Les textes inclus dans cette édition "L'Art : idéal socialiste" et "L'Art en Ploutocratie" sont bien plus intéressants que celui liminaire qui donne son titre à l'ouvrage.
A rebours de l'exaltation de l'idée d'une histoire "progressiste" de la peinture (principalement visée par ses attaques) qui serait une succession de génies individuels, toujours plus libérés des conventions, alors que cela tend plutôt à prouver la raréfaction du génie humain présent dans l'histoire populaire de l'artisanat, la destruction des guildes, la trop grande spécialisation propre à la modernité mercantile et productiviste et la division (dissociation ?) toujours plus grande du corps et de l'esprit introduit par la modernité cartésienne.
Morris n'a heureusement pas eu le temps de constater l'usage purement mercantiliste d'un certain art contemporain comme source d'investissement sur de "futurs talents" pour les riches collectionneurs/galeristes et l'accomplissement seul d'un art des élites, si l'on peut encore parler d'art.
Dommage qu'il professe la nécessité - propre aux "Lumières" - de dominer la Nature, entérinant comme eux un peu plus la dissociation rationnaliste et, par ailleurs, quelques remarques racistes.