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L'effacement

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Le jour de ses 44 ans, le narrateur ne voit plus son reflet dans le miroir. Il découvre alors qu'il est atteint du "syndrome de l'effacement", mal étrange qui semble frapper exclusivement les fils d'anciens combattants de la guerre de Libération.

Au gré de ces effacements, la nature profonde du personnage - indifférent, taciturne, absent à lui-même- se métamorphose peu à peu. Alors qu'il tente de comprendre ce qui lui arrive, les questions du Dr B., son thérapeute, le poussent à s'intéresser à sa filiation et au milieu dans lequel il a grandi, questions qui, jusque là, ne s'étaient jamais posées à lui.

En faisant le portrait de deux générations- les "pères", sûrs d'eux-mêmes et bâtisseurs d'un pays neuf; les "fils", blessés, comme condamnés à la folie-, Samir Toumi aborde le sujet crucial de la transmission.

Après Alger, le cri, l'auteur témoigne, cette fois encore, d'un sens aigu de l'observation, posant un regard lucide sur sa société et son histoire tourmentée.

216 pages, Paperback

Published October 1, 2016

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About the author

Samir Toumi

7 books7 followers

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Community Reviews

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14 (34%)
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1 star
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Displaying 1 - 8 of 8 reviews
Profile Image for Fayçal.
44 reviews27 followers
November 11, 2016
Je pense que c'est l'un des premiers (si ce n'est le premier) roman écrit par un Algérien que je lis et je suis satisfait :D. Samir Toumi réussit dans ce roman à communiquer le problème de l'Algérie d'aujourd'hui: Le pays est bloqué dans sa période révolutionnaire et n'arrive pas à voir plus loin. Ou c'est ce que j'ai pu comprendre en lisant le roman au moins.

Le personnage principale, un employé à la SONAGPA, une société publique, fils d'un ancien moudjahid, découvre le jour de ses 44 ans qu'il n’aperçoit plus son reflet dans le miroir. Il est atteint du syndrome de l'effacement, une pathologie très rare dont on sait très peu. Il essaie peu à peu de comprendre ce qu'il lui arrive avec l'aide de l'étrange Docteur B...

J'ai hâte de lire le premier livre de Toumi: Alger, le cri!
Profile Image for Amina (ⴰⵎⵉⵏⴰ).
1,586 reviews300 followers
February 20, 2025
J'ai adoré cette lecture.
Le narrateur m'a fait penser à tout un peuple, plus de reflet, changement radical et puis absences...vas y comprendre quelque chose...
Lisez le, vous comprendrez mieux mon charabia 😉
Profile Image for Sarra Tebib.
269 reviews58 followers
July 16, 2024
4-4.5

Par où commencer ?

C'est l'histoire du narrateur, un homme algérien de 44 ans, fils d'un ancien combattant. Un jour, il ne voit plus son reflet dans le miroir et là commence la descente aux enfers.
On remonte dans ses souvenirs, Alger des années 80. Et on suit ses péripéties au présent, Alger puis Oran aujourd'hui. Il consulte un thérapeute nommé Docteur B. qui lui diagnostique un "syndrome de l'effacement".
Petit-à-petit, on comprend que cet effacement qui est pour le personnage une pathologie psychologique relève plutôt de l'effacement de sa personne, de son "individu" face à la figure charismatique du père, moudjahid, respecté voire idolatré. A travers sa vie, de nombreuses figures l'ont "effacé" : son père, son frère, les femmes, ses collègues...

« Il est parti, me laissant seul, dans une vie qui ne se déployait qu’en fonction de lui, qu’à partir de lui. Il est parti et je dois vivre avec un corps et des organes que je dois faire fonctionner tout seul, sans lui. Alors que ma mère survivait en statue pétrifiée sur un canapé, je suivais quant à moi le cours de mon existence, en marionnette désarticulée, sans envies, et depuis peu, sans reflet. »


Quand il prend la fuite pour Oran, il se sent revivre. Même s'il n'a plus de reflet, loin de la pression de son entourage et de l'icone paternelle, on le voit pour qui il est Lui, il fait des rencontres et vit des moments surprenants et mémorables ; il passe du passif à l'actif.
Mais quand il reparle à son médecin ou à ses proches, la dépression revient avec tous ses symptômes. La fin est son retour à Alger et le retour de ses illusions et de sa colère maladive.

«J'ai pris une douche et je me suis habillé. Le vide dans le miroir était pesant, ce matin, et je me suis tenu devant la glace quelques minutes, pour observer un point noir qui se détachait sur la faïence blanche. Je me suis alors demandé si la petite tache était sur le tain du miroir ou sur le carreau blanc derrière moi. La question pouvait sembler stupide de prime abord, mais pour moi, elle était primordiale. Si le point se situait sur la faïence, cela signifiait que j'étais totalement transparent. Si par contre ce dernier était sur la glace, mon corps pouvait former une masse, certes invisible, mais solide, face au miroir. Je n'ai finalement pas osé vérifier la position de la tache noire, me promettant de le faire quand j'aurais résolu le mystère de la veille.»


