Les chirurgiens oublient souvent qu'ils doiventleur profession à un certain Félix, barbier de son état, qui, appelé endernier recours par les médecins, est parvenu à guérir en 1686 lafistule anale du Roi-Soleil. A sa demande, le souverain institua lachirurgie comme un métier à part entière, dès lors séparé de la "barberie ". Qui ne sait aujourd'hui que se laver les mains est lemoyen le plus simple d'éviter la contagion ? Pourtant, en 1850, IgnaceSemmelweis a subi toutes les avanies du monde pour avoir supplié sesconfrères de bien vouloir respecter cette règle d'hygiène évidente afinde sauver les jeunes femmes qui mouraient les unes après les autresd'infections dans les suites de couches. Sont également présentésdans cet ouvrage les acteurs d'une immense fresque : Horace Wells quidécouvre l'anesthésie mais qui finit par se suicider en prison en setranchant sans douleur l'artère fémorale grâce au chloroforme ; lebaron Larrey qui ampute jusqu'à l'épuisement les blessés le soir de labataille d'Eylau ; ou bien le vieil Hippocrate qui rédige, en pensantaux dernières paroles de Socrate, une profession de foi que tous lesmédecins répètent encore deux millénaires plus tard... C'est à ce grand voyage à travers l'histoire de la médecine que nous convie ce livre.
Excellentissime ! Histoire de la médecine et la chirurgie hasardeuse et culottée, où l'on découvre avec horreur et fascination plus ou moins morbide, quelles ont été les conditions et situations qui ont ouvert les voies de ce que sont devenus ces deux grandes institutions aujourd'hui. Pour lesquelles j'éprouve désormais un encore plus grand respect ! De Socrate à Charles Dubost en passant par l'anus du Roi Soleil et les poulets du Dr Christiaan, Jean Noël Fabiani nous fait voyager à travers les siècles qui ont vu la naissance des hommes et des femmes qui ont fait la médecine.