« Quand elle rouvre les yeux, il n'est pas là, elle se sent libre, elle le trouve un peu idiot, elle ne se demande même pas où il est, elle est juste satisfaite d'avoir repris son espace. Debout, au milieu de son salon, contemplant le divan inoccupé, elle sourit.
Il va payer. Ils vont tous finir par payer. »
Louis n'aime rien de plus que le sexe. Il est bouleversé quand il apprend que les femmes exigent désormais une rémunération contre chaque relation sexuelle. Il s'agit du projet de F., un organisme mystérieux voué à l'amélioration de la qualité de vie des femmes. F. mettra aussi en usage « le liquide », qui tue les hommes qui violent…
Une fable jouissive où l'on interroge habilement les liens entre sexe et argent.
Plein de bonnes idées, mais peu développées. Très/trop court. Ça va vite et parfois j’aurais pris un peu de détails, je ne veux pas compléter à la maison ces idées déconcertantes...!
J’ai beaucoup aimé les idées… et les questions qu’elles soulèvent. Et si le sexe avec une femme ne pouvait être obtenu que contre rémunération? Comment cela altèrerait-il les dynamiques? Quelle serait l’ampleur des frustrations générées? Jusqu’où en mesurerait-on les impacts dans la société? Et si, dans un second temps, les agresseurs sexuels étaient fatalement condamnés aussitôt un viol commis? Serait-ce considéré juste ou trop cher payé? Aurait-on pitié? Combien de temps avant que soient trouvés des moyens de contournement?
Comme toute bonne dystopie, celle-ci force un regard critique sur la société dans laquelle on évolue et change les règles, les limites, les idéaux et les rôles liés à la sexualité, ce qui crée un terrain de jeu sociologique follement intéressant. Malheureusement, j’ai eu l’impression que l’univers créé a été sous-utilisé. En effet, tant qu’à avoir campé ce monde hypothétique, ça aurait été bien qu’on l’habite un peu plus longuement, un peu plus pleinement. Le rythme, donc, était un peu rapide et certains détails, manquant. Les conséquences et les réactions auraient pu être beaucoup plus développées. Certains personnages aussi, d’ailleurs.
Même si, au départ, j’ai aimé la description à la fois froide et crue des scènes érotiques, la scène finale est particulièrement horrifique et largement au-delà de ma zone de confort.
Je sors donc de cette lecture choquée - ce qui était assurément, au moins en partie, le but visé - mais aussi marquée et réflexive
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Ça faisait longtemps que je n’avais pas lu un livre aussi captivant, troublant et unique. Même terminé, il hante encore mes pensées. Son auteur soulève des idées qui semblent parfois complètement farfelues, mais tellement possibles. À lire.
Proposition intéressante, mais la narration ne m'a pas tant accrochée et j'aurais souhaité que le roman soit un peu plus long pour permettre d'approfondir les personnages et les impacts de cette nouvelle organisation sur le monde. Une lecture qui amène à la réflexion dans tous les cas!
Ce livre explore plusieurs idées intéressantes, par contre les personnages ne sont pas suffisamment développés à mon goût et l'histoire se découd au dernier tiers, où j'ai été somme toute plutôt déçu. J'en retire tout de même des pistes de réflexion fort pertinentes.
Ce livre traite d’un sujet intéressant qui porte à réfléchir, certes. C’est d’ailleurs pour cela que je me suis délectée du 7/8 du roman. Néanmoins, la fin me semble inadéquate, et franchement bâclée.
« Il la regarde avec un air hautain, ce genre d’air qui dit qu’il est impossible d’être déçu de l’autre parce qu’on n’attend plus rien de lui, sinon d’être médiocre et invisible. Elle en pleurerait presque. Mais ses joues restent sèches, et elle répond à son mépris par de l’indifférence. Un amant dans la chambre, un ennemi dans le salon… »
« D'ailleurs, très tôt, Louis a compris qu'il ne cherchait pas à s'épanouir au travail. Il lui suffit d'offrir des services adéquats et acceptables, en échange d'une rémunération modeste qui lui permet de vivre dans un lieu tout aussi adéquat et acceptable. Il n'est pas bercé par l'illusion moderne de l'émancipation par le travail. C'est dans son temps libre qu'il vit. »
« Louis a l’impression de tomber en amour, mais c’est peut-être à cause de l’alcool et du soleil. » (p’tit rictus, parce que quand même ahah)
« Son amour pour ce territoire complexe aux hivers cruels et aux étés torrides. » (Québec, baby)
Le texte est bien écrit, certes, mais le sujet est survolé, on sent énormément le caractère journalistique du récit, on ne met pas de contexte ce qui fait qu'on comprend mal où l'auteur s'en va avec tout ça. C'est un premier roman, un premier essai. Le prochain sera meilleur. Il y avait un beau potentiel. Peut-être qu'une réédition future qui permettra à l'auteur de mettre de la chair autour de l'os se verra successful.
Un autre roman "wtf" de Elfassi, mais avec un contenu plus linéaire. Un auteur qui cherche définitivement à nous faire réfléchir sur notre société, mais de façon tellement éclatée, qu'on en vient à se demander sur quoi exactement il veut nous faire réfléchir!
Le concept proposé par l'auteur était prometteur, mais honnêtement, je me suis vraiment ennuyée. Le roman aurait pu être plus long pour combler les (nombreuses) zones floues de l'histoire, les personnages n'avaient aucune profondeur et les explications étaient trop simples pour faire du sens. Le roman ressemble presque à la longue introduction d'une histoire de plusieurs centaine de pages. Le seul point positif est l'originalité de l'auteur, qui propose quelque chose de différent de tout ce qui est publié au Québec.