La fin m'a laissé perplexe, sur ma faim. Je voulais plus de philosophie, plus de psychologie, plus de poésie peut-être ou même de la satire. C'était une fin à la fois logique et énigmatique : la métaphore est révélée, son cas empire. Mais j'en voulais plus.

Le style de l'écrivain est un sans faute. La langue, le rythme, la simplicité, les références, l'humour, la profondeur, tout me plait.

«Lentement, je me suis agenouillé devant la cuvette des toilettes et j'ai vomi, longuement, consciencieusement, jusqu'à éliminer la dernière trace de bile, et ressentir de nouveau ce vide, si familier, à l'intérieur de moi. J'ai vomi la vie, son cortège de rires et d'espoirs puis j'ai vomi Kada, le soleil, la danse, les baisers de Houaria, sans oublier les paninis, la calentica, le pain chaud et la foule joyeuse des marchés d'Oran. J'ai vomi pour accueillir la désolation qui m'attendrait à Alger. J'ai vomi mon âme, en guise d'au-revoir ou d'adieu, puis j'ai rangé mes affaires, quitté la chambre et payé ma note d'hôtel.»


L'effacement est non seulement celui de l'individu mais aussi celui du pays, du présent face au passé. Il y a aussi un côté psychanalyste, comment l'enfant d'un père violent, "égocentrique" avec tant de "pouvoir", devient à l'âge adulte. Le narrateur est passé par deux étapes : celle de l'opposé et celle du calque, il se métamorphose en son père au fur et à mesure de son effacement, à la fin il n'existe plus, il EST son père. Il y a aussi l'effacement de la frontière entre la lucidité et la folie.

Ce roman m'a d'ailleurs fait penser à une de mes lectures les plus marquantes, Celle qui se métamorphose :
- La pathologie psychologique bizarre et inconnue,
- La descente aux enfers,
- L'humour,
- Le thérapeute, tout aussi étrange,
- La paranoïa, l'ambiance,
- La fin un peu métaphorique et suspendue, qui me laisse sur un "WTF" astronomique...

Dans tous les cas, c'était une lecture rafraichissante. Moi qui ai l'habitude de littérature algérienne "classique", celle-ci, plus contemporaine, m'a énormément plue. Le livre est d'ailleurs introduit d'une citation d'Oscar Wilde :

«La nouvelle génération est épouvantable. J'aimerais tellement en faire partie.»


Je recommande vivement ce roman si vous voulez le découvrir ou découvrir la plume de l'auteur et une littérature plus au goût du jour.
Profile Image for Ania.
7 reviews5 followers
August 6, 2018
Entraînant et passionnant, un portrait reflet des démons hérités de l’indépendance
Profile Image for Kahina.
112 reviews7 followers
February 9, 2025
Un homme dans la quarantaine se regarde dans la glace et ne trouve plus son reflet, il dévide de mener une enquête pour savoir pourquoi. Notre narrateur ne va pas trouver une réponse il va plutôt perdre la raison.J'ai adoré le " slow decente into madness". Ça se dévore je n'aurais pas du attendre 7 ans pour le lireeee🥲🩷
Profile Image for Leïla.
15 reviews1 follower
August 8, 2025
pas mal, un peu décevant de ne pas avoir l'avis du psy ou que la dernière partie ne soit pas plus développée. Intéressant et original néanmoins.
2 reviews
April 7, 2023
C'était une très belle découverte pour moi . Je recommande notamment pour les algériens.
Profile Image for Radia.
127 reviews10 followers
May 28, 2025
Le jour de ses 44 ans, le narrateur ne voit pas son reflet au miroir, son thérapeute le docteur B, lui déclare qu’il atteint du "Syndrome de L'effacement " l'un des troubles rares, à la thérapie lui fait remonter le temps pour explorer ses relations avec son père Si Hacène, le héro (Le grand MOUDJAHID) de la révolution nationale, aussi sa relation avec sa maman et son frère Faycel .

À cause de ses actes violents il s'enferme, devient totalement délirant, il se croit qu'il est victime d’un complot auquel presque tout son entourage est mis en cause , il ne reconnaît qu'un seul interlocuteur, son père ou plutôt le fantôme de son père.

En effet, Samir Toumi dresse le portrait acerbe d’une génération perdue, qui s’efface ou s’exile, crie son malice sur l’état de déliquescence du pays, ou s’accroche à des fantasmes du passé ...
Displaying 1 - 8 of 8 reviews

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