digne, tensions, défis, tous ces mots définissent les traits principaux de la fête. La rhétorique romaine impériale fut une rude et lente fête sombre.
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Les cerfs, comme les écrivains, n’aiment pas se montrer.
Profile Image for Bere Tarará.
534 reviews34 followers
May 17, 2020
La idea de lo anterior en Quignard es diferente a la idea de pasado. El lenguaje tiene como anterior los sonidos prelingüísticos y la vida tiene como anterior una noche silenciosa
Profile Image for Ignacio Rojas.
49 reviews7 followers
October 29, 2023
No se puede negar que en la escritura de Quignard, sobre todo, en este peregrinaje que es la serie Último reino, hay algo circular, reiterativo, dicho además con obstinación; un mantra entonado entre ruinas, en cuyo eco, viaja, azarosamente, esa anhelada correspondencia con ese lugar inefable que es lo Anterior, lugar más antiguo que el lenguaje y el cuerpo.

Hasta Silvio Mattoni, que lo ha traducido hasta el cansancio, ha manisfestado -con disimulado fastidio-, ese estilo reiterativo y algo monótono. Hay un concepto japonés, cuyo nombre ahora no recuerdo, que reivindica una circularidad similar, que ve en ese círculo el movimiento y la renovación de la energía; el agua que fluye y que siempre puede beberse versus la podredumbre de aquella que se estanca. Así, de esa forma, está escritura se encamina hacia la fuente.

Esa insistencia que tiende a cansar, y que pareciera acercarnos en su inmersión a ese origen difuso, finalmente nos aturde y no nos lleva a ninguna parte porque simplemente no tiene fin, esta serie es un libro que se abre al infinito y nunca podrá terminarse.

Hay una profundidad revitalizadora, un ir más allá, que es también una apnea en el tiempo; falta el oxígeno, y no basta con contemplar los vestigios de Angkor Wat o de una tumba del 470 a. c., Quignard se zambulle en su grieta y en el de todas las ruinas, como lo haría ese nadador de Paesteum, eternamente cayendo, eternamente en clavado, eternamente perdido.
Profile Image for Emilie.
338 reviews28 followers
October 26, 2018
Il m'est tombé des mains. Note pour plus tard : ne pas lire les tomes du 'Dernier royaume' à la suite, sous peine de plonger dans une torpeur proche (trop proche...) de l'ennui.
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