Tour à tour psychiatre et patiente, Katherine cherche à reconstituer le visage de sa mère. Cette mère qui s’est enlevé la vie au matin du 1er août 2014 mais qui n’en finit plus d’exister, adressant à la narratrice une chanson d’outre-tombe. En faisant alterner extraits de diagnostics et souvenirs d’une relation complexe, Matricide compose une radiographie implacable du rapport à l’image dans une société que l’image obsède, de même qu’un regard sévère sur une médecine psychiatrique plus soucieuse de faire entrer les comportements dans la norme que de remonter à la source du mal. Mais il s’agit d’abord d’un livre sur l’amour qu’une jeune femme porte à sa mère, envers et contre tout et par-delà la mort.
Née en 1988, Katherine Raymond a complété en 2012 un doctorat en médecine et poursuit depuis des études postdoctorales en psychiatrie. En parallèle, elle a entrepris un certificat en création littéraire à l’Université du Québec à Montréal. Matricide est son premier roman.
Alors qu’elle dresse sans détour le portrait de sa mère et nous plonge dans l’intimité de sa mort, Katherine Raymond nous partage également son propre vécu en tant que résidence et patiente sur une unité psychiatrique. Les textes sont forts et prenants, nous gardant captifs et intéressés jusqu’à la dernière page. Ce roman d’auto-fiction en est un où le texte rend justice à l’intensité qu’annonce son titre.
sur une relation mère-fille sur le deuil sur la santé mentale sur la psychiatrie sur être psychiatre sur être malade sur être psychiatre et malade sur notre système qui au final est le plus malade sur la violence en dedans et dehors sur le désir sur la mort et sur le désir de la mort
L’amour que porte un enfant envers sa mère est particulier. Il est profond et inexplicable. Pour Katherine, il est puissant et dévastateur. Katherine Raymond connaît les ravages que peut causer la maladie mentale. Non seulement parce qu’elle est résidente en médecine psychiatrique, mais puisqu’elle a aussi été une patiente suite au suicide de sa mère. Un premier roman troublant.
L’auteure nous livre un portrait assez sombre de la psychiatrie dans un roman puissant à la prose maitrisée. L’écriture troublante de Katherine nous prend d’assaut dès le début de la lecture, pour ne plus nous lâcher. Une auteure brillante à découvrir.
La folie, la mort, la symbiose mère fille, la psychiatrie, le trouble de personnalité limite, le suicide, la beauté, l'intelligence, l'opposition forcée de ces qualités de femmes. Ce roman d'autofiction fesse, choque, défonce. L'autrice, doctorante en médecine et poursuivant un post-doctorat en psychiatrie, largue sans fard ni gant blanc un portrait de sa mère suicidée, puis son propre vécu en tant que patiente psychiatrique. Comment se souvenir de sa mère sans aborder sa part d'ombre, sans inéluctablement découvrir la sienne?
Les frontières tombent. La personne saine devient malade, eux deviennent nous, la beauté afflige, la fille devient la mère et les certitudes cessent d'exister.
Très intéressant pour le regard posé sur la condition féminine, la relation mère-fille et la santé mentale !