What do you think?


L'Echange
L'importance du passé est surestimée. Si les gens restaient tranquilles, tout irait mieux.
Parfois, il vaut mieux laisser tomber. C'est un épisode confus, dit le commissaire Jury, ça ne nous regarde pas. Une jeune femme, à la sortie d'un bar, en plein jour, menace un inconnu puis retourne son revolver contre elle-même et se suicide : c'est clair comme de l'eau de roche, sans danger pour les tiers. Pas la peine de s'éterniser.
Mais Guyot, le journaliste, veut comprendre. Il consulte des archives. Il lit les cahiers de la victime. Il cherche. On lui dit de laisser tomber. Il s'obstine. Il devrait regarder autour de lui. Il ne voit rien. C'est un ingénu.
Dans le bar que fréquentait la victime, il découvre une alliée, psychanalyste à la retraite, qui l'écoute en descendant des petits verres de vodka.
Les voix se multiplient. Beaucoup de coups de fil. Entre les mots, du silence. Des menaces avérées, et des passages à l'acte. Des crimes. L'atmosphère est opaque, oppressante, l'air raréfié. La mécanique de la violence est encore bien huilée, et les anciens maîtres du pouvoir policier des années 80 ont du mal à prendre leur retraite et veulent aussi parler de leurs sentiments.
Dans une prose concise et d'une densité hallucinante, l'auteur de L'Autobus livre un roman politique et métaphysique très noir, et montre les remous des âmes perverses et les alliances troubles des pouvoirs institués. Magnifique et glaçant.
Parfois, il vaut mieux laisser tomber. C'est un épisode confus, dit le commissaire Jury, ça ne nous regarde pas. Une jeune femme, à la sortie d'un bar, en plein jour, menace un inconnu puis retourne son revolver contre elle-même et se suicide : c'est clair comme de l'eau de roche, sans danger pour les tiers. Pas la peine de s'éterniser.
Mais Guyot, le journaliste, veut comprendre. Il consulte des archives. Il lit les cahiers de la victime. Il cherche. On lui dit de laisser tomber. Il s'obstine. Il devrait regarder autour de lui. Il ne voit rien. C'est un ingénu.
Dans le bar que fréquentait la victime, il découvre une alliée, psychanalyste à la retraite, qui l'écoute en descendant des petits verres de vodka.
Les voix se multiplient. Beaucoup de coups de fil. Entre les mots, du silence. Des menaces avérées, et des passages à l'acte. Des crimes. L'atmosphère est opaque, oppressante, l'air raréfié. La mécanique de la violence est encore bien huilée, et les anciens maîtres du pouvoir policier des années 80 ont du mal à prendre leur retraite et veulent aussi parler de leurs sentiments.
Dans une prose concise et d'une densité hallucinante, l'auteur de L'Autobus livre un roman politique et métaphysique très noir, et montre les remous des âmes perverses et les alliances troubles des pouvoirs institués. Magnifique et glaçant.
240 pages, Paperback
First published January 1, 2012
About the author
Eugenia Almeida
13 books52 followersEugenia Almeida was born in Córdoba, Argentina in 1972, where she teaches Literature and Communication. She has worked on theatre, radio and television productions, as well as scientific projects on humour. For her first novel EL COLECTIVO she received the Premio Las Dos Orillas in 2005, awarded biannually by the Salón del Libro Iberoamericano. Her novel LA PIEZA DEL FONDO was among the twelve finalists for the prestigious Premio Internacional de Novela Rómulo Gallegos 2011.
Ratings & Reviews
Friends & Following
Create a free account to discover what your friends think of this book!
Community Reviews
Displaying 1 - 3 of 3 reviews
May 16, 2024
Il y avait longtemps que je n’avais pas lu un roman argentin. Il m’a fallu un peu de temps pour plonger dans un certain esprit de ce pays dans lequel rien ne se dit.
J’ai aimé Guyot le journaliste qui ne laisse pas tomber ses recherches alors que les cadavres s’accumulent autour de lui : il veut savoir qui est cette jeune femme qui s’est suicidé en pleine rue après avoir visé un inconnu.
