Décadentes ou décapantes ? Voici 20 portraits incarnés de « mauvaises filles » de 1850 à 1980. Les auteurs, nombreux documents et archives à l'appui, donnent un visage à ces « hystériques », « vagabondes », « voleuses » ou « prostituées », telles Augustine, la patiente du Pr Charcot, Albertine Sarrazin, ou Marie-Claire au centre du procès de Bobigny. Un beau livre et un livre d'intervention à la fois.
Docteure en histoire, Véronique Blanchard est responsable du Centre d exposition « Enfants en justice » à Savigny-sur- Orge (Service de l École nationale de protection judiciaire de la jeunesse). David Niget est maître de conférences en histoire à l université d Angers. Ses travaux portent sur l histoire de la jeunesse et de la justice en Europe et en Amérique du Nord. Tous deux sont membres du comité de rédaction de la Revue d histoire de l enfance « irrégulière ».
Ce n’est pas le livre d’empowerment que je croyais lire comme laissait présager le titre…
La lecture était édifiante et assez déprimante, parce qu’on accède à tous les niveaux de maltraitance réservé aux femmes « déviantes » à travers des portraits chronologiques, principalement de femmes mineures ou tout juste majeures Le travail d’archive est très interessant (je pensais pas retrouver ici la branlette à la mouche ??) (et le chapitre sur les crapuleuses m’a amené un nouvelle perspective sur le film Girlhood) (les actions des filles de la prison historique de fresnes aussi ! Grosse découverte, j’étais flabergasted) J’ai bien aimé l’attention porté aux corps sociaux, médicaux et judiciaires et à leur emprise sur la vie des femmes ; le contexte social est plutôt bien indiqué aussi, sans que ce soit lourd
La post-face devrait ouvrir le livre, parce qu’elle éclaire vraiment l’intérêt du livre (« à la lecture de l’ouvrage on découvre la permanence et la puissance du contrôle social exercé sur les jeunes femmes, celles qui transgressent les normes, mais aussi celles qui les ont intériorisées »)
Le contrôle des corps et de la sexualité - je PEUX PAS ne pas penser à Foucault……… Celsa, release me……
Un documentaire intéressant qui recense le type "mauvaise fille", celle qui choc à chaque époque. On peut voir à quelle point les femmes ont toujours dérangés lorsqu'elle n'est pas docile à travers l'histoire et comment la société les "ramenait" sur le droit chemin. Un portrait surtout européen mais tout de même intéressant. Il y a énormément de photos et de documents à l'intérieur, ce qui nous permet de mieux nous identifier à ces femmes.
J'ai trouvé passionnant de pouvoir accéder à des archives au sujet de l'encadrement (familial, médical, carcéral) des jeunes filles et de la répression de leurs colères. J'ai trouvé que les photographies et archives administratives permettaient bien d'entrer dans la construction de la déviance au prisme du genre. Je suis seulement parfois restée un peu sur ma faim, car le livre couvre une grande période historique, ce qui ne permet pas toujours de rentrer dans les détails.
Ce livre est merveilleux ! Il offre un aperçu du siècle dernier et de la condition féminine à travers les histoires de femmes considérées comme borderline et donc maléfiques.