Cet essai interprète ce qu'il est convenu d'appeler "la crise" sous un angle psychologique et moral. Dans son sens courant, la démoralisation renvoie à une perte de conviction et d'énergie. On peut également la comprendre comme une perte morale. L'idée centrale de l'ouvrage est qu'il existe un lien entre l'affaiblissement et la disparition de "la morale" (la prolifération des éthiques de substitution en est le symptôme le plus net) et la démoralisation comme perte de certitude et d'espoir. Historiquement lié à la démocratie et aux droits de l'homme, l'individualisme aboutit à des situations sociales d'une grande cruauté. Les valeurs morales traditionnelles sont des freins et des verrous pour la technoscience mondialisée, dont on peut montrer la foncière immoralité.
Agrégé de philosophie en 1975 et professeur de philosophie en classes de terminales de lycée de 1976 à 1999 Christian Godin est maître de conférences de philosophie à l'université de Clermont-Ferrand depuis 1999.
Il est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages parmi lesquels La Philosophie pour les Nuls aux Editions First (2006), un Dictionnaire de philosophie (Fayard/Editions du temps, 2004) et une encyclopédie philosophique en sept volumes intitulée La Totalité (Champ Vallon, 1997-2003).