Lauréat du Grand Prix de l’Imaginaire 2010 et du Prix Européen Utopiales 2010.Au XVIIème siècle, sur une mer Caraïbe alternative, le capitaine Henri Villon et son équipage de pirates luttent pour préserver leur liberté dans un monde déchiré par les cataclysmes temporels. Leur arme secrète : le "Déchronologue", un navire dont les canons tirent du temps.SA DEVISE : 90 000 TONNES DE DIPLOMATIE "La nuit sucrée de Port-Margot exhalait le printemps caraïbe, le fer et le sang".Juin 1640 : en quittant Port-Margot, havre français perdu au milieu d''une mer espagnole, Henri Villon, capitaine du brigantin Chronos, part donner la chasse à un galion spaniard. Son but ???: une maravilla, une des merveilles secrètes, si rares, qui apparaissent quelquefois aux abords du nouveau monde. À bord du navire, un ballot d''échoués forme l''équipage : le bosco, dit Le Cierge, le mousse, dit La Crevette, les frères Mayenne qui font office d''égorgeurs ainsi que le maître canonnier Vent-Calme, chacun à part, tous fidèles au rêve de leur capitaine. Mais le rêve se brise soudain quand le commodore Mendoza, la terreur des flibustiers caraïbes, envoie le Chronos par le fond. Quelques instants avant que sombrent son destin et son navire, Henri Villon a eu le temps d''apercevoir une chose impensable, digne des plus vieilles histoires qui hantent l''âme des marins : un Léviathan de fer glissant dans l''orage, capable de cracher la foudre et d''abattre la mort.Pour le capitaine français tombé aux mains des Espagnols, tout semble bel et bien fini. Mais dans ce nouveau monde que déchirent les cataclysmes temporels, c''est plutôt à ce moment précis que la véritable aventure commence…
Beaucoup ont encensé la langue et c'est amplement mérité. Les descriptions de Beauverger sont belles et puissantes, son imagerie vicelarde et glauque parfaitement rendue. J'ai senti que l'auteur prenait vraiment plaisir à écrire la piraterie de cette époque, et les choix de chansons en débuts de chapitres ont achevé de me le rendre sympathique.
J'ai quand même été plus convaincu par la narration que par les dialogues, qui sont un poil exagérés par endroits: le héros n'est pas non plus obligé de rappeler à chaque réplique qu'il est un forban du XVIIème... Mais on est pas non plus dans la caricature. Je ne compte plus le nombre de romans de piraterie qui abusent de métaphores nautiques plus ou moins bien placées et ça fait du bien de voir que c'est pas le cas ici. Le problème, pour moi, n'est pas là.
ATTENTION SPOILERS
Le gros gros défaut de ce livre, c'est que les personnages ne sont pas assez tangibles d'une manière générale. À part Villon, on a aucun développement. On nous dit qu'il s'est attaché à son équipage, mais nous on arrive pas à s'attacher à eux, on ne vit rien avec eux, Villon lui-même ne vit pas grand-chose avec eux ! Ok Fèfè de Dieppe, parce-que quand même. J'ai adoré les dialogues avec Fèfè de Dieppe. Mais qu'a-t-il vécu avec Villon qui puisse justifier que celui-ci le qualifie d'ami et tienne tant à le protéger de Pakal au moment où l'enfant itza montre son vrai visage ? Retournez dans le livre et expliquez-moi cette subliiiiime amitié qui lie Villon à Fèfè alors qu'ils n'ont fait que discuter jusque-là (ça ne s'excite qu'après). D'habitude j'attends quelques jours pour noter un livre, le temps de voir si les personnages me restent. Quand des personnages me restent, me manquent une fois le bouquin terminé, je sais que je pourrai le défendre jusqu'à la mort, même si on me met tous ses défauts sous le nez. Là je viens juste de le finir, et je sais pertinemment que non... Là non. Le fait qu'on ait plusieurs équipages au complet qui trouvent la mort, et même pas dans l'ordre, n'est évidemment pas pour aider...
