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Dans l'intimité du pouvoir: Journal politique 2012-2014

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Pendant presque deux ans, du 4 septembre 2012 à la défaite électorale du 7 avril 2014, Dominique Lebel a vécu au même rythme que la première ministre du Québec, Pauline Marois. Pendant presque deux ans, il a assisté à toutes les réunions du Conseil des ministres, il a été un acteur et un témoin de toutes les rencontres stratégiques, en plus d’accompagner la première ministre dans toutes les régions du Québec aussi bien qu’à Londres, Davos, Édimbourg ou Mexico. Il était à ses côtés le soir des élections, marqué par un attentat. Il a partagé avec elle le drame de Lac-Mégantic et les derniers jours de son gouvernement au terme d’une campagne électorale éprouvante.

Dominique Lebel a consigné des faits, des impressions, des dialogues dans de petits carnets noirs. Ces carnets lui permettent aujourd’hui de livrer un témoignage qui représente un récit personnel, intime, unique de la réalité du pouvoir.

Voici une plongée fascinante dans les coulisses de la vie politique.

429 pages, Paperback

Published January 1, 2016

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About the author

Dominique Lebel

25 books3 followers

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Profile Image for Jean-François Lisée.
Author 29 books175 followers
January 8, 2019
e me souviens d’avoir surpris Dominique Lebel dans son minuscule bureau de l’absurdement labyrinthique cabinet de la première ministre, rue Sherbrooke à Montréal. Il avait la tête dans les mains.

« Tu as l’air accablé ». Il l’était. Un article du matin avait fait déraper une négociation qui aurait du mieux se passer et qui allait ajouter à nos épreuves du début 2013.

J’avais applaudi à deux mains l’arrivée de Dominique autour de Pauline Marois, car cet ancien des jeunesses péquistes, de cabinets de Jean Doré et Gilles Baril, devenu entrepreneur et haut dirigeant de Cossette, me semblait superbement doué pour aider le nouveau gouvernement à surmonter une tare congénitale au Parti québécois: la difficulté à communiquer.

Dans son journal politique, Dans l’intimité du pouvoir, Dominique met en forme et livre une partie de ce qu’on le voyait écrire dans ses petits carnets noirs, du jour de notre élection en septembre 2012 à celui de notre défaite en avril 2014. La difficulté de communiquer n’est nulle part aussi évidente que dans le récit quotidien qu’il fait, en fin de livre, du naufrage que fut la campagne électorale de 2014.

Mais cette finale glauque, où Pauline perd le contrôle de l’agenda et n’a plus prise sur le réel, arrive en contrepoint de tout le récit qui précède où, au contraire, la première ministre apparaît au pouvoir comme une personne complètement aux commandes, complètement impliquée, complètement dédiée au bien commun.

Dominique ayant été responsable des dossiers économiques, le livre peut pêcher de ce tropisme. La présence et le poids des acteurs économiques surprendra le lecteur qui croit le PQ étranger à la chose. L’insistance de la première ministre à suivre personnellement les grands dossiers d’investissement pour stimuler la croissance et l’emploi, les rencontres à répétition avec les investisseurs étrangers (contribuant à la récolte record de 1,3 milliards $ d’investissement étrangers à Montréal en 2013), son cadrage personnel des négociations avec l’Europe ou avec Pétrolia, autant de signes tangibles, et trop peu connus, de l’engagement de Pauline pour l’économie et l’emploi. (Note partisane: si le PLQ n’avait pas mis à la poubelle notre politique économique Priorité Emploi, que tous avaient applaudi, le Québec n’irait pas si mal qu’aujourd’hui.)

L’auteur arrive bien à faire comprendre au lecteur l’inimaginable pression qui s’exerce au quotidien sur l’équipe d’un chef de gouvernement. Il entrelarde ses journées infernales de touches familiales (il a trois filles), de son jogging dans les villes du Québec et du monde où l’entraîne sa patronne et de notes sur ses lectures du moment et, cela est un tantinet agaçant, du nom de tous les excellents restaurants où il casse la croûte.

On apprend toujours des choses

Apprend-t-on des choses ? Oui, mais pas de scandale. Ministre de ce gouvernement, membre du Comité d’orientation et du comité ministériel sur l’économie (j’étais au commerce extérieur), j’y ai appris que l’équipe Marois avait envisagé une prise de participation stratégique dans l’aluminium, alors en grave difficulté donc plus abordable, puis l’avait écarté. Tiens donc.

