Résumé : Deux femmes, aux destins liés, affrontent un mal qui rampe en elles. D’abord Daphnée, une écrivaine déchue, reconnue coupable d’un crime grave. Après avoir purgé sa peine, elle passe une décennie à vivre en forêt, jusqu’à ce que l’appel lancinant du monde des humains la rattrape. Elle revient vivre en ville, armée de son regard neuf, découvrant au passage tous les changements des dernières années. Mais elle déchante rapidement, s’apercevant que les gens, eux, sont restés foncièrement les mêmes. Elle tente de s’accrocher à Simon, son amoureux de l’époque, de connaître Joël, le fils qu’elle a dû abandonner jeune, mais là encore, un gouffre semble les séparer. Son retour à la civilisation coïncide étrangement avec une vague de suicides chez des adolescents homosexuels. En tant qu’ex-spécialiste de la question de l’intimidation à l’école, Daphnée se retrouve malgré elle au cœur d’une tempête médiatique. Voilà beaucoup de bruit dont elle se serait passée, beaucoup de bruit qui lui donne envie de retourner là d’où elle vient. Puis Valérie, la tante de Daphnée, qui s’est jadis expatriée pour mener une carrière en actuariat. Elle est maintenant une vieillarde qui perd la tête, qui montre tous les signes de la maladie d’Alzheimer. En apprenant le retour de Daphnée à Montréal, elle décide sur un coup de tête de revenir vivre au Québec, dans l’espoir de trouver un certain réconfort auprès de sa nièce. Mais rien ne se passe comme prévu. Daphnée ne se sent pas à la hauteur de la tâche, tandis que Valérie retrouve sa famille d’origine − ses aidants naturels par défaut − avec ces mêmes travers qui jadis l’avaient fait fuir. Les deux femmes devront galérer ferme pour se retrouver, l’une luttant contre la dépression, l’autre sombrant dans les affres de la maladie, jusqu’à s’effacer.
Extrait : «Pour l’instant, ne parlons pas du crime qu’elle a commis. Il y aurait de quoi fermer le livre, enfin, ça dépend des sensibilités de chacun. Peu importe. Voyons plutôt ce qui l’occupe, maintenant, quelque part dans un coin perdu du Québec. C’est un événement d’une banalité à s’en moquer, pour nous à n’en pas douter, mais à son échelle une révolution, un dépassement de soi, comme disent les adeptes de la psycho pop. Tous les jours elle marche, une infinité de pas dans la neige, elle marche et marche en terrain connu, pour tuer l’ennui, et jamais elle ne sort de sa zone de confort. Sauf aujourd’hui. Elle ne s’arrête pas à cette clôture grillagée qui la sépare de la civilisation. Elle continue son chemin.»
Description de l'auteur : Politologue de formation, Mathieu Latour incorpore dans ses oeuvres une réflexion sur la violence et les rapports de pouvoir qui s’exercent face aux individus qui détonnent quelque peu du modèle de vie généralement reconnu par la civilisation occidentale. Après avoir publié en 2015 le récit de vie d’un homosexuel amer face à son passé, L’homme de travers, il récidive avec un deuxième roman, S’effacer. Originaire de Sorel-Tracy, l’auteur habite Montréal depuis 2000.
Politologue de formation, Mathieu Latour incorpore dans ses oeuvres une réflexion sur la violence et les rapports de pouvoir qui s’exercent face aux individus qui détonnent quelque peu du modèle de vie généralement reconnu par la civilisation occidentale.
Après avoir publié en 2015 L’homme de travers et en 2017 S'effacer, il récidive avec Mixtes toujours, un troisième roman portant sur l'adoption dans le cadre de la Banque mixte du Québec. Originaire de Sorel-Tracy, l’auteur habite Montréal depuis 2000.