Je n'aurais jamais imaginé mener l'enquête sur ma propre vie. J'ai fait un long voyage dont je suis ressortie extraordinairement vivante, avide de mon prochain et d'existence. Mais le trajet fut long, solitaire, douloureux et angoissant. Un voyage dans une mémoire enfouie, quelque part, au fond de moi, un coffre à secrets scellé du sceau de la honte, de la protection, des mensonges et des aveuglements. On l'appelle la mémoire traumatique. C'est un fantôme qui vous poursuit, assaillant invisible de vos nuits blanches et de vos bonheurs troublés. J'ai subi les premiers assauts du souvenir, sorte de flashs venant d'un infini indéfini, anéantie, soumise, interdite devant les hurlements d'un passé que plus rien n'empêchait de surgir. Alors j'ai décidé de faire face. J'ai laissé remonter les images de l'enfance, dans un désordre fou, j'ai essuyé les bourrasques, résisté au tourbillon et, assurée par des gardiens de la psychiatrie, j'ai recomposé ce film dont la projection m'était, depuis mes 12 ans, interdite. C'est mon histoire, celle de Poupette, à qui il manquait un morceau d'existence aussi vital qu'un battement de coeur. J'ai assemblé, une à une, les séquences du saccage d'une innocence, comme on recompose une photo que les coupables ont un jour sciemment déchirée. Aujourd'hui, je suis Moi, intégralement, plus forte. Consolée.
Dans ce récit sensible et délicat, Flavie Flament évoque la trahison des adultes qui lui ont ravi son corps et son innocence. C'est aussi l'histoire d une renaissance."
Il m'est toujours difficile d'écrire une critique concernant un livre aussi intime et douloureux. Mais le terrible récit de Flavie Flament est écrit de façon très honnête et m'a embarquée.
J'avoue au début, avoir eu un peu de mal avec l'idée d'enfant intérieur, le récit à la 3ème personne concernant Poupette (même si je peux comprendre le besoin de prendre un peu de distance avec ces événements), mais finalement, au fil des pages, je m'y suis faite, et j'ai, bien sûr, souffert pour et avec Poupette.
J'aurais aimé un peu plus de détails concernant le cheminement de Flavie Flament pour aller mieux, le livre s'arrête un peu brutalement à mon avis, mais je suppose que ce n'était pas ce dont elle avait envie de parler.
Avis aux âmes sensibles, certains passages sont assez crus, totalement justifiés mais potentiellement difficiles à lire.
"À 14 heures, elle a viol." Ne retenir que cette phrase. Récit poignant de la remontée à la surface des souvenirs d'une amnésie traumatique; enfance parsemée de la violence des hommes et complaisance, si ce n'est complicité de la mère.
This book is so relatable, the description of panic attacks are so real... The writing is good, seems like it could be any girl, but it was her. Recommend a lot !
« Il se ne passe pas un jour sans que je croise un regard, sans que je serre une main, sans que je prenne dans mes bras un inconnu que je reconnais dans la fragilité d'un regard et dans ces deux mots qui n'appellent pas davantage : « Moi aussi. » Sentant vibrer en moi les attentes de ceux que l'on appelle « victimes », mais qui sont bien plus que cela, des forçats de l'existence, des soldats qui mènent bataille pour recouvrer la joie de vivre qu'on leur a un jour pillée, j'ai eu à cœur, soutenue par des intelligences sensibles et éveillées, de faire lumière sur les entraves à la parole de l'enfant et sur l'amnésie traumatique, phénomène toujours méconnu et, encore malheureusement, sujet à soupçons. Comme je l'ai expliqué à mes enfants, cette « boîte à souvenirs », jusqu'alors ignorée, enfouie tout au fond de l'âme, bien scellée du sceau de la honte et du secret, qui s'ouvre à la faveur d'un moment important, et fait remonter à la surface les souvenirs pélagiques comme autant de claques dans la gueule. Des images, des odeurs, des sons, aussi précis et violents qu'au moment où ils ont été vécus. Le temps n'a pas fait son travail salutaire de polissage. Je l'ai vécu. Et je l'affirme : c'est un enfer. Dont on peut sortir plus fort. »
Une lecture dure mais nécessaire, qui ne laisse pas intact mais qui nous met face à une réalité bien trop compliquée. En France, 165 000 enfants sont violés chaque année.
L’histoire de Flavie Flament, une enfance marquée par les abus et v…. Une mère psychologiquement instable, un père absent, au milieu Poupette (alias Flavie) qui grandit trop vite. C’est dur, les mots sont parfois crus et le chemin de la reconstruction long. À ne pas mettre entre toutes les mains.
Je salue la démarche, après je n'ai pas particulièrement apprécié cette lecture car j'ai trouvé ça un peu trop factuel, pas forcément assez dans l'analyse et le recul, mais je pense qu'en même qu'il fallait que ce livre existe.!
Bien que court, je n'ai pas lu le livre très rapidement. J'avais le sentiment d'avoir un devoir envers Poupette, prendre en considération chacun de ses mots, l'écouter attentivement. J'avais ce besoin de lui "tendre la main". J'étais malheureusement impuissante mais ô' combien révoltée par l'attitude de ses predateurs. Tout au long de ce témoignage, j'ai eu le cœur serré pour Poupette, j'aurais souhaité que quelqu'un se soulève pour elle, lui vienne en aide. Malheureusement, elle aura dû attendre l'âge adulte pour qu'une Femme forte s'arme de courage pour affronter son passé.
