Né en 1550, fils d'Henri II et de Catherine de Médicis, roi à dix ans, Charles IX eut l'un des règnes les plus tragiques de notre histoire. Obsédé par le souvenir de son père et par la gloire de son grand-père François 1er brimé par une mère abusive quoique admirable, tantôt exhibé au peuple tantôt caché, souvent humilié, en butte à la jalousie de ses frères, il se cherchait lui-même. Les grands de son royaume, étant parvenus à transformer en guerre civile la querelle entre les catholiques et les protestants, se disputaient le pouvoir et rêvaient de le détrôner. Dans ce tumulte où la France faillit sombrer, au milieu d'une cour où les fastes, les trahisons, les crimes se mêlaient, il essayait de faire prévaloir la tolérance. Si on l'a accusé du massacre de la Saint-Barthélemy, sa manipulation ne fait plus aucun doute.
Georges Bordonove est né à Enghien (Seine-et-Oise) en 1920. Licencié ès lettres et en droit, il fait une double carrière : administrative (Affaires culturelles) et littéraire comme romancier, essayiste et historien. C'est d'ailleurs l'histoire qui, en dehors d'études sur Vercingétorix, Les Templiers ou encore Les Rois fous de Bavière, lui inspire les thèmes de ses ouvrages de fiction. L'imagination s'y appuie sur une solide documentation, que ce soit pour évoquer les Gaulois dans Deux Cents Chevaux dorés (Prix des Libraires 1959), les Albigeois dans Le Bûcher, le XIXe siècle dans Chien de feu (Prix Bretagne 1964) ou le XXIe dans Les Quatre Cavaliers (prix de l'Académie française 1962).