Parce-que ce qui fait le roman, et ce qui le plombe en même temps, c'est cette déconstruction des chapitres. Elle n'apporte pas grand-chose à l'intrigue au final, je dirais même qu'elle fait un peu office de cache-misère. C'est vrai qu'on a un évènement inconnu à chaque chapitre, mais jamais celui-ci ne fait avancer l'histoire à un degré qui nous fait apprécier différemment ce qu'on a lu avant. Quel intérêt de nous donner un morceau qui se passe en milieu d'intrigue seulement en fin de roman s'il ne contient pas de révélation particulière ? Pour moi le but d'un tel agencement est avant tout de pouvoir révéler une information cruciale à un point plus fatidique que dans l'ordre chronologique, donner plus de poids à certains éléments obscurs, susciter l'attente, le mystère... Là non. Les avantages de cette écriture là n'ont pas été exploités au maximum, pas assez en tout cas pour parer à ses inconvénients.
Parce-que c'est du boulot de recouper, il y a un réel effort à faire du côté du lecteur pour s'y retrouver. Et c'est une bonne chose d'habitude ! Dans la plupart des cas, je suis grisé par le sentiment d'enquête, l'idée que je vais pouvoir comprendre des choses à l'avance si je reviens en arrière et que je lis entre les lignes... Mais là je me battais juste pour suivre l'ordre de l'intrigue, et quand j'ai été capable de m'y retrouver, mon expérience de lecture n'en a pas été spécialement enrichie. Revenir en arrière pour lire les chapitres autour n'a jamais payé, ni pour mieux comprendre, ni pour, au contraire, découvrir une surprise à un endroit inattendu.
On reste avec la même besace de questions qu'au départ, le même flou artistique sur les "complications" que tout auteur rencontre en écrivant sur le voyage dans le temps. Je ne comprends pas mieux ni le fonctionnement des failles temporelles, ni les motivations des figures qui ont dirigé Villon maintenant que j'ai fini le livre que quand je m'interrogeais à leur sujet à la page 50. Itza, Targuis, Americanos... Beaucoup trop se passe en dehors du livre. On nous dit plus qu'on nous montre, et on nous dit pourtant déjà pas grand-chose. Je suppose que les Itzas veulent venger leur terre et provoquer un nouvel ordre mondial, que les Americanos veulent les en empêcher en bons colons et que les Targui se mêlent sans se mêler, sont seulement venus pour voir puisqu'ils sont les seuls à savoir la vérité sur le voyage temporel. Mais c'est vague. Et les mentalités, les ambitions, les coulisses de tout ce monde, on s'assoit dessus. Le gros twist de fin arrive pour nous dire que de toute façon, ça n'a aucune importance puisque chaque changement crée un monde parallèle et que le passé qu'on change n'a pas d'incidence sur le futur d'où on vient. Ouah, on s'en doutait pas. C'est la règle numéro 1 du voyage dans le temps. Villon l'ignore, mais nous on le sait, non ? Le Vasseur a pu se tuer différemment de la mort qui lui est prédite, donc on a pu voir venir !
Je ne sais pas ce que les lectrices disent à ce sujet, mais j'ai aussi trouvé dommage - même si c'est un problème récurrent dans la littérature - de ne pas donner d'avantage de place aux femmes (après, comme on donne pas de place aux personnages en général dans ce livre, c'est pardonnable...). La seule femme qui porte un prénom est l'intérêt amoureux (du reste assez fade), jusqu'au passage avec Antonia qui est je pense, l'un des points culminants du bouquin. Les poèmes de la vieille - et le sens qu'ils prennent dans le thème du roman - sont le seul passage vraiment transcendant du livre, et probablement la seule fois où j'ai eu l'étincelle, l'impression que là, on était en train de me raconter une histoire universelle. Dommage que ce soit si vite reparti.
J'aurais pu pardonner tout ça si j'avais vraiment eu le sentiment de jeu avec le lecteur, de maîtrise totale. Là ça sent trop l'effort. Et malgré tout ce désordre, toute cette complexité, l'auteur ne va pas assez loin. Si on est parti pour avoir des époques qui interviennent dans la nôtre, des personnages historiques et des dieux qui traversent le temps sans pour autant donner la moindre explication, pourquoi on ne va pas au bout ? Pourquoi on ne sent pas cette impunité, pourquoi on ne sent pas vivre ces personnages ?
