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84 pages, Paperback
First published January 1, 2016
Le poème de Michèle Lalonde a la forme d'une riposte dramatique directe au célèbre mot d'ordre « Speak white » jadis en usage dans les plantations nord-américaines pour commander aux esclaves de s'exprimer en tout temps dans la langue de leurs maîtres blancs. L'expression en vint par la suite à être adressée couramment aux Canadiens d'expression française pour leur enjoindre de s'exprimer en anglais et leur rappeler leur infériorité ou position subalterne.
Et comme la plupart des mères célibataires à l'époque, elle avait donné naissance à Johnny dans un centre pour filles-mères tenu par les Soeurs Grises. Et le prix à payer pour avoir enfanté dans le péché était d'accoucher devant des gradins remplis d'étudiants en médecine de l'Université Laval qui aplaudissaient à tout rompre si l'accouchement était réussi.
À cette époque-là, on payait pas les enfants en argent, on les payait avec de la farine ou des paquets de cigarettes.
Mais même si j'en avais une, ça serait doublement réducteur parce que Michèle Lalonde n'a pas écrit que de la poésie, elle a écrit de la prose, des romans, des pièces de théâtre, des essais politiques. En plus, son propos, c'est pas juste une réalité québécoise, c'est une réalité universelle.
En 1962, Donald Gordon, président directeur général de la société ferroviaire du Canadien National, est convoqué en commission parlementaire à Ottawa. Au moment où on lui demande de justifier pourquoi sur les dix-sept vice-présidents du CN, à travers le Canada, il n'y en a pas un seul qui parle français, il répond, le plus calmement du monde, que c'est parce que ce sont des nominations qui sont basées sur le mérite et que, malheureusement, les Canadiens français n'ont pas les compétences pour occuper ces postes-là.
Contrair'ment à la pop, la musique classique
A cett' forc' d'éveiller des états intérieurs
Qui, malgré mon jeune âg', me rendent nostalgique
De chos' que j'ai dû vivre dans des vies antérieures.
Avant 1965, le drapeau canadien ressemblait à ceci. On l'appelait le Red Ensign. Évidemment la plupart des francophones du Québec ne s'identifiaient pas à ce drapeau, d'abord parce qu'il était rouge, couleur généralement associée aux anglais, et à cause du petit drapeau britannique ici dans le coin qui leur rappelle constamment qu'ils ont été conquis et qu'ils doivent désormais vivre sous le joug de la couronne britannique.
Le directeur du Conservatoire m'a répondu: « Je peux t'assurer que le cursus de l'école a pas beaucoup changé avec les années, et si aujourd'hui les étudiants ont une meilleure diction, c'est parce qu'ils viennent de classes sociales plus élevées qu'avant. Parce que maintenant il faut payer pour étudier au Conservatoire, contrairement à ton époque où tout était gratuit.
Y avait [...] un journaliste du journal Le Devoir dont la chronique paraît le mardi matin, quand Le Devoir est composé de quatre pages pliées en deux pour faire semblant qu'il y en a huit et qui est probablement même pas au fait que Henri Bourassa, le fondateur du journal Le Devoir, s'était lui-même fait crier « Speak white! » quand il avait voulu s'exprimer en français à la Chambre des communes en 1889 [...]