V roku 1598, keď je svätá inkvizícia považovaná za bežnú súčasť života, vydáva sa istý španielsky karmelitán – sám aktívny inkvizítor – s viacerými spolupútnikmi do Ríma, aby na vlastné oči videl toho Jediného, kto má právo „zväzovať“ a „rozväzovať“. Okrem toho má tajné poslanie: preskúmať metódy talianskych dominikánov. Po sto rokoch sa totiž v Španieloch začali prebúdzať pochybnosti, prečo sa stále nepodarilo zničiť všetkých kacírov? Prečo sa ešte vždy nájdu tvrdohlavci, ktorých k obráteniu nedokáže priviesť ani kruté mučenie? A prečo, naopak, začínajú inkvizítori čoraz viac pochybovať o úprimnom úmysle obrátených?
Sándor Márai (originally Sándor Károly Henrik Grosschmied de Mára) was a Hungarian writer and journalist. He was born in the city of Kassa in Austria-Hungary (now Košice in Slovakia) to an old family of Saxon origin who had mixed with magyars through the centuries. Through his father he was a relative of the Ország-family. In his early years, Márai travelled to and lived in Frankfurt, Berlin, and Paris and briefly considered writing in German, but eventually chose his mother language, Hungarian, for his writings. He settled in Krisztinaváros, Budapest, in 1928. In the 1930s, he gained prominence with a precise and clear realist style. He was the first person to write reviews of the work of Kafka. He wrote very enthusiastically about the Vienna Awards, in which Germany forced Czechoslovakia and Romania to give back part of the territories which Hungary lost in the Treaty of Trianon. Nevertheless, Márai was highly critical of the Nazis as such and was considered "profoundly antifascist," a dangerous position to take in wartime Hungary. Marai authored forty-six books, mostly novels, and was considered by literary critics to be one of Hungary's most influential representatives of middle class literature between the two world wars. His 1942 book Embers (Hungarian title: A gyertyák csonkig égnek, meaning "The Candles Burn Down to the Stump") expresses a nostalgia for the bygone multi-ethnic, multicultural society of the Austro-Hungarian Empire, reminiscent of the works of Joseph Roth. In 2006 an adaptation of this novel for the stage, written by Christopher Hampton, was performed in London. He also disliked the Communist regime that seized power after World War II, and left – or was driven away – in 1948. After living for some time in Italy, Márai settled in the city of San Diego, California, in the United States. He continued to write in his native language, but was not published in English until the mid-1990s. Márai's Memoir of Hungary (1944-1948) provides an interesting glimpse of post World War II Hungary under Soviet occupation. Like other memoirs by Hungarian writers and statesmen, it was first published in the West, because it could not be published in the Hungary of the post-1956 Kádár era. The English version of the memoir was published posthumously in 1996. After his wife died, Márai retreated more and more into isolation. He committed suicide by a gunshot to his head in San Diego in 1989. Largely forgotten outside of Hungary, his work (consisting of poems, novels, and diaries) has only been recently "rediscovered" and republished in French (starting in 1992), Polish, Catalan, Italian, English, German, Spanish, Portuguese, Czech, Danish, Icelandic, Korean, Dutch, and other languages too, and is now considered to be part of the European Twentieth Century literary canon.
Incroyable comme ce livre a une résonance puissante. Le narrateur est un inquisiteur zélé originaire d'Avila en Espagne et qui se rend à Rome pour y apprendre tous les raffinements de la traque et du châtiment des hérétiques. Sandor Marai l'a écrit pour dénoncer le totalitarisme nazi, et moi je ne pensais qu'à la chasse aux sorcières islamistes à laquelle on assiste aujourd'hui... Pour celleux qui doutent du caractère circulaire de l'Histoire, une petite plongée dans ce roman vous convaincra. L'écriture est très amusante, on entend le prêtre parler, n'oublier aucun détail qu'il juge important, donner son opinion sur la nourriture ou les moeurs italiennes... Il prend corps à travers le récit, tout comme Rome, autre personnage de ce conte moral.
