Tout au long de cette lecture, qui peut donner par endroit l'impression de traverser, soi-même, le désert de Gobi, on se disait : ce sera trois étoiles... dans l'absolu ce serait quatre mais là pour du Pierrre Benoît ce n'est pas le meilleur... les personnages ne sont pas fouillés, ni le héros, un médiocre dilettante russe, ni sa dulcinée, une "baby doll" frivole sans profondeur, ni l'aventurier Jack Sanders qui ressemble à une pub pour du whisky... le centre de l'intrigue n'est pas l'obsession grandissante pour une femme fascinante, mais la chasse à un tigre blanc géant, un peu façon Achab et sa baleine, en moins bien... le désert de Gobi comme image des doutes du coeur... quelques scènes de chasse pas mal tournées...On se prend à regretter le soleil écrasant et les images bien ciselées des "Environs d'Aden" et puis à la fin, juste au moment où l'auteur le veut, il nous dévoile tout le mécanisme, exactement comme dans "Le roi lépreux" avec aussi un soupçon de "Mademoiselle de la Ferté"... Et là on se dit, toujours aussi fort de Pierre Benoît... il mérite bien ses quatre étoiles....