J’y trouve la confirmation que la CAQ avait envoyé des signaux clairs de sa volonté de ne pas nous renverser au budget 2014, ce qui nous aurait donné le loisir de gouverner plus longtemps. (Je l’avais appris, d’une autre source, après le déclenchement de l’élection ce qui m’avait mis de fort méchante humeur.) Les membres du Comité d’orientation auraient sans doute aimé en être informés avant de conseiller la première ministre sur l’opportunité de déclencher l’élection. Je ne dis pas que la recommandation aurait été différente, et Dominique rend un grand service en racontant comment il semblait logique pour tous de déclencher en mars 2014 — ce qui semble en rétrospective ahurissant.

Il y a des passages qui font sourire. Dominique semble surpris que, lors d’une réunion du Comité d’orientation en octobre 2013, s’enclenche sur la Charte une discussion « beaucoup plus houleuse que prévu ». Puis il ajoute: « Les ministres argumentent en sachant très bien que les choses vont suivre leur cours ». Façon de dire: cause toujours !

Il confirme dans un autre extrait l’absolue prépondérance des équipes du ministère des Finances dans tout les débats ayant un angle économique :

« Martine Ouellet et Bernard Lauzon viennent me rencontrer au cabinet de Montréal. Je les reçois dans mon bureau dénudé aux chaises dépareillées. Lauzon était le conseiller économique de Jacques Parizeau avant d’entrer dans la fonction publique au milieu des années 1990. Il est aujourd’hui haut fonctionnaire aux ressources naturelles. Lui et Martine Ouellet viennent discuter du dossier des redevances minières. Lauzon a fait ses propres calculs et projections et il me présente le résultat de ses recherches à la manière d’un professeur d’université. Ses résultats sont très différents de ceux des Finances. Je me dis qu’il faut quand même être culotté pour faire soi-même des projections qui viennent contredire celles de la batterie d’experts du ministère des Finances. J’admire l’audace, mais je ne vois pas bien à quoi rime tout ça. »

Dominique admet par la suite que nous avons beaucoup déçu dans ce dossier des redevances, dont une hausse marquée était une promesse électorale clé. La chute rapide des cours des métaux rendait le pactole promis inatteignable, mais Martine avait la conviction que les Finances sous-estimaient le potentiel encore disponible. Le témoignage du conseiller Lebel montre qu’il n’était tout simplement pas la peine de tenter de contredire, même avec la science déployée par un des élèves les plus brillants de l’économiste Parizeau, les conclusions des Finances. (En fait, sous Parizeau, on disait que le budget était « le budget Lauzon » tellement il y était impliqué.) J’aime à penser qu’à la place de Dominique, j’aurais organisé un débat entre Lauzon et l’expert des Finances sur ce dossier, devant moi et au moins un expert externe, pour aller au fond des choses et conseiller correctement la première ministre.

Je pourrais encore chipoter* sur tel ou tel dossier, par exemple lorsqu’il s’étonne que « la commande qui paraissait acceptable à l’automne s’est transformée en cauchemar au contact du réel. » Le conseiller semble n’avoir pas capté les signaux d’alarme envoyés par les ministres.

Plus globalement, je conseille au lecteur de lire d’abord les 3 dernières lignes de la page 422 et les sept premières de 423 du livre (6 avril 2014, juste avant la défaite) et ensuite la page 19 (10 septembre, six jours après l’élection de 2012)**.

Plus on connaît Couillard, plus on s’ennuie de Pauline

Il y a maintenant deux ans que les Québécois ont collectivement décidé de ne pas renouveler leur confiance à Pauline Marois. La période de deuil est terminée. La comparaison avec celui qui fut choisi à sa place peut se déployer.

Une des critiques les plus féroces de Pauline a ouvert le bal, dimanche dernier, dans Le Journal de Montréal. Lise Ravary. Extrait:

« Madame Marois, mea culpa

Il m’est déjà arrivé d’écrire que le gouvernement Marois se classait parmi les pires des 50 dernières années. Mea culpa. Malgré les cafouillages et les débordements autour de la charte des valeurs, il y a avait de la vie dans ce gouvernement, de l’intelligence, de la passion, des débats.

