Voici la première édition intégrale du Journal du poète Hector de Saint-Denys Garneau.
La présente édition est la première à présenter dans leur succession originale tous les textes retrouvés des cahiers de Saint-Denys Garneau (y compris les brouillons de lettres et les esquisses de poèmes), auxquels ont été intégrées les feuilles volantes où il avait écrit la mention « journal ». La mise en pages vise à s’approcher le plus possible des textes manuscrits, dont quelques exemples ont été reproduits.
Saint-Denys Garneau est surtout reconnu pour son oeuvre poétique, mais il est d'abord et avant tout diariste, c'est-à-dire que toute sa pensée et son écriture ont d'abord pris forme et corps dans son journal. Il ne s'agit toutefois pas d'un journal de son quotidien, mais un espace d'écriture et de réflexion: il y consigne des idées, des projets, des réflexions, des lettres à ses amis, des poèmes, etc.
Après sa mort, ses amis ont publié, en 1954, son journal en l'épurant des parties "poèmes" et "lettres', mais, en 2012, François Dumont a fait paraître l'édition complète et intégrale du document, signalant même les passages coupés ou les feuilles arrachés. Un travail titanesque. C'est donc cette édition que j'ai lu de bout en bout, enfin! (moi qui ai fait ma thèse sur le journal intime au Québec je ne m'étais pas encore véritablement attaqué à ce monstre).
Soyons honnête: au-delà de l'amour qu'on peut porter au personnage, il s'agit d'une lecture difficile, d'une part en raison de l'humeur assez ténébreuse et morose du poète, mais aussi et surtout parce que SDG était vraiment influencé par la philosophie et que la plupart des textes se veulent des réflexions philosophiques de haute voltige (même s'il était rongé par la crainte d'être un imposteur). Le 'Journal' est donc un texte pour les exégètes seulement. Seulement, il m'a semblé que les poèmes étaient plus lumineux ici que séparés dans le recueil "Les Solitudes".
Une marche dans l’ombre des pensées angoissées d’un artiste qui ne connaîtra pas le succès de son vivant. Ces inquiétudes sont terriblement universelles