Je n'ai jamais eu cet élan jubilatoire qu'on peut rencontrer quand on a affaire à de l'excellente Fantasy ou SF, l'immersion totale dans un monde, la mise devant le fait accompli qui nous met sur le cul et nous fait penser: "C'est pas vrai qu'il est en train de faire ça...". Passée l'excitation au moment de comprendre qu'on a affaire à une histoire de dérèglement temporel où un capitaine pirate du XVIIème peut écouter un vinyle à l'intérieur de sa cabine, il ne nous reste plus vraiment de surprise. Je n'ai pas eu l'impression que l'auteur explorait l'idée jusque dans ses bas-fonds, je n'ai rien découvert qui ne soit déjà induit par le pitch si prometteur des maravillas et des canons qui tirent du temps. À part le twist du Baptiste, le livre ne m'a jamais vraiment pris de court. J'aurais voulu qu'on joue plus avec mes attentes.
Bref, on peut écrire une dynastie de romans sur une idée pareille, mais pour moi le traitement n'était pas à la hauteur... Je n'ai pas eu assez d'étalage de ce monde pour y manger à ma faim, je gargouille encore pour d'avantage de développement des personnages, pour la petite touche de folie supplémentaire qu'il aurait fallu pour traiter le concept à la hauteur de son originalité et mettre une grande claque au lecteur.
En relisant cette critique je la trouve plus véhémente que je l'avais initialement voulue, mais je suis loin d'avoir détesté le livre. Peut-être que Beauverger saura d'avantage me surprendre à l'avenir. Pour ce qui est de celui-là, c'est juste très dommage !
Alors oui… au bout de deux pages, vous le saurez. Ce livre est une merveille de style et d’écriture. Impossible de ne pas tomber totalement en admiration pour la plume de Stéphane Beauverger, si graphique, si visuelle et si belle.
BIG UP aux dialogues ! Vous savez à quel point les dialogues sont importants pour moi, je vous le rappelle souvent lors de mes déceptions. Mais… ici… mais… Wouaw.
« Alors Capitoune, tu charcules ta vareuse ou t’es de la sirelopette ? » (entre autres merveilles de flibusterie).
Certaines descriptions sont de l’ordre du tableau, qu’il soit magnifique ou terrifiant, qu’il soit appétissant ou tout simplement cauchemardesque (l’isolement des prisonniers ne m’a jamais autant traumatisée que dans ce roman).
En bref, s’il ne devait y avoir qu’une seule et unique raison de lire le Déchronologue, ce serait pour sa plume. MAIS, des raisons, je peux vous en déterrer à la pelle.
Aujourd'hui, petit retour sur un roman pour le moins audacieux. Le Déchronologue, c'est l'histoire d'un navire et surtout de son capitaine, Henri Villon, fier pirate des îles Caraïbes, en plein milieu du XVIIe siècle. Quoique cette dernière affirmation ne soit pas sans poser problème. En effet, de curieux événements se produisent et notre héros finit par comprendre qu'un bouleversement temporel à décidé de mettre le monde à l'envers. Mais quand on est poursuivi par une horde d'ennemis tous plus dangereux les uns que les autres, sauver le monde n'est pas de tout repos. D'alliés mystérieux et improbables en chasse aux fantômes, on suit les aventures de ce cher Villon des plages paradisiaques des îles désertes aux ports interlopes de Tortuga et de Port-Margot, en passant par la jungle épaisse et mystérieuse du Yucatan. Des aventures terribles et horrifiantes qui vont le voir prendre à bras le corps des forces qu'il est loin de maîtriser. A ses risques et périls... J'ai beaucoup apprécié ce roman. Le capitaine Villon est un personnage haut en couleurs et l'univers dans lequel il évolue est absolument fascinant. Je me suis trouvée d'autant plus avide de le découvrir qu'il est servi par une très belle plume, qui nous offre des descriptions fabuleuses et des dialogues savoureux (mention spéciale à Fèfè de Dieppe, qui m'a beaucoup fait rire avec son sabir imagé). La construction ou plutôt la déconstruction de l'intrigue est une belle idée aussi, au sens où elle mime parfaitement le désordre temporel que Villon doit apprendre à maîtriser et à comprendre. Le seul problème que j'ai eu à ce niveau-là, c'est le manque de caractérisation de la plupart des personnages secondaires, qui fait qu'on a vite tendance à se perdre dans les différentes époques de l'intrigue. C'est dommage, parce que s'il y avait eu moyen de reconnaître plus facilement les différents membres de chaque équipage, les points de repère auraient été plus faciles à prendre. Mais malgré cela, j'ai trouvé qu'il était relativement facile de suivre les pérégrinations de Villon. Alors tout n'est pas réussi dans ce roman, je ne suis pas sûre d'avoir tout compris non plus, mais j'ai vraiment apprécié de voir ce thème de la piraterie et du voyage temporel traité avec une telle originalité. L'auteur a voulu aller au bout de son idée et a su donner à l'ensemble une belle tonalité d'épopée et de liberté. C'est rafraîchissant et audacieux, plein de belles trouvailles et tant pis pour les maladresses. Une très belle découverte pour ma part.
