Salah et Gabrielle avaient 15 ans lorsqu’ils se sont rencontrés au lycée. Ils partageaient la même chambre d’internat. Les années passent, entraînant leur lot de problèmes, de déceptions et de joies. Tous deux ont beaucoup changé. Ils ont grandi.
2,5/5 Premier roman que je lis sur la transidentité qui m'a permis d'y voir plus clair sur un certain nombre de questions auxquelles je n'aurai pas pensé avant.
Je ne voyais pas vraiment où allait l’histoire au début, mais je me suis attachée au personnage de Gabrielle, qu’on découvre grâce à des extraits de son journal intime. Elle est très douce… Mon affection envers Salah, son meilleur ami au lycée, était plus mitigée, mais on le comprend et on accroche malgré ses défauts.
Je l’ai lu d’une traite sans voir les pages défiler. L’histoire comporte plusieurs parties, à des époques différentes : celle où Gabrielle se demande si elle est une femme, au lycée, puis, quelques années plus tard, lorsqu’elle retrouve Salah après sa transition. Et encore plus tard, lorsqu’iels se revoient.
Le parcours de transition de Gabrielle peut paraître « stéréotypé », mais il y a des gens qui ont ce parcours et le roman ne tombe jamais dans les généralités. J’ai particulièrement apprécié tous les doutes de Gabrielle, ses réflexions, les moments où elle sait qu’elle fait des erreurs… J’étais vraiment contente qu’elle s’en sorte ! D’ailleurs, j’ai eu peur un instant que ce soit par le biais d’une romance, mais même si Gabrielle se met en couple, on sait que ce n’est pas grâce à ça qu’elle est légitime.
Salah aussi fait face à des difficultés, notamment parce qu’il a tendance à s’enfoncer dans ses mensonges. Gabrielle est là pour l’aider – un peu trop, peut-être – et j’ai aimé la complexité de leur relation.
C’est un roman qui se lit facilement, qui nous emporte dans son histoire.
J'ai beaucoup aimé l'histoire, adoré les personnages principaux (je trouve Salah extrêmement juste notamment, personne ou presque n'est idéalisé). J'ai lu le roman d'une traite parce qu'il me tenait en haleine. Il y a des réserves qui me font enlever deux étoiles, et elles sont au niveau des choix purement d'écriture. Assez paradoxalement, je trouve que la forme du journal fait perdre de la profondeur au point de vue de Gabrielle : puisque c'est elle qui écrit sur elle-même, elle reste très factuelle, elle exprime ses émotions de manière très peu spécifique et j'ai l'impression de ne pas du tout avoir appris à la connaître. Et j'ai tendance à trouver que c'est une facilité qui rend les choses un peu artificielles. Et il reste quelques soucis de style : certaines formulations maladroites, de la concordance des temps ("souhaiter que" ne peut pas être suivi du futur)...
Je trouve aussi que Cordélia manque de renseignements sur le PTSD des personnes sortant de relations abusives : on ne peut pas croiser son ex abusif et faire comme si de rien était. À la place de Gabrielle j'aurais été en position fœtale pendant plusieurs heures et c'est raconté juste comme un moment désagréable. Ça m'a sérieusement fait tiquer.
Malgré ces défauts, je recommande le livre parce que, comme je le disais, l'histoire m'a tenue en haleine et que la transidentité y est plutôt bien abordée, et de manière totalement compréhensible pour les gens qui n'y connaissent rien. C'est une très bonne idée d'avoir commencé le récit au lycée, je trouve. Comme les personnages ne sont pas savants sur le sujet, on apprend en même temps qu'eux (personnellement j'étais déjà très renseignée mais ça m'a semblé très clair et ingénieusement introduit). Et les ellipses de plusieurs années font qu'on apprend aussi par étapes.
J'espère que Cordélia publiera un autre roman, parce que je l'achèterai certainement ! C'était une grande surprise de pouvoir télécharger l'ebook gratuitement, donc je pense retourner sur le site faire un don.
