« Le Québec, mesdames et messieurs, a besoin de lecteurs, des gens qui ferment leur télé, leur radio, leur ordinateur, leur tablette, leur lecteur MP3, leur téléphone, leur montre intelligente (eh oui...), des gens qui décident courageusement de s’extraire de la cacophonie du monde contemporain, d’affronter la solitude, et de s’astreindre à la réflexion en ouvrant un livre. On dit souvent sans trop y penser que lire, c’est se réfugier hors du monde. Je pense exactement le contraire. Lire est un acte de liberté. Dans le silence, dans la solitude, nous allons librement à la rencontre d’une autre pensée, d’un autre regard sur le monde. »
Bernard Émond (born 1951) is a French-language Canadian director, screenwriter and author particularly noted for his spiritual films and documentaries on the human condition.
Emond partage une collection de textes écrits et publiés dans les 30 dernières années, les thématiques de perte, de transmission et de souveraineté culturelle résonnent malheureusement encore dans notre ère contemporaine.
Les textes sont incarnés, l'auteur se montre sensible et cherche la lumière. Une lecture nécessaire pour ceux et celles qui souhaitent prendre part activement au paysage culturel d'ici.
"La mémoire des peuples vaincus ne peut être que douloureuse [...] L'histoire est là, et elle pèse. Elle est notre charge en même temps que notre richesse."
Les textes les plus intéressants de ce recueil sont ceux qui traitent d'œuvre d'art de l'auteur ou des produits culturels de ses pairs. Les autres nous semblent peu abouties, un peu naïfs. J'apprécie habituellement les essais, je ne suis pas trop difficile avec les non-sociologues qui se tentent à des réflexions hors de leurs champs. Par contre, ici, trop de raccourcis et d'appels à la compréhension du lecteur qui tiennent sur pas grand chose.
D'ailleurs, très ennuyeux le relativisme moral entre capitalisme et communisme. Non l'histoire n'est pas terminée, elle continue de s'écrire même si elle est difficile à saisir avec nos "veilles" connaissances.
Par contre, le recueil n'est pas inintéressant, certaines formulations sont originales et même poétiques. Et oui, réhabiliter le Bien est un message auquel je peux me rallier au quotidien et qui me restera suite à ma lecture.
"Depuis quelques années, nous sommes entrés dans la démocratie de marché, c'est-à-dire un monde où l'électeur est un client à séduire plutôt qu'un citoyen à convaincre."
Sont rassemblés dans cet ouvrage une série de chroniques/textes d'opinions écrit par le cinéaste dans la décennie de 2010. Différents thèmes sont abordés mais on tourne généralement autour de notre dépendance aux réseaux sociaux et notre perte de repères collectifs, ce qui a effrité le vivre-ensemble. À mon avis, certains textes sont plus réussis que d'autres et peut-être que parfois, il aurait seulement suffit de développer davantage l'idée mais j'ai quand même trouvé les propos intéressants à lire.
"Nous aurions tort de rejeter la nostalgie que nous ressentons. Cette nostalgie est l'indice d'un manque, et dans la conscience de ce manque il y a la possibilité de regagner une partie de ce que nous avons perdu."
Bernard Émond nous fait réfléchir sur la perte de mémoire collective et le sens du sacré. Il s’interroge, et nous interpelle par le fait même, sur des aspects fondamentaux de notre société, comme la dignité humaine et les libertés individuelles versus le bien commun. Cet ouvrage comporte deux parties, soit « Le monde comme il va » et « Écriture du temps » et rassemble des textes écrits notamment pour les revues Relations et Contre-Jour, ou pour des allocutions dans le cadre d’événements. Une lecture par moment dérangeante, qui vient ébranler notre confort et nos certitudes, mais très pertinente afin de devenir des citoyens conscientisés. Lisez ce bouquin au lieu de vous laisser hypnotiser par les réseaux sociaux ou les jeux vidéos !
Bernard Émond est un intellectuel québécois que j’admire énormément. Il synthétise plusieurs élans de pensées qui m’habitent. Dans un monde de plus en plus atomisé et au sein d’une société québécoise qui voit sa culture se déliter dans une indifférence certaine, le cinéaste et essayiste discute du devoir de mémoire qui est nôtre, du respect du sacré (pas au sens religieux). Fiévreusement socialiste, Émond se fait le porteur de parole de petites gens, d’un monde évacué des écrans.
Si j’avais à émettre une critique négative, cela serait que la plaquette manque de fil rouge. Ce sont, en effet, des textes épars, qui manquent parfois de ligne directrice. Rien, toutefois, qui empêche d’aimer le travail de l’auteur.
Un point de vue qui se distingue. Une véritable réflexion sur notre quête de sens. De là à dire qu'Émond fait cavalier seul, il y a une marche. Heureusement! Dans ce receuil de textes, tout comme dans son cinéma, Bernard Émond nous invite à [re]découvrir tout le bien que nous pouvons nous faire en vivant vraiment "l'admiration" et en redevenant "attentif au monde". Le tout, évidemment, se savoure avec une lenteur incontournable pour que l'exercice prenne son sens.
Un ton résolument à contre-courant au 21e siècle, mais Ô combien satisfaisant.
Un livre fort intéressant! Émond s'attaque au contexte actuel où l'individu n'a jamais été aussi libre officiellement alors que selon lui, nous sommes plutôt soumis aux idéaux de la société de consommation qui a réussie ce qu'aucun tentative d'assimilation n'a réussie: nous faire oublier notre culture. Il évoque le fait que l'absence d'une certaine forme d'autorité pour assurer la survie de notre histoire et de notre culture est aussi une cause de l'oubli de notre passé et de notre obsession sur notre bien-être individuel et à court terme. Un livre intéressant mais auquel j'aurais retiré certains textes qui ne semblent pas se situer dans la même trame que la majorité des textes qui parlent de la problématique de l'individualisme des Temps modernes.
Blehh. Petite déception. Plus jeune et encore au début de mes lectures et réflexions, le livre d’Émond « il y a trop d’images » m’avait donner à réfléchir et j’avais beaucoup aimé. Ici, je retrouve un Bernard Émond, qui a mes yeux, a mal vieillit et n’accepte pas le changement. Pour un non croyant, je le trouve très attaché à ces bonnes vieilles valeurs chrétiennes qui selon lui semblent se perdre avec les jeux vidéos et la télé. Il nous ramène toujours la dualité du bien et du mal, comme si le monde dans lequel on vit n’est pas tout en nuance. Bref, il touche parfois des sujets pertinents, mais dès qu’il les effleure, il bifurque pour nous montrer à quel point il est difficile pour lui de s’adapter à l’époque actuelle.