Oh mon dieu !!! J'ai acheté ce livre 3€ en solde et j'ai quand même l'impression de m'être fait avoir. Ce livre, c'est le vide. Aucune cohérence, des oublis dans le scénario et aucune explication.
Points positifs : l'écriture de Beauverger est agréable à suivre et l'idée de combiner pirates et SF. Voilà....
Commençons par le début. Le premier chapitre est intéressant, ça donne envie. Chapitre 2, c'est déjà le bordel. On change d'époque, on change de lieu, sans raison. Et ça continue ainsi pendant 500 pages et on arrive à une conclusion baclée.
Tellement de questions restent sans réponse : Pq y-a-t il des tempêtes temporelles ? Comment arrivent les merveilles ? Pq ca prend des années aux Américains de dominer les Caraibes alors qu'ils sont invincibles et surpuissants ? D'où viennent les canons temporels ? Comment ils fonctionnent ? Pq pendant 500 pages, on a que des détails en relation minimale avec le début et la fin ? Pq ? Pq ? Pq ? PQ ???????
Je pene que la seule raison d'avoir mélanger tout les chapitres, c'est pour que le lecteur passe son temps à remettre tout en ordre et l'empêcher de voir que l'histoire ne va nulle part.
Beauverger écrit bien et ça aurait pu être un livre génial s'il avait fait 200 pages.
This is probably one the best pieces of French science fiction I've read in a long time and it's by young and fairly new author Stéphane Beauverger. It's like Pirates of the Caribbean meets time-travel. This book and I were bound to get along! The book's true originality and what clearly distinguished from anything that's ever been written on this historical period in science fiction is its format and the way it is constructed. The story isn't told chronologically, you have to be an active reader to piece the events back together and yet it tells a lot about the author's talent that it's not too demanding to do so. The reason behind the author's choice to relate his story in this manner is closely tied to the events taking place within the narrative. The world he is describing is under attack but it's not being attacked by foreign neighbors or other countries. No, it's being attacked by the past and the future. Time as we know it is completely disrupted and no longer resembles our understanding of time. This is a fascinating new take on pirates, the Caribbean and well, time traveling. Highly recommended.
J'ai changé d'avis en cours de lecture sur ce livre: je suis passé de "c'est bien écrit mais ça fait un peu exercice de style et je ne comprend rien" à "c'est brillant ! et je ne comprend rien mais c'est pas grave !". Vous l'aurez compris, la langue employée par l'auteur est partie prenante de mon éloge. Je reste stupéfaite de cette qualité littéraire, de ces recherches historiques menées, mais aussi de la construction de l'intrigue menée avec brio. Sans jamais en révéler trop au lecteur (c'est à nous d'imaginer ce que sont ces fameuses merveilles venues du futur), l'auteur nous entraîne au cœur d'une lutte perdue d'avance contre les déchirures du temps, d'abord d'un côté (ceux qui en profite pour asseoir leur domination) puis de l'autre (ceux qui cherchent à combler ces déchirures) A lire et à relire donc (à cause des méli-mélo des chapitres, mais aussi parce que c'est un des meilleurs romans de science-fiction que j'ai lu).
Ais-je précisé qu'il y avait des pirates? Des PIRAAAATES !
Attirée par le pitch et la couverture, j'ai acheté ce livre sans hésiter, lu quatre chapitres et abandonné.
