Que se passe-t-il quand les femmes réussissent? Ce livre, qui célèbre et interroge à la fois le succès chez les femmes, tente de l'expliquer. Les superbes qui s'y expriment y contribuent en racontant comment, lorsqu'elles ont accédé à une position de pouvoir ou de prestige, elles ont constaté que leur genre continuait d'influencer les attentes et les perceptions. C'était manifeste dans le milieu où elles se sont illustrées, bien sûr, mais aussi dans la société en général et, intimement, dans leur manière d'aborder leur carrière et leur identité.
Les auteures ont raison, un livre sur le succès et les femmes est nécessaire, mais je ne suis pas convaincue que Les superbes était ce livre. J'ai beaucoup à dire. D'abord, j'ai décidé de lire ce livre dans le but de me réconcilier avec un aspect du féminisme que je renie un peu. En effet, le succès, l'ambition, les femmes dans le milieu du travail, c'est important, mais c'est principalement de ça qu'on entend parler, alors qu'en dessous se cachent de nombreux autres enjeux. C'est le féminisme « mainstream» un peu. Alors, je voulais voir si un livre si récent allait jeter une lumière nouvelle sur le sujet. J'ai été déçue. Bien que des femmes que j'admire ou des femmes que j'ai grandement gagné à connaître ont participé à la discussion, le propos est resté très superficiel, et s'est répété à travers les différents portraits. Les questions plus intersectionnelles, sur les impacts du racisme, de la pauvreté sur les femmes étaient peu nombreuse, sans compter que seulement 3 des 22 femmes interviewées ne sont pas blanches. À mon avis, ça reflète une vision également très étroite du « succès ». Je m'emporte, et j'admets que, fondamentalement, je ne suis pas en accord avec la définition du succès sur laquelle est basée ce livre. Malgré tout, il s'agit sans doute d'une belle entrée dans le sujet pour les esprits plus récalcitrants à comprendre certains enjeux féministes. *Mention spéciale aux magnifiques illustrations, pour lesquelles je n'ai pas trouvé le nom de l'artiste.*
Je trouvais que les auteures se plaignaient de leur condition de femmes, et manquaient de discernement, mais plus on avance dans la lecture plus on rencontre des femmes fortes qui s'assument. Un livre à lire pour apprendre à avoir confiance en soi, hommes ou femmes.
Je ne me suis jamais intéressé au féminisme. Mais, j’avais ce livre à ma portée. Plus j’en sais, plus je réalise des enjeux et plus ma curiosité se développe. J’ai adoré cette lecture avec des lettres et interviews de fortes figures Québécoise. « On nous demande d’être sexy, mais pas trop intelligente, intelligente mais pas menaçantes »
Intéressant. L'une des dernières personnes interviewées pose des questions intéressantes, par exemple comment définissez-vous le succès, mais des questions auxquelles le livre ne répond pas. Aussi, je n'ai pas compris l'intérêt de mettre en scène le chien de Louise Arbour. C'est plutôt dérangeant. L'idée à la base du livre demeure très intéressante.
3,5*. Après avoir lu de peine et de misère un mauvais roman jusqu'au bout, j'ai accueilli cet ouvrage comme une grande bouffée d'air frais! Le thème des superbes me parlait beaucoup et je me sentais privilégiée de m'immiscer dans les échanges épistolaires sensibles des deux directrices de l'ouvrage. Des propos intelligents et pertinents rendus de façon accessible. On tourne les pages comme celles d'un bon roman! J'ai apprécié (vraiment!) la place qui a été faite à Pauline Marois... mais j'aurais pris autant de pages pour plusieurs autres.
Par contre, comme d'autres l'ont nommé avant moi, j'ai trouvé aussi que les entrevues restaient souvent trop en surface à mon goût. Et que dire des nombreuses allusions au chien de Louise Arbour qui interrompait l'entrevue. Une aurait été sympathique mais l'abus des clins d'oeil nous ont fait passer, à mon avis, à côté de l'essentiel. Un peu dommage.
A wonderful feminist book to read. This is a book about women and success. It questions so much and tries to answer or give food for thoughts through essay-letters and interviews with many powerful Quebec men and women.
Un très bon livre qui questionne le succès des femmes et pourquoi cela choque ou intimide. A travers une série d'entrevues et de lettres-essai, avec un sentiment de combattantes à son coeur, le livre arrive à nous donner de quoi penser et se questionner sur le succès, le féminisme et les femmes, surtout dans la culture Québécoise.
Je me demandais la nécessité d'une livre comme Les superbes mais après mon incident à la quincaillerie, le "scandale" de Safia Nolin et les femmes autochtones je me suis laissée tenté par un livre confrontant, inspirant et nécessaire. Je trouve juste ça dommage d'avoir aussi peu d'hommes dans le livre.
"Dans notre culture, on apprend aux enfants de sexe féminin qu'elles doivent se confiner au rôle de jeune fille en fleurs, bonne pour plaire, faire la moue et se faire prendre en charge par un homme"
"Les princesses, les paillettes, les poupées Barbie et les miroirs entretiennent cet idéal. Je refuse cette idée de beau sexe ; le sexe faible, fragile, vulnérable".
