Si vous demandez à Dave Langevin, il vous dira que ça fait longtemps que les signes sont là. Il suffisait d’écouter les paroles, d’être attentif aux chansons qu’il faisait jouer dans la fourgonnette de l’équipe avant les matchs dans les villes voisines. Quand les abeilles tueuses déferlent sur Granby, Dave les attend déjà depuis un moment. Le coach, lui, n’a rien à faire des théories fumeuses de son assistant. Jamais il n’aurait pensé qu’une ville aussi paisible puisse devenir la scène des horreurs des derniers jours. Policier à la retraite, il sait pourtant que tout ce qui dort n’est pas tranquille, et qu’on ne se prépare jamais assez contre les dangers invisibles.
Le basketball et ses fondamentaux, c’est aussi la paranoïa d’une collègue aux comptes recevables convaincue que le mobilier bouge pendant la nuit. C’est cette chance en or pour un athlète déchu de revivre ses années de gloire. C’est le souvenir d’un âge où on croit encore qu’il y a en nous une légende sportive en puissance. C’est la révélation que tout dans le Québec ordinaire est potentiellement grandiose ou inquiétant.
William S. Messier s’intéresse au sport, mais aussi au destin de ceux et celles qui gravitent autour des vestiaires et des gymnases. Dans Le basketball et ses fondamentaux, il fait entendre les voix drôles et touchantes d’une galerie de personnages à la fois proches de nous et fondamentalement étranges, qui tous ont éprouvé, à un moment ou à un autre, l’intense conviction que c’est en racontant et en jouant qu’on se réinvente, malgré l’esprit qui s’emballe, les abeilles tueuses et les fautes personnelles.
Né en 1984, à Cowansville (Montérégie), William S. Messier a grandi dans les Cantons-de-l'Est, où il a effectué différentes jobbines en tant qu'ouvrier agricole, horticulteur et employé de la voirie. Il rédige une thèse de doctorat sur l’oralité en littérature américaine.
Chose rare dans un recueil, les nouvelles sont aussi bonnes les unes que les autres. Mentions spéciales aux Fondamentaux IV et à Wu-Tang, qui nous amène dans une Granby très inquiétante attaquée par des abeilles tueuses. C'est drôle, c'est effrayant, c'est attachant.
Juste pour l'essai A-Ok ou La capitale du bonheur, le recueil vaut la peine d'être lu.
Les fondamentaux IV m'a soufflé. Avec une grande appréciation aussi pour les notes finales sur le basketball, le hip-hop et la banlieue. Belle diversité aux niveaux des nouvelles: je ne savais pas à quoi m'attendre et j'ai aimé être ainsi déstabilisé.
Le titre de ce recueil de nouvelles m'avait beaucoup intrigué au départ. La couverture semblait proposer un contenu très proche de l'absurde et de l'humour. Je m'attendais aussi à avoir beaucoup de nouvelles sur le basketball, mais certains récits ne font qu'effleurer le sujet. Et, lorsque l'on traite de basketball, il semble plutôt servir de contexte à une tout autre fiction. En bref, j'ai plus ou moins aimé ma lecture de ce recueil jusqu'à la dernière nouvelle, « A-OK ou La Capitale du bonheur », où là, tout nous est justifié: Dommage, car mettre cette nouvelle AVANT les fictions m'auraient certainement mieux fait apprécier le recueil. Malgré tout, j'admire l'audace qu'a eu l'auteur d'écrire sur un sujet peu fréquent aujourd'hui. Seulement, j'aurais aimé que ses nouvelles soient plus « complètes »...
J'aime pas le basket, ni aucun sujet abordé dans ce drôle de livre, mais S.Messier a une plume vraiment incroyable. Je vais suivre ses parutions et ses traductions.
Un recueil hybride construit autour du thème du basketball. Il y est question de sport, d'adolescence, de nostalgie et de gangsta rap! J'ai trouvé que le thème était exploité de façon ingénieuse. C'est très bien écrit. Si j'avais moi-même été fan de basketball ou si j'avais fait partie d'une équipe sportive à l'adolescence, je crois que ç'aurait pu être un de cœur. Mais les sports d'équipe ne m'intéressent pas particulièrement, alors c'était simplement une lecture plaisante sur un sujet inusité et un incroyable throwback dans les années 90!
Une écriture brillante, une plongée complètement géniale dans l'univers du basketball avec tous ses personnages qui me manquent déjà, qui me semblaient si vrais et authentiques. J'ai adoré cette lecture, William S. Messier réussi assurément une prise de parole authentique !