J’ai découvert l’hémérothèque, ce bâtiment dans lequel ne sont conservé que les revues et journaux. La résolution d’une partie de l’énigme passe par la consultation de ces vieux papiers.
J’ai aimé cette partie d’échec que joue Guyot avec un inconnu.
J’ai aimé la psy qu’il rencontre dans un bar et à qui il peut confier l’avancée de ses recherches. J’aurais aimé qu’elle joue un plus grand rôle à la fin du roman.
J’ai aimé que le « méchant » reste dans l’ombre jusqu’au bout et que sa véritable identité ne soit dévoilée qu’à la toute fin du récit.
J’ai aimé les courts chapitres qui commencent par un dialogue pendant lequel on ne sait pas qui parle, laissant planer un doute sur le propos. L’éclaircissement vient quelques lignes plus loin.
Un polar argentin qui m’a tenu en haleine jusqu’à la dernière page.
L’image que je retiendrai :
Celle des personnages qui ne boivent pas du café mais du maté.
https://alexmotamots.fr/lechange-euge...
J’ai aimé Guyot le journaliste qui ne laisse pas tomber ses recherches alors que les cadavres s’accumulent autour de lui : il veut savoir qui est cette jeune femme qui s’est suicidé en pleine rue après avoir visé un inconnu.
J’ai découvert l’hémérothèque, ce bâtiment dans lequel ne sont conservé que les revues et journaux. La résolution d’une partie de l’énigme passe par la consultation de ces vieux papiers.
J’ai aimé cette partie d’échec que joue Guyot avec un inconnu.
J’ai aimé la psy qu’il rencontre dans un bar et à qui il peut confier l’avancée de ses recherches. J’aurais aimé qu’elle joue un plus grand rôle à la fin du roman.
J’ai aimé que le « méchant » reste dans l’ombre jusqu’au bout et que sa véritable identité ne soit dévoilée qu’à la toute fin du récit.
J’ai aimé les courts chapitres qui commencent par un dialogue pendant lequel on ne sait pas qui parle, laissant planer un doute sur le propos. L’éclaircissement vient quelques lignes plus loin.
Un polar argentin qui m’a tenu en haleine jusqu’à la dernière page.
L’image que je retiendrai :
Celle des personnages qui ne boivent pas du café mais du maté.
https://alexmotamots.fr/lechange-euge...
May 25, 2017
J'ai essayé, vraiment. Mais c'est non je bloque. L'histoire est très intéressante mais la narration est décousue et je me suis perdue trop de fois dans les pages pour pouvoir apprécier le récit, dommage !
December 21, 2016
« Une gamine s’est suicidée. Voilà ce qui s’est passé. C’est triste. Plus triste que la pluie. Tu as eu la malchance de la voir. C’est tout. » La version officielle d’un fait divers que l’on situera dans une ville argentine ne laisse guère planer le doute sur cette mort devant témoins. Après avoir parlé avec un homme, puis l’avoir mis en joue, une jeune femme a subitement retourné l’arme contre elle.
Appelé sur les lieux, le journaliste Guyot va toutefois trouver cette affaire un peu bizarre, notamment parce que les autorités ainsi que son rédacteur en chef décident très vite qu’il ne s’est rien passé. La consigne est claire : « Ne fais pas de vagues, Guyot. Su tu deviens gênant et qu’on te chope en train de poser des questions, ça va mal tourner pour toi. »
Il n’en fallait bien entendu pas davantage pour exciter la curiosité de notre homme. Au début de son enquête, il ne cherche qu’à comprendre l’enchaînement des faits. Qui était cette Julia Montenegro ? Pourquoi n’a-t-elle pas tué l’homme qu’elle avait au bout de la gâchette ? Quelle raison supérieure a conduit les autorités à étouffer l’affaire ? Au fil des chapitres, on va voir le puzzle se mettre en place. Témoignages, bribes d’informations, coupures de presse, visite au domicile de la défunte vont permettre à Guyot de retracer la vie de Julia. Dans sa quête, il va être secondé par Vera, une psychanalyste à la retraire. Ensemble, ils vont dresser le profil d’un personnage peu recommandable qui voudrait retrouver sa virginité en confiant sa biographie à la jeune femme. Sauf que cette dernière n’entend pas non plus servir de porte-plume sans essayer de creuser un peu dans la vie de son commanditaire, « ajouter des détails à se rappeler, des idées à explorer.»