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I really enjoyed reading this book! Not only do we have a story about a transgender woman but we also have a story about a bisexual person, it feels good to read a story about the LGBT + community, I find that the topic of transidentity was very well presented, and in this book, we could see that not a trans woman does not "become" a woman after the operation below, and I really loved the writing of this book when you can see Gabrielle's diary and it is true that we must also put ourselves in the situation that the book speaks at the beginning of a questioning that begins in 2009 so for the words used we must prepare but everything is well presented to understand a little more what is trans identity, I really liked it, it showed that everyone has a bit the same way of life regardless of sexual orientation and gender identity.
En un mot, bancal. Dans l'histoire qui ne décole que dans le milieu du livre, dans l'écriture parfois faible, parfois plus intéressante. Et dans les personnages et ce dernier point fait la force du livre.
En persistant par curiosité, on se retrouve happé quand on quitte le monde du lycée pour retrouver celui des adultes. Les clichés (même si c'est proche malheureusement de la vie réelle) laissent place à une histoire plus affinée.
L'autrice grandit avec son livre et la dernière partie se révèle la plus aboutie en terme d'écriture et de rythme. Donc à la fin, on aime malgré tout ce petit bout d'amitié vache.
J'avais très peur en commençant ce livre, parce que j'en avais de très hautes attentes. Une fois la première partie passée, j'ai eu très peur pour Gabrielle et n'ai pas osé continuer l'histoire. Finalement, dans un élan de confiance en Cordélia (qui n'aurait quand même pas osé me briser le coeur), j'ai fini par le finir d'une traite. C'est rare que j'apprécie autant un livre quand les choses ne se déroulent pas comme je le souhaite, mais c'est probablement mieux pour Gabi.
Le livre est parfois difficile à lire à cause des thématiques abordées, mais il en vaut la peine. J'aime les histoires qui finissent bien:)
Et tout de bon à Myriam, qui mérite mieux que Salah.
J'ai beaucoup aimé les deux premières parties et la fin mais je trouve que la 3ème partie à partir de la page 231 tourne un peu en Feux de l'amour. Avec des événements qui s'ajoutent sans toujours apporter à l'intrigue et en nuisant à la vraisemblance (ce qui arrive à Maelys par exemple ou à l'entreprise de Jules).
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Vraiment un roman sympa, la lecture est facile et agréable. J'ai passé un bon moment, j'ai apprécié l'évolution des personnages. Une bonne lecture aussi pour des personnes qui en savent peu sur la transidentité.
Je l'ai dévoré dans le train. Un livre très touchant, plein de vie et d'amour. Les personnages sont imparfaits et terriblement attachants. Les thèmes abordés sont intéressants, peu abordé dans la littérature et l'auteure en parle toujours avec subtilité. Il m'a manqué "ce" petit truc pour que ça soit un coup de coeur et que je lui mette cinq étoiles mais ça reste une excellente lecture... (Petit plus pour les illustrations qui sont justes sublimes !)
J'ai suivi les aventures de Gabriel, Gabrielle et Salah avec plaisir, et parfois avec une boule au creux de la gorge. Peu familière des lectures qui se jouent dans le monde réel, j'ai accroché au style qui m'a porté malgré quelques petites coquilles ^^ J'y ai appris pas mal de choses mais j'ai avant tout lu l'histoire de deux amis.
