Un été, au hasard de ses déambulations new-yorkaises, Line découvre dans un musée l’existence d’Albert Dadas, premier cas, au xixe siècle, de « tourisme pathologique ». L’histoire de ce fugueur maladif, sans cesse jeté sur les routes par son impérieuse soif d’ailleurs, fait remonter en Line d’autres souvenirs, liés aux « voyageurs malgré eux » de sa propre famille : Thinh, l’oncle si étrange, Hoai, la cousine disparue et, surtout, son père. Cet homme bousculé par l’Histoire, cet immigré aux vies multiples qui a longtemps gardé le silence. Grâce à Line, il va enfin partager les secrets de son enfance. En naviguant entre mémoire familiale et mémoire collective, Line déterre le passé et entrecroise les destins de quelques exilés de notre siècle que la misère, la guerre ou la folie ont conduit à errer entre deux rives. Et le roman rend hommage à tous ces déracinés de la plus belle façon qui soit : en les faisant revivre.
Like the hero of Brian de Palma’s Blow Out, Line, a young woman of Vietnamese descent, makes a living recording sounds. Over the course of a few summer days, as she is touring New York museums, she comes across an artwork referring to the singular pathology of Albert Dada, a reckless traveler who used to walk all around 19th-century France, taken by an irresistible desire to explore wider horizons. The strange case of Albert Dada and the tragic destiny of Samia Yusuf – an Olympic Somali runner–, stir memories of involuntary travelers from Line’s past – Uncle Tinh, cousin Hoai, and her dearest father – whose lives were shattered by the civil war in Vietnam.
In her third novel to date, Minh Tran Huy forms silent ties, establishes Sebaldian correspondences, between ordinary – and less ordinary – people whose lives were destroyed in the chaos of the 20th century. With delicacy, and a profound and rare intelligence of situations, Minh Tran Huy saves these anonymous existences from oblivion. In a clear, straightforward, and melancholic voice, she restores their lost humanity.
lo strazio dell'esilio e delle radici spezzate, la smania di andare/partire per non impazzire del tutto e per trovare un senso alla propria vita, raccontati con grande pudore e rispetto. chapeau.
Belle histoire, de l'autrice, son père et autres personnages. Beaucoup de passages sur le Vietnam durant la guerre et après. Uniquement description des scènes vécues par les personnages, sans haine ni victimisation. J'aime bien !
Le livre est partagé en deux parties : Dans la première « Allers », la narratrice Line (Tam Linh) se trouve à New York et prend connaissance un peu par hasard des histoires des « voyageurs malgré eux ». Elle nous raconte l’histoire incroyable d’Albert Dadas, le premier homme atteint d’une maladie qu’on appelait « folie du fugueur », c’est-à-dire qu’il partait voyager souvent sans en avoir le contrôle quand cette manie lui prenait et où elle lui amenait. L’histoire de la sportive somalienne Samia parle d’une personne qui voyageait afin de réussir ses buts. Nous trouvons aussi des récits de certains membres de la famille vietnamienne de la narratrice qui un moment donné dans leur vie se sont vu contraints de partir, fuir, voyager.
La seconde partie « Retours » parle uniquement de la famille de la narratrice. Pendant qu’elle se trouve dans l’avions en retour en France, elle se souvient de certaines conversations avec son père. Ses récits sont entremêlés avec une sorte de lettres de son père où il dévoile encore plus de son enfance en Vietnam, de son exile, de ses émotions. Cette partie est très personnelle et touchante, ainsi que très intéressant par rapport à l’histoire du Vietnam, dont je ne me suis pas du tout rendue compte.
Tout d’abord, c’est l’histoire personnelle d’une famille vietnamienne et les destins de chaque membre de cette famille pendant les temps changeants de leur pays constamment en guerre. Les histoires entre la première et la deuxième partie et entre les cas « populaires » et les cas personnels de la narratrice sont liées avec un fil presque invisible, d’une interprétation assez individuelle. Il est souvent question du besoin de partir sans le souhaiter vraiment et de s’arranger avec la nouvelle situation. La notion du « chez soi » qui peut altérer pendant une vie. Les sentiments d’un exilé qui restera étranger partout où il va.
« Les destins d’Albert le fugueur et de Samia la coureuse ont été archivés. Ce qu’ils étaient profondément a été perdu, leur souvenir est partiel et partial, il ne les ressuscitera pas, mais il existe… » Je sens que l’auteure Minh Tran Huy a réussi, par sa narratrice, à archiver le souvenir pour ce qui concerne de sa famille.
El viajero involuntario es una novela que se lee sin más. Lo peor que puedo decir de ella es que lo que más recuerdas al terminar son las dos historias reales. Es agradable, no agrede, no molesta, no inquieta, no perturba, es un libro que se pasa sin más, un libro que se olvida.