À 15 ans, Jean-Pierre Brouillaud apprend incidemment qu’il va perdre la vue. Comme pour répondre à l’angoisse de sa mère qu’il ne puisse pas avoir « une vie normale », il se révolte et part sur les routes. Sexe, drogue, rock’n’roll et chemins de Katmandou, Jean-Pierre Brouillaud n’aura de cesse de se prouver que la cécité n’est pas un obstacle aux découvertes et aux rencontres. Il revient sur ce que lui ont apporté ses voyages – notamment en Asie, en Afrique, en Amérique latine – et nous fait véritablement voir le monde à sa façon.
« Un homme, quand il est enfin en paix avec lui-même, a, même s’il est aveugle, un regard d’aigle. »
Jean-Pierre Brouillaud
« Jean-Pierre Brouillaud est un concentré de vie à l’état pur ; une exception en ces temps où gagne l’insignifiance. »
Patrice Franceschi
Jean-Pierre Brouillaud vit en Ardèche. Il relate depuis plusieurs années ses voyages dans son blog, « L’illusion du handicap ».
Je lis depuis plusieurs années le blog de Jean-Pierre Brouillaud, « L’illusion du handicap ». Je n’étais donc pas surprise par la teneur des aventures relatées (spoiler : elles en jettent !). Par contre, je ne m’attendais pas à découvrir un récit d’une telle qualité littéraire et d’une telle transparence émotionnelle. Si je n’avais qu’un seul mot pour décrire ce livre je dirais : éblouissant. C’est sans doute l’un des meilleurs récits de voyage en auto-stop qu’il m’ait été donné de lire. Jean-Pierre Brouillaud vous guide dans un univers sensoriel qui vous en mettra plein la vue.
À la fois autobiographie et récit d’aventures, l'ouvrage retrace candidement les chemins parcourus et les mésaventures vécues depuis ses seize ans, mais également son périple dans le handicap, depuis l’épisode marquant de la découverte impromptue de la fatalité de sa condition d’aveugle, à travers le déni, la colère et la rébellion jusqu’aux différentes phases de l’acceptation. Ce récit de vie valait déjà seul la peine d’en écrire un livre…
Mais Brouillaud pousse le vice jusqu’à nous décrire avec verve et précision les paysages qu’il n’a jamais vus, les décors olfactifs, la tendresse des mains de femme, les ambiances et les catastrophes auxquels il a fait face, insouciant et téméraire. Parfois, on vient à se demander s’il ne tenait pas assez peu à la vie pour oser se mettre autant en danger, mais en tant que lectrice et spectatrice, il est impossible de s’ennuyer. Dire que je reproche souvent aux nomades et aventuriers de passer sous silence les plus humaines de leurs aventures, là où leur cœur s’est englué et où leurs corps ont été les plus vivants... Ce récit n’a rien d’un fast-food commercial. Long, agréable et cohérent, il se déguste sur une petite semaine, un tourbillon à la fois.
Après l’avoir ainsi rencontré par ses mots, il me tarde de rencontrer ce porteur de projets qui n’a pas froid aux yeux. Et c’est ainsi que ma copie de son livre ce retrouvera en Ardèche, chez un autre handi-po(è)te pas trop loin de chez lui, lorsque je m’y rendrai... en auto-stop !
I loved this, a friend lent me this book who traveled with Jean-Pierre and I resonated with a lot of his adventures. Felt as if i felt the same pain/love/journey with him throughout the book.
Incroyable ! Lire "Aller voir ailleurs" c'est un peu cheminer le monde et la vie ... avec les yeux d'un aveugle clairvoyant.
"Et peut-être est-ce aussi là que j'ai appris que l'adjectif "normal" ne sert qu'à rassurer ceux à qui la vie fait peur. "
"Tant que tu resteras dans le déni de ce que tu vis, tant que tu resteras dans l'accusation des autres, rejetant perpétuellement sur eux la cause de ton mal-être, tu ne vivras rien d'épanouissant."