Malgré un début qui m'a soufflée, j'ai été rapidement perdue dans les chapitres mélangés. J'ai préféré reposer le livre avant d'avoir la migraine.
Le hasard ayant fait que j'ai pu discuter avec Stéphane Beauverger, je lui ai parlé de mon problème et de ma déception. Il m'a donné alors deux méthodes de lecture: 1 - Vous pouvez vous embêter à lire les chapitres dans l'ordre grâce à la table des matières. 2 - Lisez sans vous soucier de retenir les dates, sans jamais vous dire : "Flûte, ce chapitre là est avant ou après celui que je viens de lire ?". Enchaînez les chapitres sans vous en faire.
J'ai choisi la 2e solution, la meilleure selon l'auteur évidemment. Et ça a marché. Effectivement, se focaliser sur remettre à chaque fois les chapitres dans l'ordre dans sa tête ne fait qu'alourdir la lecture. Lisez les sans vous en soucier et, tout naturellement, comme les pièces d'un puzzle, l'histoire va se compléter un événement jusque là isolé reprendra sa place dans votre tête.
Là où j'ai un peu déçue, c'est que je m'attendais à une aventure en mer avec des événements fantastiques et plutôt "magiques". En réalité, c'est de mon point de vue plus proche de la science-fiction, un style qui me fait moins rêver.
Une histoire très d'amour est présente au fil des pages. Très discrète, feutrée, je l'ai trouvée vraiment belle et émouvante. Elle n'empiète ni ne gâche le récit d'action. Chapeau !
Peut-être pas un livre pour les fans de pirates. Mais pour les fans de SF, c'est probablement une valeur sûre.
Le lecteur se trouve, comme le protagoniste, impliqué dans une histoire de temps qui perd son sens. Les chapitres comme les Caraïbes du XVIIème siècle se disloquent, la chronologie implose : à nous et à Henri Villon, flibustier, de penser dans le bon ordre. Original, écrit avec soin, Le Déchronologue est une expérience de lecture nouvelle. On y suit le capitaine Villon et son équipage à la recherche des "maravillas", ces étranges objets aux pouvoirs si séduisants. Mais lorsque passé et futur s'entrecroisent dans un présent déjà bien mouvementé, une nouvelle Histoire se met en place. Targuis et Mayas, tempêtes de temps, prisons puantes et océan impitoyable... Pour le fond, mais aussi pour la forme, livre que je conseillerais à tous les amateurs d'aventures et de découvertes.
Se déroulant au XVIIe siècle, le livre suit le capitaine du Déchronologue, Henri Villon, et son équipage de pirates, dans une uchronie où la mer des Caraïbes est secouée par des cataclysmes. Le livre suit une trame non linéaire, alternant entre différentes années.
Quand je dis que je n’aime pas la SF FR, c’est un fait. Voici l’exception qui confirme la règle, parce que quelle claque j’ai pu me prendre avec ce livre. Si c’est en effet compliqué de suivre les différentes temporalités au début, on s’y fait rapidement tant on est happés par l’histoire. J’ai adoré son écriture, ses personnages, j’ai juste totalement été prise par le délire - très différente de mes lectures habituelles mais si enrichissante !
A nice and well structured book with some history facts that are used to make the story. The only thing which makes the whole book but at the same time makes it annoying to read is the fact that it's written as a journal in random order. I would recommended it anyway !
A l'heure de sa mort suite à un combat perdu, le capitaine Henri Villon nous narre son histoire et celle de son navire, le Déchronologue.
Un étrange objet littéraire que ce roman. Si j'étais au départ parti pour lui mettre 4 étoiles, je crois finalement que j'opterais pour un 3.5 rabaissé à 3 après avoir laissé passer plusieurs semaines.
La grande particularité de ce livre, c'est sa construction, ou plutôt sa déconstruction. En effet, les chapitres y sont insérés dans le désordre et s'offre alors au lecteur deux choix : lire les chapitres dans le désordre, et donc vivre l'expérience d'un récit décousu qui vous fera perdre vos repères chronologiques comme le désire probablement l'auteur ou bien décider de suivre l'ordre chronologique des chapitres ce qui vous donnera une lecture plus logique de l'intrigue mais fera paraître d'autres faiblesses.