On pouvait ne pas être d’accord avec les choix de Pauline Marois, mais autre chose que du fluide glacial coulait dans ses veines.

Le refus de Philippe Couillard de prendre en considération les préoccupations sur la langue, l’immigration ou l’islamisme témoigne d’une distance malsaine avec l’électorat. »

Le livre de Dominique Lebel arrive à point pour rappeler à ceux qui l’ont déjà su et apprendre à ceux qui ne le savent pas, combien les Québécois étaient choyés d’avoir au gouvernail une femme de la trempe de Pauline Marois.

Son énergie, son honnêteté intellectuelle, son ouverture, sa détermination se déploient, à chaque page de ce journal politique. Il lui arrivait — rarement — de perdre pied. Et je termine en citant cette entrée de journal du lendemain d’un jour difficile. Car c’est exactement la Pauline telle que nous l’avons connue:

« Mardi 11 juin 2013.

Madame apparaît, radieuse. Le contraste est saisissant. La femme hésitante du caucus de la veille a laissé place à la battante. Chaque jour est un jour nouveau. Sa capacité de rebondir semble n’avoir aucune limite. C’est probablement l’une de ses grandes forces, cette manière de repartir à neuf chaque matin. »

* * *

*Ce genre de journal est inestimable pour les chercheurs, journalistes et historiens. Il est donc impardonnable que l’éditeur n’ait pas prévu d’index.

**Note à Dominique: tu vois, avec cette énigme, je vais mousser tes ventes !
Profile Image for Antoine Letarte.
28 reviews2 followers
October 17, 2016
Pour l'enthousiaste politique, c'est un livre très intéressant qui plonge le lecteur dans le vif de la vie parlementaire. Un journal, écrit au jour le jour qui montre les détails du travail au Cabinet de la première ministre. Un accès intime à l'intérieur du gouvernement péquiste de 2012 à 2014.

Cependant, à moins d'avoir des intérêts très particulier, je ne crois pas que ce livre intéressera beaucoup de monde. Trop de détails sur la vie de famille, pas assez de détails sur les éléments clés. Le style est parfois lourd.

Le choix d'écrire le livre sous la forme d'un journal permet de constater la folie de la vie politique. En ce sens, le livre est une réussite. Cependant, il n'offre aucune réflexion sur l'expérience, aucune vision globale sur la performance du gouvernement, trop peu d'analyse réfléchie sur les décisions clés du Parti Québécois dans cette période. Bref, on oubliera vite les centaines de coups de téléphone relatés et il ne restera pas grand chose de ce livre. Je pense que l'absence de conclusion au livre est caractéristique d'une absence de profondeur dans la démarche. Soir de défaite, dernier mot à la Première ministre et plus rien.

Je donne 4 étoiles parce que, personnellement, j'ai beaucoup apprécié de pouvoir lire sur la vie interne du parlement et du gouvernement au Québec. C'est un regard fascinant d'une perspective peu commune dans la littérature politique. Je doute que je réussisse à trouver beaucoup de gens qui partagerons cet avis. En toute honnêteté, les qualités intrinsèques du bouquin ne méritent pas plus de trois étoiles.
Profile Image for David Chabot.
412 reviews12 followers
May 20, 2016
Un livre avec une prémice intéressante mais qui focus sur les mauvaises choses. Je croyais lire un livre dans une structure standard par chapitre mais c'est plutôt un agenda décortiqué par journées. Ce format donne un apperçu du rythme de vie politique mais n'offre que très peu d'analyse et de recul. À lire l'auteur, le gouvernememt Marois était victime des perceptions et aurait mieux fait qu'on le dit mais l'histoire nous dit l'inverse. Par contre, on sait que l'auteur fait beaucoup se jogging et il ne passe pas une journée sans nous mentionner que l'équipe mange dans les meilleurs restaurants. Bref j'avais bon espoir pour cet ouvrage mais j'en sort déçu.
Profile Image for Julie Collin.
73 reviews27 followers
May 12, 2016
Peu importe vos convictions politiques, ce récit est passionnant et offre un accès unique aux coulisses de ce mandat du Parti Québécois. De plus, Dominique Lebel partage de belles phrases à surligner!

La suite ici : https://julielitaulit.com/2016/05/11/...
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