Léa Clermont-Dion et Marie-Hélène Poitras signent un ouvrage des plus pertinent en cet automne frisquet, Les superbes, une enquête sur le succès et les femmes. Écrit sous deux formes, soit des entrevues avec des superbes et aussi, sous forme de correspondance entre les deux auteures, ce bouquin vient démontrer toute l’injustice dont les femmes ambitieuses qui réussissent sont victimes.
J’ai été choquée et consternée, mais malheureusement pas surprise, de lire les témoignages de femmes au sujet des commentaires et comportements sexistes qu’elles ont subis, tout simplement, car elles étaient des femmes. Les dommages collatéraux que peuvent faire ces injustices sont trop nombreux et profondément graves.
Les deux auteures, Marie-Hélène Poitras et Léa Clermont-Dion, ont le courage de s’indigner devant des situations sexistes qu’elles ont toutes deux vécues : Marie-Hélène Poitras lorsqu’elle a publié le roman à succès Griffintown, et Léa Clermont-Dion à la suite de la diffusion de son documentaire Beauté fatale. Les commentaires et les insultes qu’ont reçus ces superbes sont tout simplement inacceptables et démontrent toute l’importance d’un livre comme celui-ci. Le tweet violent qui a suivi la parution du bouquin et qui est devenu une enquête de la SQ ne peut faire autrement que de démontrer qu’il faut parler de ce fléau de notre société : les femmes qui ont du succès dérangent et ce sexisme et cette misogynie dont elles sont victimes peuvent être très menaçants.
Faisant preuve d’une grande vulnérabilité (ce qui pour moi est une des plus belles qualités) les auteures s’ouvrent aux lecteurs et démontrent toute l’intimité de leurs démarches. J’ai apprécié leurs correspondances, leurs échanges, leurs solidarités et la belle vulnérabilité dont elles faisaient preuve en se mettant à nue de cette façon. Cette vulnérabilité surmontée d’une indignation nécessaire, qu’on devrait toute avoir, parcourt le livre dans chaque entrevue accordée à une superbe.
Les entrevues toutes passionnantes et pertinentes questionnent des superbes au sujet de leur cheminement et de leurs ambitions personnelles. Les femmes questionnées sont toutes de vraies superbes. Elles m’ont fait comprendre que le sexisme ordinaire est dans tous les domaines et milieux confondus et m’ont confirmé qu’il y a clairement un problème vis-à-vis du succès des femmes. On y voit aussi que les femmes sont toujours représentées pour leur physique. On s’attend d’elles à ce qu’elles soient belles et souriantes. Le passage où l’auteure Perrine Leblanc s’est fait dire que son succès était dû à sa beauté m’a mise en furie. Non seulement on ne fait que s’intéresser au physique des femmes, mais en plus on justifie leurs succès à cause de leur physique… c’est abominablement insultant.
Le bouquin est illustré merveilleusement bien par Mathilde Corbeil que j’apprécie beaucoup et rencontre des femmes de tous domaines, mais principalement ceux qui ont un succès d’un oeil extérieur, voire des femmes du monde public. J’aurais souhaité y rencontrer des femmes de tous les jours, qui vivent dans l’ombre et qui font face aussi à des comportements misogynes dus à leurs ambitions. Je pense à des entrepreneures, des travailleuses sociales, des docteurs, etc., à des femmes qui ont rarement la parole. Cette petite critique ne vient pourtant aucunement dénigrer ou nuire au travail incroyable de Léa Clermont-Dion et Marie-Hélène Poitras, qui ont su écrire un livre avec un thème tabou et en faire un véritable sujet de société.
Il reste que j’ai adoré Les superbes, dès la seconde où j’ai reçu le livre à ma porte, j’étais déjà dans mon sofa à parcourir l’ouvrage. J’ai lu presque d’une traite ce livre qui se lit, non seulement excessivement bien, mais qui pose des questions et qui offre des réflexions nécessaires. Les événements remplis de sexisme et de misogynie de cet automne viennent redéfinir toute l’importance de voix de femmes qui osent dénoncer et critiquer une société encore trop traditionnelle. Finalement, je pense que je vais troquer l’expression surexploitée inspirante pour superbe!
Les entretiens étaient intéressants, mais j’ai trouvé que la question du succès au féminin n’était pas toujours traitée en profondeur. La diversité de points de vue aurait pu être davantage mise à profit.
Je suis contente d'avoir lu ce livre. C'est bon de célébrer les Superbes. Mais je suis découragée de lire (même si dans ma tête je le savais) que malgré le progrès qui a été fait il y a encore trop fréquemment du sexisme qui existe et des bavures que les femmes vivent quand elles prennent leur place dans la société. Les femmes qui disent ne pas souffrir du sexisme et celles qui disent que le féminisme n'est plus nécessaire se trompent.
J'ai beaucoup aimé la multitude des voix dans ce livre. Il n'y a pas LA solution, mais des bien des solutions, des avenues à emprunter. J'aurai pris un peu plus de faits, mais en somme, c'est un livre à la facture intéressante qui émeut et porte à réfléchir.