5.
Forêts, à mon avis, est un peu comme une Incendies au carré: tout est plus intense, épique, grandiose, et ambitieuse dans ce troisième volet de la tétralogie. Ce ne sont pas 3 générations, comme dans Incendies, mais plutôt 7, dont les tragédies s’enchainent, puis se superposent, puis se comprennent. La plume de Mouawad y est à nouveau irréprochable, et la trame est si mystérieuse, complexe, élégamment construite et révélée que l’on ne peut s’empêcher de poursuivre la lecture. Personne n’écrit la rage et le trauma générationnel comme le fait Mouawad. Je mentionne cependant que dans le cas de cette pièce, plus n’est pas forcément mieux: bien qu’il y ait davantage de personnages, de tragédies, de découvertes que dans Incendies, aucune relation entre les personnages n’est aussi approfondie que celle entre les jumeaux d’Incendies, ce qui pourrait déplaire à certain, mais m’a semblé un compromis tout à fait acceptable.