« Quelle journée ! Ce soleil tiède et clair qui dore la gueule des canons, cette odeur de bouquets, le frisson des drapeaux, le murmure de cette révolution qui passe, tranquille et belle comme une rivière bleue... Ô grand Paris ! Patrie de l'honneur, cité du salut, bivouac de la Révolution ! Quoi qu il arrive, dussions-nous être à nouveau vaincus et mourir demain, notre génération est consolée. Nous sommes payés de vingt ans de défaites et d angoisses. » (Jules VALLES).
De mars à mai 1871, tous les horizons révolutionnaires du XIXe siècle se conjuguent intensément à Paris, ville libre en guerre contre Versailles. La Commune est une révolution unique et utopique, complexe et balbutiante, dans une cité elle-même sans égale, qui a subi les travaux d Haussmann puis le siège prussien. L histoire de la Commune est restée longtemps un défi et des générations d historiens échouèrent à déchiffrer l énigme de cette révolution dans laquelle Marx voyait un « sphinx qui met l entendement à rude épreuve ». Nullement intimidé, l historien britannique Robert Tombs interpelle le sphinx communard pour écrire l histoire la plus complète de cette insurrection souveraine. Interrogeant des évidences qui cessent d être si évidentes, écoutant ce que les communards nous disent, s interposant avec une élégante distance critique entre les faits et leurs interprétations successives, il livre ici une magistrale leçon d histoire, claire, érudite et stimulante.
Une histoire qui s'inscrit dans la filiation des travaux de Rougerie et contre les simplifications d'un certain type de marxisme. Robert Tombs fait très attention à la fois aux acteurs et aux circonstances. Il montre que l'homogénéité relative créé par les travaux haussmaniens et plusieurs autres facteurs (la guerre notamment) ont permis la proclamation de la Commune de Paris. La Commune se présente comme une immense accumulation de patriotisme, dans un premier temps. Les communards ne sont pas anarchistes, ni même socialistes, encore moins marxistes (quoi qu'en puisse penser des individus qui composent les communards). Ils sont avant tout républicains et luttent contre les royalistes (légitimistes et orléanistes) représentés par l'assemblé de Versailles. Leur composition sociale (en tout cas celle des plus importants) est faite d'artisan et d'ouvriers qualifiés. Il ne s'agit donc pas, stricto sensu, de prolétaires. Chose intéressante, le gouvernement de la Commune a été élu, ce qui est rare en situation révolutionnaire.
Very detailed and honestly good enough to understand the event in of itself, maybe plus The Civil War in France by Marx of course. This spontaneous uprising was unplanned and there were many groups at play (Jacobins, Blanquists, and Proudhonians), but none of them had a specific goal in mind. It was just a glimpse of what could be. It was primarily patriotic and specific to Parisians, but they knew little how much it would affect the future. The people of Paris created a temporary version of society that was local to them, they didn't follow a specific blueprint. This event was more of a catalyst for more socialist theory to emerge in the future.