T héo a 17 ans et vient de terminer sa formation aux Arpètes. Pour sa première campagne, il embarque à bord du porte-hélicoptères Jeanne d'Arc. Commence alors pour lui une grande aventure, celle qui marque un homme pour le reste de sa vie.
R97 est son matricule. Pourtant dans le cœur des Brestois, elle est surtout connue sous le nom de « La Jeanne », avec cette fierté de savoir leur port comme le point de départ de ses campagnes. Les habitants s'accrochent à ce navire comme le symbole des derniers vestiges d'une longue histoire d'amour entre la ville et la Royale. Sur ce bâtiment de surface ont été formés des générations d'officiers et de marins. Bernard Giraudeau fut l'un d'entre eux. Surtout connu pour sa carrière dans le septième Art et plus récemment en tant qu'écrivain, il l'est beaucoup moins pour les années passées au service de la Marine Nationale. Il a eu le privilège de participer aux premières campagnes de celle qui s'appelait, au moment de sa construction, La Résolue avant d'être définitivement baptisée « Jeanne d'Arc ».
Deuxième recueil de nouvelles découvert ce mois-ci, Les hommes à terre de Bernard Giraudeau, ce sont quatre histoires en lien avec la mer, la vie de marin. Certains passages m'ont rappelé ma récente lecture de Martin Eden de Jack London.
J'ai particulièrement aimé la première nouvelle, "Indochine", qui raconte l'histoire d'amour contrarié d'un militaire français et d'une vietnamienne. Mais chaque nouvelle a son charme, la plume de l'auteur est très belle, fait voyager le lecteur. Les personnages sont attachants, le rythme des diverses intrigues maîtrisées. J
Lu dans le cadre du #coldwinterchallenge pour la catégorie "nature writing, littérature de voyage", je ne peux que vous recommander de découvrir ce court recueil injustement méconnu.
Les hommes à terre, ce sont les récits paradoxaux de marins, ces amoureux de la mer, des grands espaces et d'une certaine forme de liberté, qui se retrouvent le "mal de terre". C'est l'amour des femmes tragique, déchu mais surtout l'amour de la mer qui ressort au travers de ces nouvelles. Regards croisés à travers le globe, Bernard Giraudeau nous fait voyager d'Ho Chi Minh Ville à Brest, au travers de nouvelles à la fois simples et bouleversantes, qui décrivent un monde cruel mais poétique. Ces marins se révèlent être des exilés géographiques mais aussi affectifs qui nous touchent terriblement. Et c'est surtout grâce au verbe de l'auteur, qui semble nous bercer tout comme le ressac.
De petites histoires mais un grand moment de lecture.