J'ai connu l'existence du livre de Cordélia via son activité youtube, autant en tant que militante qu’en booktubeuse, et j’ai été attirée par la lecture de son livre, voyant qu’elle avait fait des vidéos pour parler de son processus d’écriture. En tant qu’auteur d’un livre que j’ai auto-édité, et en écrivant actuellement un second tout en réfléchissant à ce qui fait la qualité d’une écriture, à comment on la travaille de même que le scénario, j’ai été curieuse. Je me suis abstenue de regarder les vidéos, et me suis procuré le livre. D’autre part, je suis très intéressée par le traitement en fiction de la transidentité et de la diversité des sexualités et des vies qui s’y rattachent. La littérature nous offrant de pleines brouettes de récit hétérosexuels cisgenre, je me suis dit que j’allais y trouver enfin de nouvelles perspectives. Mes attentes en terme d’écriture ont été malheureusement plutôt déçues, même si je tiens à dire immédiatement que je recommande la lecture de ce livre, auquel je trouve de très bons côtés. Ma déception tient à plusieurs choses. D’une part, les personnages et l’environnement dans lequel ils évoluent me semblent avoir été trop peu élaborés : étoffer en descriptions et en détails m’aurait je pense permis de m’attacher bien plus à cette histoire et aux personnages qu’elle nous fait rencontrer. Tout aurait pu prendre plus de corps, on aurait pu se sentir plus proches des personnages, même quand ils agissent n’importe comment (et c’est très bien comme ça). Ce vide laisse la place à des personnages beaucoup trop dans le cliché. On rencontre des schèmes communs : le type qui ne veut pas s’engager et qui n’en fout pas une rame chez lui que se désengagea de ses responsabilités, la femme trans victime d’une relation abusive… C’est extrêmement important d’en parler, de montrer comment des relations toxiques se mettent en place, etc. Néanmoins l’usage abondant de ces schèmes et leur simple ébauche rend le récit tout à fait prévisible et peu subtile. Ne pas faire du monothématique et multiplier les sujets, c’est super, mais encore faut-il se permettre de déployer la complexité des faits. D’autre part, je ne sais pas si c’est le fait de connaître les discours militants et les thématiques, les points de vue, mais j’ai reconnu des traits de plume, de même que des postures qui sentent un peu le mode d’emploi militant – je dois dire que dans un roman, les disparités de langue de ce genre sonnent toujours étrange, quand elles ne sont pas assumées comme telles par les personnages ou le narrateur, quel qu’il soit. Ce n’est pas qu’il ne faut pas suggérer des comportements aux lecteurs (je pense notamment à l’importance du consentement, ou à l’empowerment), mais je pense que les expliciter de cette manière rend les choses très convenues et mène à éviter de questionner ces problématiques. S’il s’agit d’un roman centré sur la transidentité et la pluralité des sexualités, et non pas d’un roman qui prenne cela comme des faits comme des autres (je veux dire par là : c’est le cœur même du roman, on y parle de la difficulté sociale que rencontrent les personnes trans, mais aussi de leurs questionnements identitaires, du malaise général qui touche la définition de nos sexualités), pourquoi, en ce cas, ne pas aller jusqu’au bout plutôt que de se contenter d’effleurer le sujet ? Par exemple, Salah se fait reprendre par Gabrielle quand il lui dit qu’il n’a qu’à s’habiller en homme pour chercher du boulot, puisque c’est plus simple comme cela : Salah s’habillerait-il en femme ? « C’est pas pareil » répond Salah, « si » répond Gabrielle. Salah s’arrête-t-il là dans sa réflexion ? Je trouve ça bien étrange, pour quelqu’un qui est si gêné par le fait que son amie soit trans. C’est dommage d’éluder ces questions, à mon sens, surtout si c’est un roman qui se veut aborder de manière centrale ces thématiques. Creuser la réflexion dans un roman n’est pas pour moi un mal, ou ennuyer le lecteur, bien au contraire. Je relève également quelques incohérences, notamment la manière d’agir du Myriam, tantôt prenant le rôle positif d’une femme avertie et ouverte, tantôt acerbe sûr ces mêmes points à propos desquels elle a fait évoluer Salah : la jalousie n’est pas toujours une excuse, surtout quand, comme elle, on semble reprendre des discours militants pour remettre en place son compagnon. Ceci dit, le fait de n’être pas toujours raccord avec soi-même et ce que l’on pense est également une réalité et une chose à traiter. Mais il faut que cette incohérence soit alors pointée du doigt, si elle veut être légitime et non pas interprétée comme un oubli de la part de l’auteur. Parallèlement à cela, que j’ai trouvé très dommage, il y a bien sûr plein de choses positives à dire sur ce roman. Déjà, oui, l’adolescence est une période absolument cruciale et son traitement dans ce roman est très attirant – j’aurais juste dit : donnez m’en plus ! Ce qui est effleuré m’a beaucoup plu. Tous les thèmes abordés sont passionnants, par ailleurs, et il est très important d’écrire à leur propos, de permettre des représentations nouvelles, plus diverses, plus sensibles et sensées. Cordélia, dans son travail d’auteur, tend à cela, et le fait qu’elle passe par un processus d’auto-édition et soit proche de ses lecteurs, réponde, assiste, est très précieux. Je souhaite voir très vite d’autres livres de sa part, j’ai hâte de la lire de nouveau, sans aucun doute.