« Les écosystèmes mondiaux se délitent, l’État social s’écroule, l’économie réduite à la finance s’aliène, les repères philosophiques se perdent. C’est un cri du cœur plus qu’une question, “Qu’est-ce que je peux faire, moi ?”, sur lequel s’achève immanquablement toute conférence sur les maux de l’époque.
Si elle annonçait jadis l’amorce d’une réflexion pour un ordre nouveau, la question “Que faire ?” est désormais rhétorique : confirmez-moi que je n’y peux rien, car je ne me sens pas la force d’assumer l’acte de résistance que les circonstances exigent. On cherche pitoyablement un de Gaulle à l’appel de qui répondre, un Gandhi à imiter en masse – mais toujours dans son coin.
À ce stade de la déréliction politique, que faire, en effet ? Cesser de s’indigner et passer à la question suivante. Travailler sans fin à une synthèse des causes valables, s’organiser au-delà des esprits de chapelle et des replis sectaires, moquer l’idéologie, réduire à des objets de la pensée les termes que la propagande cherche à inscrire au siège de la subjectivité, transcender les modalités d’organisation hégémoniques, et s’essayer à des formes instituées qui nous ressemblent. Radicalisez-vous ! »
Alain Deneault est titulaire d'un doctorat de philosophie de l'Université de Paris-VIII et enseigne aujourd'hui la sociologie à l'UQAM. Il est l'auteur d'une dizaine d'ouvrages qui ont fait débat.
À lire, conjointement avec la Médiocratie, pour une meilleure compréhension du monde qui nous entoure, particulièrement en cette époque trouble où plusieurs se réclament de l'extrême-centre comme s'il s'agissait d'une position nuancée et rationnelle.
À lire en complément avec une autre de ses œuvres : la médiocratie. Deneault y continue sont analyse matérialiste des rapports dialectiques de la société néolibérale contemporaine , de sa rationalité et de ses stratégies politique à travers une lunette marxiste. Le position fondamentale des orthodoxes à travers la sacro sainte prépondérance de la base de la structure sur la superstructure du capital ( avec aussi tout ses angles morts ) est ici reproduit dans l’analyse de Deneault. Formule moins accessible pour les néophytes au niveau du language et de la structure , on a l’impression parfois de lire de la poésie et non un essaie. La présentation du mouvement libertaire comme une pure caricature et la mise en situation de l’épanouissement créatrice d’une individualité émancipatrice comme étant une conséquence individualiste du néolibéralisme démontre une grande agoraphobie politique et une invisibilisation du mouvement au niveau historique et idéologique par Deneault. Le point fort de l’œuvre : la récupération du centre et la fabrication du consentement d’une politique centriste dépassant l’antagonisme gauche - droite , la reprise de l’hégémonie culturelle d’une politique de centre sans perversion idéologique, sans idéologie brouillant la rationalité , la réel c’est eux, la seule option logique c’est eux, tout les autres options politique sont des extrémistes , des utopistes, la réalité essentialisé quoi( exemple : le macronisme )Pour une analyse beaucoup plus étoffé de la rationalité néolibérale ( ce que Deneault lui appelle la médiocratie ) à travers une lunette foucaldienne lire : la nouvelle raison du monde de pierre dardot et Christian laval.
Un essai somme toute succinct de Deneault qui, sous forme d'une vingtaine de micro-chapitres de 2-3 pages, lève le voile sur les farces que sont les démocraties libérales contemporaines. Le "centre" politique, qui se dit rationnel, pondéré, modéré - bref le juste milieu entre la gauche et la droit, est tout sauf modéré. Il se décrit comme responsable, mais dans les faits est un allié complicite de la droite dans ses manière de régner selon ce que le capital requiert. La gauche, ultimement inexistante, devient un fantôme dont la toponymie est le seul vestige de ses racines idéologiques. Qui croit encore que le partie socialiste en France n'est pas un pantin du néolibéralisme? Lecture bien éclairante et intéressante, quoique pourrait bénéficier d'un style et d'un vocabulaire plus accessible pour les non-initiés.
"Les libéraux, mais de gauche ne font jamais du devenir collectif une priorité: les politiques monétaires, le culte de l'argent, le mythe de la réussite individuelle, la soumission aux organisations privées, la frénésie consumériste et le patriotisme béat passent pour la ritournelle de la vie politique que l'on continue de fredonner en se contentant de lui ajouter quelques couplets sur de nouveaux droits particuliers."
Le style est percutant mais le propos est trop impressionniste pour être vraiment utilisable. Se lit comme de la poésie, pas comme un essai...Peut faire mieux.