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Ossian

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James Macpherson est-il l’auteur des poésies d’Ossian, ou n’est-il simplement que le traducteur, l’habile et poétique compilateur des chants d’un barde du troisième siècle ? [1]

C’est une de ces questions oiseuses à force d’être complexes, embrouillées, insolubles ; et vis à-vis lesquelles, pour ne pas compromettre son jugement, on doit rester dans les réserves du doute. Dès leur apparition les poèmes d’Ossian ont suscité des querelles très-vives : l’authenticité en a été attaquée et défendue avec chaleur ; elle a donné lieu à des dissertations bien savantes, bien longues, qui n’ont servi qu’à compliquer la question au lieu de l’éclaircir. Une fois engagés dans ce labyrinthe de difficultés où Macpherson semble avoir, à dessein, égaré la vérité, critiques et dissertateurs n’ont pu en sortir, faute d’un nouveau fil d’Ariane, fil que Macpherson pourrait seul avoir et qu’il a emporté avec lui dans la tombe. En effet, il a gardé le secret de ce problème littéraire avec une persévérance qu’on ne saurait qualifier et qu’il est encore plus difficile d’expliquer. Tout, dans la conduite qu’il a tenue à cet égard, décèle de la contrainte, une hésitation coupable, quelque chose de double, d’ambigu qui irrite la curiosité, la blesse dans ses justes investigations et tend à ne faire voir en lui qu’un adroit exploitateur de gloire et de fortune [2], intéressé à entourer la question d’un nuage de mystère.


Interpellé par le docteur Johnson avec une violence qu’on ne saurait approuver, trailé d’imposteur, de faussaire, de brigand (ruffian), il se renferme dans un silence superbe qui pourrait fort bien tenir de la ruse autant que de l’orgueil ; orgueil absurde et déplacé surtout devant un fait qui intéressait à un si haut point et les lettres et la gloire poétique de l’Écosse. Ou s’il se défend, c’est en termes ambigus et hautains, sans s’appuyer de preuves textuelles, sans donner au moins un rapport explicite concernant les circonstances et les personnes qui lui ont fourni les originaux de sa traduction. Aux défis formels de la critique, il ne répond, il faut bien le dire, que par quelques paroles insignifiantes et torturées, véritables paroles d’oracle, les voici : « Ceux qui ont douté de ma véracité ont fait un compliment à mon génie et, quand cette allégation serait vraie, mon abnégation aurait du expier ma faute. Je puis le dire sans vanité, je crois pouvoir écrire de la poésie passable et je certifie à mes antagonistes que je ne traduirais pas ce que je ne pourrais imiter. » [3]

Il s’agissait bien ici de poésie passable, de génie et d’abnégation ! C’était tourner la difficulté et non l’aborder francbement. Il s’agissait tout simplement de preuves à l’appui d’une authenticité controversée ; preuves faciles à donner, ce nous semble, puisque les sources [4] où le traducteur avait puisé, n’étaient point encore taries et qu’il était alors en son pouvoir, en y ayant recours, de fermer immédiatement la bouche à l’incrédulité.

324 pages, Kindle Edition

Published May 5, 2015

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About the author

James MacPherson

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James Macpherson (Gaelic: Seumas Mac a' Phearsain) was a Scottish writer, poet, literary collector and politician, known as the "translator" of the Ossian cycle of epic poems.

It was in 1761 that Macpherson claimed to have found an epic on the subject of the hero Fingal, written by Ossian. The name Fingal or Fionnghall means "white stranger". His publisher, claiming that there was no market for these works except in English, required that they be translated. He published translations of it during the next few years, culminating in a collected edition, The Works of Ossian, in 1765. The most famous of these poems was Fingal.

The poems achieved international success (Napoleon and Thomas Jefferson were great fans) and were proclaimed as a Celtic equivalent of the Classical writers such as Homer. Many writers were influenced by the works, including the young Walter Scott. In the German-speaking states Michael Denis made the first full translation in 1768, inspiring the proto-nationalist poets Klopstock and Goethe, whose own German translation of a portion of Macpherson's work figures prominently in a climactic scene of The Sorrows of Young Werther (1774).

The poem was as much admired in Hungary as in France and Germany; Hungarian János Arany wrote Homer and Ossian in response, and several other Hungarian writers Baróti Szabó, Csokonai, Sándor Kisfaludy, Kazinczy, Kölcsey, Ferenc Toldy, and Ágost Greguss, were also influenced by it.

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