Adulé par tous ses sujets, le prince Childéric n’imaginait pas tomber si bas : il rêvait d’une belle épouse et d’une vie digne de sa pureté, une fée l’a rendu abominablement laid. S’il ne trouve personne pour l’aimer avant son vingt-sixième anniversaire, le sort le privera de sa grâce à jamais. Comble du malheur, il ne reste au château qu’une soubrette qui lui inspire autant de désir que de mépris. L’arrivée d’un jeune homme perdu sur les traces de son père pourrait faire tout basculer.
Inspiré par différentes versions de La Belle et la Bête, La Belle contre l’Angelet révise les codes modernes du conte comme ses origines mondaines. Dans un univers faussement naïf où une intrigue peut en cacher une autre, chaque personnage devra apprendre à contourner ses valeurs pour que ses intérêts triomphent.
Pour moi, c’est un coup de cœur : ce roman est passionnant, il est addictif, il est bien écrit et surtout sombre à souhait. Je me suis régalée. http://psylook.kimengumi.fr/2017/05/2...
Alors, déjà je tiens à dire que j'ai beaucoup aimé la plume de l'auteure, parfaite pour un conte ! Celui ci est assez original et j'ai beaucoup aimé l'idée qu'aucun personnage n'est vraiment " bon". Le prince (aka la victime) apparait d'entrée de jeu très vain et narcissique (sans oublier sa cruauté), la belle est une revancharde prête à tout pour se venger quand à l'angelet, il finit par envoyer paitre tous ceux qui dépendent de lui pour assurer son propre bonheur ! L'intervention de Melisande est bien amenée et expliquée et j'ai beaucoup apprécié les différentes relations entre les personnages, notamment celle de Angelet et de Childeric très réussie même si Childéric ne tire au final aucune leçon de sa punition ! De la même façon, j'ai bien aimé la remarque sur le fait que la Belle, aussi... vengeresse qu'elle l'était s'était révélée bonne pour le peuple. Au final , sans donner trop de spoiler on a un conte cruel à la morale douteuse mais qui est très réussi !
Ce que j'aime : la plume de l'auteure qui permet de rentrer dans l'histoire de suite, le scénario
Ce que j'aime moins : j'aurais aimé connaitre l'avenir de l'enfant
En bref : Un conte réussi et amoral où aucun personnage n'est vraiment parfait et dont la fin est loin de celles observées habituellement. Original et bien écrit !
On pourrait se contenter de décrire la Belle contre l'Angelet comme une réécriture de la Belle et la Bête, mais ce serait terriblement réducteur. Ce roman est un objet littéraire en soi, il ne doit rien à personne. D'abord il y a ce style, impeccable, sans fioriture, duquel ressortent quelques pépites de fluidité et de précision. Si Barbara Cordier maîtrise à la perfection l'exercice délicat de l'emprunt stylistique historique (ici le XVIIIe siècle), elle parvient également à polir son écriture pour y donner un goût de moderne qui fait de la Belle contre l'Angelet une lecture étrangement satisfaisante. À aucun moment on ne bute sur une expression ou une phrase un peu confuse. Même si l'on faisait abstraction de ses nombreuses autres qualités, le roman vaudrait le détour uniquement pour cet aspect-là. Les codes du conte sont parfois repris de façon parodique, mais jamais dans l'excès et toujours pour servir le propos. Les deux premiers chapitres sont notamment un modèle du genre, avec la déchéance d'un prince borné qui croit fort en sa propre vertu et peine à trouver une compagne qu'il juge à sa hauteur. Ensuite, il y a cette finesse dans la psychologie des personnages. Aux deux personnages principaux du conte original s'ajoute Angelet, un personnage particulièrement réussi qui portera à lui seul une des morales de l'œuvre et auquel on s'attache tout particulièrement malgré les défauts (parmi lesquels sa grande naïveté initiale). Comme le laisse pressentir le titre, il viendra également semer la confusion dans les rôles et ajouter d'intéressantes ficelles scénaristiques. Si le traitement des personnages principaux n'est pas égal (on ne saurait le reprocher), on apprécie le développement soigné qui est donné à chacun d'entre eux. Enfin il y a la morale, double et cynique. La première emprunte au conte original, mais ne suit pas les lieux communs auxquels on est habitués. La deuxième déconstruit savamment les codes du conte et de la romance en général. On tourne la dernière page avec déception, non parce que la fin est ratée (au contraire, elle est le point de départ d'une réflexion qui peut rapidement pousser à reprendre le livre en main), mais parce qu'on se sent arraché d'un univers simpliste en apparence, mais diablement efficace quant à la façon dont il est abordé et dont l'auteur y intègre ses personnages.