Je tiens avant tout à mettre en avant le style de Stéphane Beauverger qui est très joli et nous plonge bien dans l'ambiance de la flibusterie tout en mettant en avant le contexte historique de l'époque, mentionnant par exemple le traité de Tordesillas. Malheureusement, le livre se heurte à quelques autres problèmes. Ayant choisi de suivre l'ordre déstructuré du livre, j'ai donc erré à travers les périodes, tout en ayant soin de prendre des notes au fur et à mesure pour reconstituer le puzzle de l'intrigue. L'avantage est que j'ai vraiment ressenti cette impression de me perdre dans la mémoire d'Henri Villon mais je devais cependant relire mes prises de notes au fur et à mesure pour pouvoir remettre dans l'ordre les événements. Concernant la méthode de lecture que je vous conseillerais, je n'en sais trop rien... Lire les chapitres dans l'ordre chronologique vous permettra de mieux comprendre l'enchaînement de l'histoire mais vous vous rendrez alors compte des trous scénaristiques et du manque de lien entre les différents personnages, ce que cache l'aspect déconstruit. Ainsi, l'ordre chronologique nous permet par exemple de voir notre protagoniste être exilé de l'île de La Tortue (ce qui lui arrive assez régulièrement dans ce livre) puis le voir y revenir dès le chapitre suivant !
L'intrigue quant à elle débute de manière plutôt très intéressante et j'ai trouvé que dans l'ensemble l'idée proposée par l'auteur s'avérait prenante, du moins dans sa conception. En effet, comme je le soulignais plus tôt, l'auteur a tendance à aller trop vite dans l'exécution des différentes péripéties et il est parfois difficile de croire vraiment à certains liens entre les personnages. Je sors tout de même globalement satisfait de cette histoire mais regrette cette impression de "survol" de certains points manquant clairement d'explications.
Pour conclure, Le Déchronologue reste une bonne lecture à mi-chemin entre piraterie et SF avec un style très satisfaisant. Cependant, son exécution reste parfois quelque peu frustrante, bien qu'en partie masquée par son idée originale de mise en page.
Je finirai par mentionner ma déception quant à la couverture qui est quelque peu mensongère x).
Clairement pas le genre de livre à lire par intermittence dans les transports en commun. La lecture m'aura pris au final un peu plus de temps qu'à l'accoutumée, me trouvant plus d'une fois perdu dans le récit et forcé de revenir en peu en arrière. Conseil aux futurs lecteurs qui liraient ceci avant : faîtes bien attention aux dates dans les titres de chaque chapitre ; cela deviendra de suite beaucoup plus clair ! La confusion née de la lecture des premiers chapitres ne m'a pas aidé à me motiver pour lire plus vite et pourtant, j'ai ensuite dévoré la seconde moitié du livre ! Au final j'ai vraiment beaucoup aimé. Je ne sais pas si une autre construction aurait été plus efficace ou non. En tous cas cela vaut vraiment le coup de s'accrocher !
Flibustiers, voyages temporels, voilà un mélange des plus attirants et la couverture magnifique n’a fait qu’achever de me convaincre. D’emblée on ne peut que rester ébahi devant le style et le langage de l’auteur, recherché et totalement en phase avec l’époque et les personnages. Le narrateur, Henri Villon, nous raconte sa vie de flibustier, dans les Caraïbes du XIVème siècle, lorsque Français et Espagnols se disputaient les mers et les terres.
Placé sous le signe de l’aventure le roman vire très vite et subtilement au roman de SF, car les Caraïbes du capitaine Villon sont en proie à des tempêtes temporelles et les mers habitées par un étrange vaisseau aux dimensions gigantesques. Villon retrace une période de treize années, pendant lesquelles il sera amené à affronter ce mystérieux navire au pouvoir de destruction diabolique, à bord du fameux Déchronologue. Avec Villon, nous voyageons d’une île à l’autre, du fond des geôles de Carthagène des Indes aux cales d’un bateau espagnol, en passant par la dernière cité maya du Yucatan.
