Descriptif utile de l'état des lieux au Maroc des utilisateurs de l'islam pour arriver à leur fins politiques - ou de ceux qui s'illusionnent de revenir à une simplicité ancestrale, qui n'existe que dans leur tête. Avec mention des événements et personnes clés, et comme toujours, des anecdotes intéressantes.
Mais que Hassan Aourid ne vous enfume pas en vous laissant croire qu'il est effectivement "objectif" et que son livre est sans "parti pris" (4ème de couverture) - sur ce point il se fout de la gueule du lecteur. Puisqu'il fait sienne, comme il le dite lui-même, l'analyse de Marcel Gauchet (pp 11-12) qui réduit la religion à "une économie générale du fait humain, structurant indissolublement la vie matérielle, la vie sociale et la vie mentale", qu'il "n'en reste plus que des expériences singulière et des systèmes de convictions" et qu'on à "d'ores et déjà basculé hors de l'âge des religions". Aourid ici partage, bien évidement, avec les islamistes littéralistes qu'il critique, une forte ignorance de l'immense coté spirituel et son influence - mais cela est assez commun chez les politologues et autres "intellectuels". Aussi, prétendre qu'il reste, comme chantier, l'analyse de l'Islam à travers de l'éthique protestante (!) de Max Weber n'est nullement sans partis pris ; question simple, pourquoi ?
P.S : ****** “Pour l'Islam, le mieux, c'est d'éviter les extrêmes, fût-ce au nom du bien. Tout homme d'action devrait se prémunir contre la naïveté des enthousiastes pour l'absolu. L'enfer est pavé de bonne intentions ! Un sage chinois disait à cet égard qu'il faut impérativement se garder du bien.” Hassan II - "Le génie de la modération" : réflexion sur les vérités de l’Islam ****** “Les musulmans en Espagne ne furent persécutés qu’à partir du moment où le clergé était devenu trop puissant par rapport au pouvoir temporel ; celui-ci, qui relève de l’empereur, représente dans ce cas l’universalité ou le « réalisme », et partant la « tolérance », donc aussi, par la force des choses, un certain élément de sagesse.” Frithjof Schuon, Regards sur les Mondes Anciens