Qualité inégale des nouvelles.
Quelques unes des meilleures nouvelles ne touchent que de loin aux littératures de l'imaginaire.
The Cat Bell, d'Esther Friesner:
Ton sarcastique, amusant, mais le personnage principal est antipathique, la fin est prévisible, il y a une cassure de point de vue obligée, mais maladroite, et la personnification du chat botté est trop près du chat dans "Shrek". 3/5
The Farmboy, d'Albert E. Cowdrey:
Progression peu crédible des personnages, les deux protagonistes féminins sont mal construites, le dénouement est raconté au passé du texte, donc on ne le voit pas et ça donne une impression de facilité. Au long du texte, on ressent peu, comme à la lecture du squelette d'une histoire. 2/5
Between Going and Staying, de Lilliam Rivera:
Histoire sentie, personnages prenants, humains, touchants. On nous embarque dans un rituel, dans sa perversion, puis un retour au source. Beau récit malgré la fin amère. Cependant, l'aspect SF est à peine présent via un gadget à l'importance minime sur l'histoire. 4/5
The Vindicator, de Matthew Hughes:
Nouvelle qui manque de direction et s'écarte dans les méandres, tourne autour du pot pour aboutir à une fin aux éléments plutôt clichés. Belle plume, surtout dans les descriptions, mais l'humour est parfois trop appuyé et casse le rythme. 2.5/5
The Place of Bones, de Gardner Dozois:
Récit court au style fluide, à l'atmosphère et l'univers concrétisés en une économie de mots. Le mystère reste entier au terme de l'histoire, qui chemine inexorablement vers sa conclusion dramatique. Le sentiment de fatalité est instillé par le choix judicieux des mots. Très bien. : 5/5
Lord Elgin at the Acropolis, de Minsoo Kang:
Structure intéressant, qui intrigue au début, car le mystère est raconté par l'enquêteur au cours d'un dialogue, plutôt que d'être vécu "en direct". Le dialogue entre les deux amis devient le point d'intérêt, un parallèle avec le processus créatif et met en place la sensation que toutes les: hypothèses sont valables, ce qui prépare bien la fin. Ce n'est pas une chute, mais une confirmation des instincts des amis, tout en laissant en suspend la résolution complète de l'intrigue. 4.5/5
Special Collections, de Kurt Fawver:
Narration au "nous" qui est d'abord déstabilisante et qui rend impossible l'identification précise dudit narrateur. On est tranquillement hypnotisé par le rythme des phrases et l'aspect kabalistique du mystère. La fin est un peu décalée. On sent l'intention de semer le doute sur la véracité du récit, peut-être même d'infuser un peu d'humour, mais ce n'est pas au point. 3.5/5
A Fine Balance, de Charlotte Ashley:
On est invité dans un univers aux coutumes étrangères, mais dont le fonctionnement demeure trop nébuleux. On se pose des questions tout le long et ça distrait. Si l'on écarte cela, l'écriture est efficace, enlevante et la résolution est parfaite... mais il nous manque une assise suffisamment solide au début pour que le tout réussisse complètement. 3.5/5
Passelande, de Robert Reed:
Il y a des idées très intéressantes dans cette histoires, et des éléments inclus qui ne sont jamais développés. On sent qu'on passe à côté du principal, que l'auteur a trop voulu suggéré et qu'il aurait dû, à quelques reprises, être moins "artistiquement flou". On s'attache aux personnages, ils sont la force du texte. 3/5
The Rythm Man, de James Beamon:
Belle ambiance, un vocabulaire qui nous plonge dans l'univers musical, nous enveloppe, un effleurement d'un personnage fantastique, cousin éloigné du Diable de Faust. Lecture agréable. 3.5/5
Merry Christmas from All of us to all of you, de Sandra McDonald:
Récit placé dans un contexte peu crédible, semi-humoristique, semi-moqueur, qui déboule trop vite, avec trop d'éléments à la limite caricaturaux pour qu'on se soucie vraiment de ce qui se passera. La conclusion nous laisse indifférent. 2/5