Villon, comme tant d’autres, convoite les maravillas, les merveilles qui font peu à peu partie de la vie des populations des Caraïbes, des objets venus du futurs, récupérés lors de tempêtes temporelles. Ainsi, notre Capitaine bourru et alcoolique communique par radio avec ses lieutenants. L’imbrication du présent de Villon et du futur est subtile, ce n’est pas le capitaine qui voyage, ce sont les objets, les personnages secondaires comme les Targui, ou le Déchronologue qui tire des boulets de minutes et de secondes. Très fine interprétation des voyages temporels donc, puisque c’est le futur qui se déplace et non le héros.
Nous voyageons donc aussi dans le temps, car les chapitres numérotés apparaissent dans un joyeux désordre. Plus que des flashbacks, nous nous trouvons face à un puzzle recouvrant treize années, les retours en arrière sont fréquents, répétés, le lecteur fait un pas en avant pour trois pas en arrière. En théorie, je n’ai rien contre cette méthode, bien au contraire. En l’occurrence, le procédé est à mon sens surexploité, même en adhérant dès le départ j’avoue que vers la moitié du livre ces aller-retours incessants d’une période à l’autre ont commencé à me taper gravement sur les nerfs. Le mystère et le suspens s’en sont trouvés grandement compromis, j’avais la nette impression de lire un livre à l’envers, avec tout ce que cela implique : mystère évaporé, effet de surprise gâché. La crispation était telle que j’ai dû me résoudre à lire quelques pages en diagonale. L’écriture est particulièrement belle et soignée, l’immersion dans l’époque est totale, on s’y croirait malgré l’aspect SF, mais la construction pourtant géniale a fini par me lasser, trop de chapitres peut-être, trop de va et vient, trop de dispersions, trop souvent. En ce qui me concerne, une belle lecture, mais gâchée par un procédé mené à son paroxysme, et qui fait tomber l’intérêt comme un soufflet.
Dans ce roman, on parcourt la biographie d'Henri Villon, pirate/corsaire français dans les Caraïbes du XVIIème siècle. Et on se rend compte assez rapidement que son XVIIème n'est peut-être pas tout-à-fait le nôtre. En effet, Villon se retrouve rapidement possesseur de meravillas, autrement dit des merveilles venues d'un autre temps : quinine, conserves, lecteur de musique portable seront de la partie, ainsi que plusieurs tribus indiennes aux intérêts contradictoires, des hugenots souhaitant s'implanter sur l'île de la tortue, des chasseurs de pirates espagnols, et tant d'autres choses qui rendent ces caraïbes aussi foisonnantes. Ajoutons à ça une langue riche, et un récit déstructuré (dans une faconde typique des récits temporels, les différents paragraphes ne respectent pas notre ordre chronologique) ... Avec tout ça, comment puis-je ne pas aimer ce roman ? (parce qu'il faut bien reconnaître que je n'ai pas apprécié cette histoire). D'abord parce que j'ai eu cette impression d'un monde qui se vidait au cour de l'histoire : de moins en moins d'enjeux narratifs, de moins en moins de personnages, de moins en moins de lieux, même. Ensuite parce que Villon est dans cette histoire un témoin plus qu'un acteur. Bien sûr, Villon est capitaine pirate, et commande donc son navire. Mais il perd son navire, et se retrouve manipulé par différentes personnes. Et cette perte d'autonomie ne me convient pas vraiment. Et enfin parce que les raisons qui font que ce monde se vide ne sont jamais expliquées. On a donc affaire à un "et si" qui pourrait être intéressant, si le récit n'avait pas une fin aussi ... nihiliste : en tant que lecteur, je n'imagine pas de suite après la dernière page. Et j'ai du mal à croire qu'il ne s'agit que d'une mauvaise interprétation de ma part. J'ai vraiment eu l'impression que l'auteur cherchait à vider sa mer des caraïbes. Pourquoi ? Je n'en sais rien. Et c'est dommage, parce qu'il y avait de quoi créer un jeu très intéressant sur le hollandais volant (oui, le thème est utilisée dans cette oeuvre, mais d'une manière qui m'a plus rappelé le film Nimitz, Voyage vers l'Enfer).