Erreur funeste ! Alors qu’« il serait très simple de résoudre le problème en pensant que Julia n’était qu’une femme chargée d’écrire des autobiographies» le journaliste s’entête et provoque de nouveaux drames. Après un chien, ce sont des interlocuteurs de Guyot qui sont retrouvés morts. C’est alors que la peur s’installe. C’est alors que l’on comprend que la dictature a laissé derrière elle quelques habitudes nauséabondes, que le «système» fonctionne toujours et que certaines vérités ne sont pas bonnes à dire, quand bien même elles émanent des bourreaux eux-mêmes.
Au fil des chapitres qui se succèdent avec leur lot de révélations, le dossier devient de plus en plus lourd, l’image de plus en plus nette et le combat de plus en plus inégal. De la police à la justice, la corruption continue à gangréner le pays et à étouffer ceux qui voudraient y mettre un terme.
Bien plus qu’un récit historique ou un essai politique, c’est une entreprise de salubrité publique racontée comme un polar que nous livre Eugenia Almeida. Pour que les loups ne finissent pas par envahir le pays, pour que les personnes de bonne volonté puissent échapper à la peste qui n’a pas été éradiquée.
http://urlz.fr/4xxG
Appelé sur les lieux, le journaliste Guyot va toutefois trouver cette affaire un peu bizarre, notamment parce que les autorités ainsi que son rédacteur en chef décident très vite qu’il ne s’est rien passé. La consigne est claire : « Ne fais pas de vagues, Guyot. Su tu deviens gênant et qu’on te chope en train de poser des questions, ça va mal tourner pour toi. »
Il n’en fallait bien entendu pas davantage pour exciter la curiosité de notre homme. Au début de son enquête, il ne cherche qu’à comprendre l’enchaînement des faits. Qui était cette Julia Montenegro ? Pourquoi n’a-t-elle pas tué l’homme qu’elle avait au bout de la gâchette ? Quelle raison supérieure a conduit les autorités à étouffer l’affaire ? Au fil des chapitres, on va voir le puzzle se mettre en place. Témoignages, bribes d’informations, coupures de presse, visite au domicile de la défunte vont permettre à Guyot de retracer la vie de Julia. Dans sa quête, il va être secondé par Vera, une psychanalyste à la retraire. Ensemble, ils vont dresser le profil d’un personnage peu recommandable qui voudrait retrouver sa virginité en confiant sa biographie à la jeune femme. Sauf que cette dernière n’entend pas non plus servir de porte-plume sans essayer de creuser un peu dans la vie de son commanditaire, « ajouter des détails à se rappeler, des idées à explorer.»
Erreur funeste ! Alors qu’« il serait très simple de résoudre le problème en pensant que Julia n’était qu’une femme chargée d’écrire des autobiographies» le journaliste s’entête et provoque de nouveaux drames. Après un chien, ce sont des interlocuteurs de Guyot qui sont retrouvés morts. C’est alors que la peur s’installe. C’est alors que l’on comprend que la dictature a laissé derrière elle quelques habitudes nauséabondes, que le «système» fonctionne toujours et que certaines vérités ne sont pas bonnes à dire, quand bien même elles émanent des bourreaux eux-mêmes.
Au fil des chapitres qui se succèdent avec leur lot de révélations, le dossier devient de plus en plus lourd, l’image de plus en plus nette et le combat de plus en plus inégal. De la police à la justice, la corruption continue à gangréner le pays et à étouffer ceux qui voudraient y mettre un terme.
Bien plus qu’un récit historique ou un essai politique, c’est une entreprise de salubrité publique racontée comme un polar que nous livre Eugenia Almeida. Pour que les loups ne finissent pas par envahir le pays, pour que les personnes de bonne volonté puissent échapper à la peste qui n’a pas été éradiquée.
http://urlz.fr/4xxG
Displaying 1 - 3 of 3 reviews



