Je trouve que ça fait du bien de voir de tels personnages féminins.
Les modèles d'émancipation féminine dans la littérature ne m'ont jamais réellement satisfaite : les femmes qui s'émancipent par l'adultère pour être punies à la fin du roman, c'est tout de même pas ce qu'on peut espérer de mieux.
Dans Gabrielle de Marie Laberge, on rencontre des personnages, Gabrielle surtout, qui cherche la liberté partout. Pas seulement la liberté sexuelle, mais aussi celle de pouvoir choisir son mari par amour, celle de pouvoir éduquer ses enfants comme elle veut et pas selon des principes étriqués, celle de pouvoir aider, celle de pouvoir signer un document sans son mari, celle de pouvoir voter, celle de pouvoir accéder à la contraception, celle d'aider les autres, celle de pouvoir divorcer d'un mari abusif, celle de se battre pour toutes les femmes, pour les enfants, pour celleux qui vivent dans la misère.
Voilà enfin des personnages féminins qui puisent tout leur intérêt dans leur interaction les unes aux autres. Dans leur questionnement, aussi, leur marchandage avec Dieu, car leur émancipation ne se fait pas d'un coup, elle ne se fait pas sans culpabilisation, sans doute, sans résistance. Ca en fait des personnages complexes.
En tout cas, les femmes ne sont pas là en tant que faire-valoir des hommes, et c'est assez rare pour être souligné !!
Cela dit, les interactions avec les personnages masculins sont bien aussi : l'histoire d'amour de Gabrielle et Edward est l'une des plus belles que j'ai lue. Et pour une fois dans une fiction : c'est une relation saine, qui ne romance pas des comportements abusifs. Leur relation est basée sur la communication.
Pour toutes ces raisons je pense que ce roman est bon en terme de représentation.
Et en plus de tout ça, les personnages sont attachant.es, iels sont la raison de mon coup de coeur pour ce roman.