Rather disappointed. It is good for this book to have non-chronological chapters, it's alright to keep one narrator throughout, to choose to have little revelations and to have an adventure style. But I think Beauverger doesn't pull it off. There is practically no characterization beyond the hero, the dialogues are clumsy, the pirate atmosphere is oversold, the style often wordy and many chapters have little substance or the scenes are repeated (prison, countless returns to Basse-Terre), it's long... I lost the grip at some point. The hero himself is quite superficial and seems to have a modern mindset which I suppose is the author giving him his thoughts. The "flowing eras" idea is not bad, some aspects like the Targui even reminded me positively of El Eternauta, but it's not well explored (the Maya part especially), and the twists at the end bring nothing.
Très bon roman, extrêmement surprenant, tant sur le fonds que sur la forme.
Stéphane Beauverger fait le choix, justifié par son propos, de présenter les chapitres de son roman dans le désordre, ou pour être plus précis, dans un ordre déchronomogique. Là où est le tour de force, c'est que malgré l'entremêlement des dates du récit et la succession apparemment anarchique des chapitres, on suit parfaitement le récit. Ajoutez à cela un texte plaisant agrémenté de personnages truculents et/ou torturés, et vous obtenez un grand moment de lecture.
Le Déchronologue, en plus d'être le navire du Capitaine Villon, est aussi un excellent livre mêlant piraterie dans les Caraïbes au XVIIe siècle et un peu de SF.
L'auteur a une plume et un sens de la formule parfait pour ce style qui m'a rappelé pourquoi j'étais fan de la saga Pirate des Caraïbes étant petit et qui m'a donné envie de ressortir ma vieille PSP et le jeu Sid Meier's Pirates pour retourner commercer avec les indiens, danser avec les filles de gouverneur et écumer Maracaibo, Carthagène et les autres ports espagnol. De l'île de la Tortue à la Floride en passant par Noj Peten, sous sa plume, les Frères de la Côte et autres Forbans reprennent vie.
Le thème (la quête des Maravillas du capitaine Villon et ce que leur existence implique) ainsi que la structure non linéaire en font un livre vraiment original et facile d'accès que j'ai particulièrement apprécié lire quand j'étais moi-même en mer. L'auteur fournit sa bibliographie concernant la flibuste dans cette région du monde ce qui explique le réalisme de ses décors et de ses personnages.
Livre abandonné au tiers, c'est rare chez moi, le dernier fut Godzilla il y a trois ou quatre ans. Histoire décousue, dans un ordre non chronologique. Hormis un personnage principal attachant, les autres protagonistes sont peu décrits. Pour une histoire non chronologique il est essentiel de tenir le lecteur en haleine avec des procédés de croisement des elipses, de mystère et de révélation. Le dechronologue est un récit du passé qui utilise des objets d'un passé plus lointain ou du futur, ou présente des rencontres brèves avec des bateaux et équipages du passé ou du future. Le problème est que ces rencontres ou possessions n'apportent rien au récit. Cela coupe le mystère et du coup l'intérêt du livre et de son découpage. Également une écriture de flibustier qu'on aimera ou pas, on est assez loin de JP Jaworski dans l'excellence des tournures de phrase. Passable, impossible de finir ce petit livre de moins de 400 pages.
Quite fascinating and original. The novel sits halfway between a truly entertaining pirate story and an even more convoluted temporal puzzle à la Tenet. It's the kind of novel I'll want to revisit down the line, and read it in a different, more linear, way. No spoiler, but the reader will soon figure out that they're reading the events in the novel in an asynchronous way, and keeping track of things is part of the appeal of the novel. A very good French sci-fi entry. Only pet peeve : the editors could have done a better job at proof-reading and fixing the non-negligible amount of syntax and grammar errors.
Bof... pas le genre de projet ni de style qui me touche. Les chapitres dans le désordre, c'est intriguant mais pas du tout au niveau de l'OULIPO, quoi que dise l'intro. Je pensais que les canons temporels amèneraient...plus. Stylistiquement et au niveau de la (dé)construction du monde. Aussi profondément saoûlée par un univers avec 2 femmes et d'innombrables "catins" sans noms ni valeur.
Pirates, adventure, journal - a great story where you follow the adventure on the sea of a Captain. I love the way where you are just reading pages in his journal, not in the chronologic order, and how things make sense progressively.
Très bonne intrigue, avec un développement qui m'a mise dans la confusion mais lq bonne confusion. J'ai adoré suivre les aventures et déboires du Capitoune Villon!