Pour une amoureuse du care et des mots comme moi, c'était vraiment wow de lire la pensée d'une psychiatre qui s'éloigne des discours scientistes pour ainsi faire un pont avec l'art et la création. Un
peu beaucoup tannée d'être sur les bancs universitaires qui m'apparaissent souvent manquer de douceur, de sensibilité et d'humanisation, ça m'a personnellement redonné espoir d'être témoin d'une professionnelle du domaine médical également sceptique de la glorification de la science et des données probantes comme l'unique réponse faisant preuve de courage en dévoilant de sa vulnérabilité au grand public – chose souvent découragée, voir démonisée, et stigmatisée dans les métiers du care. 🤍
« Oh j'ai lu des textes de psychiatrie transculturelle. Toujours ce questionnement en tête : lorsque les Occidentaux traitent d'acculturation dans des articles sur les taux de suicide des Autochtones, qu'est-ce qu'on en sait? Il me semble périlleux de parler pour un peuple, en son nom, de ses ombres. N'est-ce pas plutôt par la littérature, les arts, la culture, que souffle une parole fondamentale, en une langue maternelle qui dévoile davantage que les articles scientifiques? » (p. 57)
« C'est par ma souffrance, et par la tienne [...] que je parviens à tendre l'oreille, la main, le coeur. Je me laisse bouleverser, émouvoir, je n'ai plus peur de la folie, je l'apprivoise [...]. Je suis touchée. Être touchée est le propre du poète et du soignant. »
(p. 127)