C’est au fil de mes pérégrinations dans tout le territoire de la péninsule Québec-Labrador, dans les villes le long du Saint-Laurent, au sud, mais surtout au nord, sur la Côte-Nord / Nitassinan, à la Baie-James / Eeyou Istchee et dans le Grand Nord / Nunavik, que j’ai fini par mieux comprendre les extraordinaires qualités de la vie métisse. À n’en point douter, l’avenir harmonieux de ce pays passe par la métisserie.
Amériquoisie rassemble des essais portant sur l’autochtonie, le nomadisme, le paysage et la nordicité. Témoin, auteur, promeneur et acteur, Jean Désy court le territoire et nous parle de cette aventure dite métisserie.
La position humaniste du médecin Jean Désy va au-delà du vivre ensemble. Selon l’auteur, c’est par le métissage et par la métisserie que passe l’avenir harmonieux de l’Amérique. Étant venu à bout de l’Ouest, c’est vers le Nord que doit se tourner le métis, non pas dans le but de le conquérir et l’exploiter, mais pour en faire un « espace à habiter, à développer et à inventer », pour que « ce pays retrouve ses forces comme ses tendresses ».
Cet essai, bâti à partir de divers textes, inédits pour certains et déjà publiés pour d’autres, est une ode à la Nordicité, aux beautés qu’offre de la nature et à l’union des peuples autochtones et non-autochtones, autant physique (le métissage) que culturelle, affective, spirituelle et idéelle (la métisserie). C’est une ode optimiste à la beauté de la terre, des montagnes, des peuples.
Il s’agit là d’une lecture rafraichissante, idéaliste (sans être moralisatrice) et légèrement naïve. C’est d’ailleurs cette belle naïveté, ou cette sereine confiance dictée par la beauté du territoire, qui alimente le lecteur au tournant des pages. Les courts textes, toujours sur fond de Nordicité, abordent des événements vécus par l’auteur, événements qui lui confirment, coup après coup, la force de la nature et le respect que doivent lui rendre ceux qui l’habitent.
(Dans les montagnes du Colorado) « Tout l’espace de verdure qui m’entoure semble avivé par un ciel qui sent l’océan Pacifique - même si celui-ci se trouve à trois mille kilomètres. Cela me laisse rêveur me permettant de croire en la pérennité des forces humaines, animales et végétales amalgamées. »
Seul point négatif, la police de caractère Traveling typewriter 9/135 est légèrement agaçante pour le lecteur.
Comme je ne connaissais pas du tout cet auteur, ce livre n'était peut-être pas le premier à lire, mais il reste un essai intéressant. Un beau mélange de son parcours de nomade et de sa vision sur la culture autochtone.
Des fragments d'essai entrecroisés de courtes notes de voyage qui forment dans l'ensemble une drôle de lecture. Plusieurs beaux passages poétiques sur le thème du nomadisme.