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Comment les économistes réchauffent la planète

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Vous craignez le réchauffement climatique ? Les vagues de chaleur à répétition, les sécheresses interminables, la fonte de la banquise ? " Vous avez tort ! Le changement climatique c'est 1 % de pouvoir d'achat en moins dans un siècle, alors que le marché le multipliera par sept : ayez confiance ! " C'est du moins ce que disent les économistes. Antonin Pottier dévoile les présupposés de ce discours économique : marchés parfaits qui orientent les investissements, individus qui optimisent leurs décisions dans un univers complètement connu, nature infiniment généreuse. Cette vision du monde est logée au cœur des modèles et des méthodes des économistes. Elle déforme la réalité et fait prendre des décisions surprenantes, comme celle de créer un marché mondial du carbone pour sauver le climat. Elle aboutit surtout à entraver toute action effective contre le changement climatique. Bref, l'avenir de la planète est une affaire trop sérieuse pour être laissée aux économistes ! Antonin Pottier, ancien élève de l'École normale supérieure, est chercheur au Cerna, École des mines de Paris. Ses travaux portent sur les aspects socio-économiques du changement climatique et l'intégration de l'environnement dans la discipline économique. Préface de Gaël Giraud, économiste en chef de l'Agence française de développement, directeur de recherche au CNRS, directeur de la chaire Énergie et prospérité.

319 pages, Kindle Edition

Published September 8, 2016

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Displaying 1 - 5 of 5 reviews
Profile Image for Romance P..
27 reviews10 followers
October 17, 2017
L'ouvrage d'Antonin Pottier concentre une analyse intéressante et critique sur le discours de l' "Économiste", figure auto-proclamée de producteur d'une Vérité soit-disant neutre et impartiale, celle de la science économique.
Face aux postulats néoclassiques dominants, il s'agit ainsi de déconstruire -ce que ce livre fait très bien- la pensée de l’Économiste quant aux enjeux environnementaux, notamment dans sa forme vulgarisée, c'est-à-dire mise à disposition du grand public. Cette pensée repose en effet sur un "fondamentalisme de marché" postulant un marché auto régulé et optimal, apte à pacifier les relations sociales en agrégeant les intérêts égoïstes d'homo œconomicus calculateurs et rationnels. La lutte contre le réchauffement climatique devrait ainsi nécessairement passer, selon l’Économiste, par des mécanismes de marché fondés sur une analyse coûts/bénéfices du changement climatique, et aptes à promouvoir, non une réduction maximale des émissions de gaz à effet de serre, mais bien un réchauffement optimal du climat. Cette posture révèle l'abstraction totale du raisonnement de l’Économiste, qui refuse de voir le marché comme produit d'une institution sociale et politique (et non comme une institution "naturelle" pré-existante), ainsi que de voir le circuit économique comme circuit fondé et dépendant d'une ponction sans cesse renouvelée de ressources naturelles limitées (approche "métabolique" des relations économiques).

Ce livre offre donc d'excellents points d'entrée dans la critique du discours économique néolibéral, qui imprègne et corrompt aujourd'hui l'intégralité des négociations sur le climat, entraînant ainsi un immobilisme généralisé. Si cet ouvrage permet ainsi, de par ses développements étayés et pointus des mécanismes du raisonnement économique, de démontrer ses failles et dénoncer l'hégémonie des Économistes "du centre" sur les approches de la lutte contre les ges, certains passages sont néanmoins très techniques, et parfois durs à appréhender. Si l'effort de l'auteur de vulgariser et rendre accessible des formules et calculs économiques clés peut être louée, la complexité de ces derniers-ères alourdit la lecture et la rend un peu indigeste. Les personnes disposant d'une formation initiale en économie auront peut-être la capacité d'assimiler aisément ces informations, mais pour ce qui est des néophytes en la matière, cela me semble plus compliqué.

Enfin, une dernière critique s'articulerait autour de l'idée que si l'auteur entr'ouvre des perspectives plus politiques dans la lutte contre le réchauffement climatique, via une émancipation vis-à-vis du discours économique, ses prises de position restent, à mon sens, très modérées au vu de l'ampleur de la catastrophe climatique qui nous attend. A. Pottier adresse ainsi une critique juste et prononcée à l'égard de la régulation par le marché, mais n'invite pas non plus à son abolition pure et simple. Pourtant, il me semble que dans un univers économique où les relations organiques entre personnes ont été dématérialisés et distanciées par l'usage de la monnaie, et où la pression des lobbies financiers et des grandes firmes n'est plus à démontrer, les relations marchandes par le marché sont une forme d'échange qui ne peut nécessairement que reconduire les impasses qui jusque là ont été le lot commun des négociations sur le climat. De même, je doute que l'appel à une "approche réglementaire" par l'intervention plus prononcée des États puisse être fructueuse. Cette idée me semble être des plus utopiques, pour ne pas dire des plus naïves. Contrairement à ce qu'affirme A. Pottier, les États actuels n'ont pas de capacités d'action "parce que ce sont des États de droit démocratiques et pacifiés". A mon sens, l'échec des négociations internationales et interétatiques sur le climat ne sont pas seulement le résultat de l'hégémonie du discours économique, elles sont également révélatrices d'un défaut total de démocratie dans nos sociétés contemporaines, où l’omniprésence du discours technicien et des grands poids financiers est venue abolir durablement la prétendue "souveraineté" des populations que les États sont censés représenter. Je doute ainsi que les aspirations du peuple grec, opprimé depuis la crise de 2008, correspondent aux mesures austéritaires prise par le gouvernement.

Au cœur de l'échec des conférences sur le climat, il n'y a ainsi pas que l'imposition d'un discours économique (que les États souverains auraient très bien pu choisir d'écarter d'un revers de main), il y a aussi une complaisance des États vis-à-vis de ce discours, qui pérennise les intérêts des grands riches de cette planète à qui bénéficie le système économique productiviste actuel. Il y a donc un déni criant de démocratie, qui appelle à des mesures radicales pour reprendre la main sur notre agir collectif, pour ne pas dire qui appelle à des mesures proprement révolutionnaires. A. Pottier ne s'inscrit pas dans cette optique et cela est bien dommage.
Profile Image for Paul-Hervé.
82 reviews
July 27, 2017
Il ne faut pas s’arrêter au ton pamphlétaire du livre pour ceux qui sont susceptibles. Cet essai est une critique extrêmement riche et instructive sur l’apport de l’économie de l’environnement au changement climatique. Je le recommande en particulier à tous les économistes (dont je fais partie) qui travaillent sur le sujet car il aide à se remettre en question et prendre du recul quant à notre travail. Par ailleurs, cet essai est très bien écrit.
Profile Image for P.
62 reviews4 followers
January 23, 2021
Un livre intéressant sur toutes les raisons théoriques et pratiques qui conduisent les économistes à sous estimer l'importance du changement climatique et à proposer des solutions inutiles voire contre-productives. Le ton toujours très critique finit par être un peu lassant, mais ça n'enlève rien aux arguments très instructifs qui permettent de comprendre une partie de notre immobilisme sur cette question.
Profile Image for Julia Péré.
40 reviews1 follower
September 23, 2024
Grave bien pour déconstruire le mythe de l’économiste de plateau qui a toujours réponse à tout et qu’on écoute comme dieu sur terre alors que, souvent, il représente et véhicule une idéologie claire : la loi du marché, qui détruit tout ce qu’elle touche.
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