J'ai annoté le roman toit au long de ma lecture. J'aurai de nombreuses questions à vous poser Madame Flament. J'aimerais savoir si vous avez su pardonner à vos parents et plus particulièrement à votre mère. Bien que l'on comprenne à travers votre roman, qu'elle souffrait d'un mal être, quelles relations entretenez vous à présent avec celle qui aurait dû vous protéger ? Il m'est difficile de ne pas porter de jugement face à son comportement. Peut être ne suis-je pas capable de comprendre son manque de jugement n'ayant jamais eu à faire face à un mal aussi profond que le sien, mais je pense sincèrement qu'il est de notre devoir de préserver l'innocence des enfants et je ne peux pas comprendre qu'elle ait pu être partie prenante dans les sévices que vous avez subi.
J'espère avoir un jour le plaisir de vous croiser à nouveau afin d'échanger sur ce témoignage douloureux mais nécessaire que vous nous avez livré avec beaucoup de pudeur. J'ai été terriblement bouleversée et émue par votre roman, et l'histoire de Poupette. Votre écrit nous rappelle que nous devons tous et toutes nous montrer vigilant(e)s afin de préserver l'innocence des enfants, et qu'il y a encore tant d' "enfants à consoler".
"Faire du mal à un enfant, c'est faire du mal au monde de demain."
C'est extrêmement déroutant de noter un livre qui parle d'un sujet aussi atroce, d'une mère proxénète et d'un père absent, de la jeunesse à peine effleurée, d'une innocence bafouée par des adultes perverties par leurs frustrations. "La consolation" est le récit d'une époque mais bien au delà de cela, il est le récit de la jeunesse écourtée de Flavie Flament et de l'indicible, ou devrais-je écrire, du dicible, du nommable, du criable car la honte a changé de camp et que les violences faites aux femmes devraient être recrachées à la figure de leurs criminels. Justice n'a pas été faite, le livre est salutaire.
l'investissement dans le partage des affects, des émotions, de la vulnérabilité de l'auteure apporte un intérêt puissant à sa lecture parce qu'il y est question de toute une strate d'individus entourant le vécu. aucune complaisance, rien n'est laissé de côté, de la mer à la psy, en passant par le petit ami, tous les liens sont scrutés et scrutables. le tout est bien plus qu'un témoignage. il est une réflexion. il est une maturité. il est une rencontre entre ce que le lecteur ou la lectrice aura pu vivre et ce qui s'est déchaîné dans l'existence de Flavie Flament.
Un témoignage glaçant sur son enfance/adolescence, Flavie Flament nous raconte les abus qu’elle a subit avec la complicité de ses parents (de sa mère notamment).
J’ai bien aimé la façon de construire le récit, il y a des chapitres qui raconte l’enfance avec Poupette (Flavie enfant/ado) et des chapitres avec Flavie adulte. Chacune a sa propre police d’écriture. Comme si elles étaient deux personnes, deux âmes abîmées qui cherchent à se retrouver comme au début.
Un témoignage poignant et révoltant. Le récit d’une enfance bafouée, sacrifiée, par une mère clairement malade et par des prédateurs ignobles, à l’affut d’une vie à briser. J’admire le courage de Flavie Flament, qui nous livre son histoire afin de nous rappeler la fragilité de l’innocence des enfants et à quel point il est important de demeurer vigilant pour la préserver. A lire absolument.
« Mon cœur, il y a très longtemps s’est pris un obus. En moi, il y a comme une abîme. Depuis toujours, je marche sur les bords de ce cratère et j’ai peur d’y tomber. Je crains les tempêtes, préviens les bourrasques, me méfie des changements du ciel. »
Beaucoup de TW : pédocriminalité, violences intra familiales sur enfant, anxiété, maltraitance psychologique sur enfant, manipulation, viol.
La female rage qui monte à la lecture de ce récit autobiographique... Flavie t'es si forte et Poupette serait fière de toi 💖 et comme l'a dit Judith Godreche " Il faut se méfier des petites filles. Elles touchent le fond de la piscine, se cognent, se blessent, mais rebondissent."
C'est un livre puissant, extrêmement bien écrit, qui mêle savamment douleur, pudeur, émotions, vérité tout en jouant sur l'élégance et le naturel du style. Le message est poignant.
La distanciation mise par l'auteure entre elle et sa propre histoire a été le moins dérangeant parce que je pouvais le comprendre... Je crois que je ne manque pas de compassion pour les épreuves subies, par contre a travers ma lecture j'ai rencontré une auteure qui semble avoir des défauts pour lesquelles j'ai peu d'indulgence et qui m'ont rendu cette lecture poussive voir parfois pénible. Trop de froideur dans le style, dans le vocabulaire, dans les sentiments et dans les jugements: Et pendant toute ma lecture je culpabilisais de ne pas ressentir plus d'empathie pour elle. Une lecture vraiment compliquée et une auteure que je ne relirais pas.