“Cirkev Inkvizíciu prežila. Sú však choroby - kiahne, lepra - z ktorých sa človek vylieči, no predsa mu zostane tvár poďobaná, zjazvená.” Táto kniha je mrazivo pôsobivou a majstrovsky zostavenou pripomienkou nešťastnej epizódy ľudských dejín. Ak sa totiž dostane k moci náboženská či akákoľvek iná organizácia, ktorá deklaruje, že vlastní jediný a neomylný patent na nejakú absolútnu Pravdu, začína besnenie. Márai ma svojím výnimočným písaním okamžite vtiahol do deja v roku 1600, sprevádzal som španielskeho mnícha po Ríme a bol svedkom všetkého na vlastné oči, uši. Úžasne vykreslená mentalita ľudí pracujúcich pre Svätú Inkvizíciu, vyššie i nižšie postavených, ako aj atmosféra miesta a doby, kde bežne občania na námestí zatvárajú okná pred dymom z hranice, na ktorej sa zaživa škvarí ľudské mäso.
Ce roman propose l’une des versions les plus glaçantes de l’inquisition romaine, de la puissance d’un récit aberrant et absurde du dogme. Le petit frère espagnol si fier de la version espagnole de l’inquisition se voit confronter à sa version romaine. Il se voit présenter les avantages de telle torture et de tel traitement sur tel autre dans des dialogues presque surréalistes. Vient la confrontation avec une victime de cette inquisition, le signor Giordano Bruno, qu’aucune manipulation, pitrerie ou admonestation ne parvient à fléchir. Cette puissance du refus, et la confrontation avec un cardinal aussi étrange que fragile, va jeter notre petit père dans un abîme de perplexité. Un monde kafkaien ou les plus absurdes accusations côtoient les théories les plus sinistres. La contre reforme dans sa gloire la plus sombre.
Une lecture qui emmène à une période trouble de l'histoire : l'Inquisition. Mieux encore, la vision conflictuelle de l'Inquisition espagnol et romaine.
Peu de dialogue, un long récit où l'on suit un personnage qui ne remet jamais en doute ses préceptes avant la fin. J'aurais aimé un face à face avec ce fameux hérétique annoncé dès la quatrième de couverture. Mais j'ai beaucoup aimé cette dissonance entre la fascination que voue le personnage à d'autres, et les paroles immondes pour démontrer l'idéologie de l'Inquisition.
Parada. Giordano Bruno je uzasna postava. Zaujimave na nom je, ze uhadol vesmir bez vedeckeho badania. Marai pozera na inkviziciu pod netradicnym uhlom. Mozno si inkvizitori naozaj mysleli, ze oni zachranuju duse.
Grand livre sur l’Inquisition, métaphore du totalitarisme soviétique qui veut mettre l’éteignoir sur la réflexion individuelle grâce à un appareil de répression bien huilé qui broie les hommes en les amenant jusqu’à la mort.
Il s'agit d'une longue lettre qu'un carme espagnol envoie à l'un de ses anciens condisciples pour expliquer pourquoi il ne reviendra pas à Avila et pourquoi il s'installe à Genève, ville de l'hérésie calviniste. Il est parti à Rome pour parfaire ses connaissances ès Inquisition. Et nous voilà plongés dans les pensées d'un apprenti inquisiteur, persuadé de sa bonne foi et de la valeur de ses croyances. Jusqu'au bout, nous le verrons sans aucun jugement sur le Saint Office et l'Inquisition qu'il ne remet aucunement en question. C'est difficile à lire à la longue car la volonté de contrôle des inquisiteur va jusqu'à la folie parfois. Il finit juste par accepter le fait qu'ils sont futiles et inutiles car toujours surgit quelqu'un qui, tel Giordano Bruno, revendique la liberté de penser jusqu'au bout de la prison et de la torture.
Car ce livre sans intrigue ni bouleversement est un réquisitoire contre les totalitarismes de tous bords et contre tous ceux qui veulent empêcher les hommes de penser, persuadés qu'ils sont que l'homme n'est pas fait pour supporter la liberté comme le dit l'Inquisiteur de Dostoïevski. de Giordano Bruno, rencontré quelques heures seulement avant sa mort, nous n'entendrons pas une parole, nous ne rencontrerons pas le regard. Et pourtant…
Du début à la fin, nous sommes pris dans un double discours qui tisse à la fois l'acceptation de l'Inquisition et la critique sous-jacente du totalitarisme - ce qui nous met à une place inconfortable.