L'auteur québécois nous présente ici un collage d'histoires simples et touchantes, qui abordent la vie à Montréal en 2004, la culture populaire, la vie de couple et autres sujets anodins. On reconnaît certains paysages du Québec et on retrouve en particulier deux grands panoramas représentant fidèlement la ville de Montréal et de Québec. S'insérant dans la vague récente de romans graphiques autobiographies en bande dessinée, le "coup de crayon maniaco-dépressif, tantôt simple tantôt complexe" (A. Deglise) de Jimmy Beaulieu, nous transporte dans son univers en évitant "la lourdeur de l'analyse faussement intello" (A. D.). Ce créateur, un des plus en vue du Québec actuellement, a bénéficié d'une résidence d'artiste à Angoulême en 2004-2005, où il a travaillé sur un nouvel album et a produit en ligne
Jimmy Beaulieu est né à l’Île d’Orléans (Québec) en 1974. De 1989 à 1999, il s’est bien amusé et a fait de la musique avec des machines. De 1999 à 2009, il a travaillé dans l’édition de bande dessinée en dirigeant les collections qu’il a fondées Mécanique générale et Strips (Les 400 coups) en plus de Colosse, sa propre étiquette. C’est au sein de ces collections qu’il a publié ses premiers livres (Le moral des troupes, Ma voisine en maillot…). Entretemps, il a été libraire (Pantoute, Fichtre !), critique (Radio-Canada), commissaire d’expositions, traducteur (Clumsy, de Jeffrey Brown, et adaptation en joual des dialogues de Magasin général, de Loisel & Tripp), animateur d’atelier (cégep du Vieux-Montréal), animateur de revue (Formule) et à l’occasion, mercenaire du dessin (La courte échelle, Stanké, Soulières). Depuis 2009, il se consacre à sa pratique d’auteur (À la faveur de la nuit, Comédie sentimentale pornographique…). En 2019, il va probablement se lancer dans le bas-relief ou la plomberie.
J'ai apprécié cette suite de petits récits tirés de la vie de l'auteur. Par moment, la pensée du narrateur se juxtapose avec l'histoire. Ce qui à mon sens alourdit la trame narrative.
Après avoir lu de façon très intense plusieurs grandes séries de bandes dessinées franco-belges durant mon enfance, j’ai délaissé le genre pendant plusieurs années (ah, l’adolescence!).
Le moral des troupes est un titre qui a permis de me réconcilier avec la bande dessinée à l’âge adulte (en plus des Paul de Rabagliati). L’émergence d’un nouveau courant de BD autobiographique dans lequel s’inscrivait Jimmy Beaulieu à l’époque, m’a tout de suite plu et a rejoint le jeune adulte que j’étais et qui cherchait un peu le sens qu’allait prendre sa vie.
Le moral des troupes est un collage d’histoires inspirées de la vie de Jimmy Beaulieu, qui se déroulent principalement à Québec et Montréal, il y a une vingtaine d’années. L’auteur raconte des moments et des réflexions relativement simples, mais en utilisant un style d’écriture et de dessin que j’apprécie énormément. Le rythme plutôt lent de l’histoire convient parfaitement aux anecdotes racontées dans Le moral des troupes.
Rééditées dans l’ouvrage Non-aventures, en compagnie des titres Quelques pelures et Résine de synthèse, les histoires d #Moral des troupes constituent une belle porte d’entrée pour découvrir l’univers d’un maître de la BD québécoise, Jimmy Beaulieu.