Dans son village de la République socialiste de Roumanie, une petite fille recueille soigneusement les cadavres d’insectes. Les ruches qui cernent la maison rebutent les agents de la police secrète, qui espacent leurs visites. Ici, la France est le haut lieu de la culture, le grand rêve. La petite fille apprend l’écriture, le piano, mais aussi comment départager les étrangers des compatriotes à la plage, économiser le sucre et le café. Jeune adulte, elle émigre avec son fils à Montréal, où son accent détonne, où les fruits mûrs sont remplacés par les céréales colorées du supermarché, et où il faut, encore une fois, tâcher de retrouver l’ordre du monde. Enterrer pour de bon le cortège d’abeilles de l’enfance. Dans une langue inventive et poétique, Alina Dumitrescu raconte la difficulté d’habiter à la fois un lieu réel et un lieu rêvé.
Numele meu este Alina Dumitrescu, sunt nascuta in Bucuresti acum destul de multi ani si nu sunt un scriitor consacrat. Ci doar un foarte bun povestitor, care are ceva de spus.
Legatura mea cu scrisul nu are un inceput si, sper, nici un sfarsit. Este ceva ce exista si va disparea odata cu mine. Singurul lucru care imi place la fel de mult ca scrisul este sa citesc, iar descoperirea unei carti pe care nu o poti lasa din mana, sentimentul pe care il simti cand atunci cand cartea care iti place continua cu un volum nou, sunt micile sau marile mele bucurii.
Daca randurile pe care le-am scris vor aduce astfel de bucurii celor care le vor citi, pot sa spun ca voi fi fericita.
J'ai osé « pousser la porte » pour entrer dans ce « récit » dont je trouve le style très poétique et qui comporte trois illustrations d’Edwin Stanculescu (à admirer pages 105, 125, 181). Quel émerveillement doux-amer ! Le goût du miel. Cette phrase de début est très intrigante « Aller à Paris, réparer l’erreur d’origine ». Les origines sont roumaines et je m'y suis retrouvée. Les affres linguistiques de l'exil. Certaines phrases sont répétées, comme une lancinante prière censée faire revivre le passé enfoui dans la langue maternelle devenue simple « langue de la mère ». Fils rouges. Des souvenirs d'enfance évoqués avec une tendre nostalgie. Entre autres cette « professeure de cours de français privés » (cf. p. 42) qui a fait les frais de l'hostilité que manifestait le communisme envers « l'étranger » : « Assignés à résidence au village, elle et son turban suintent la subversion. » ou les « géraniums écarlates » (p. 51). Plus tard, l'eau-de-vie de prune de l'oncle Sacha (p. 57) et son « alambic illégal ». Le ton ne manque pas d'humour. Remarquable portrait au vitriol de Eugène Ionesco, p. 113. Émouvante évocation du terrible tremblement de terre du 4 mars 1977 (p. 130-134). Univers kafkaïen de l'administration roumaine sous le communisme avec « [c]es paquets de café devenus une monnaie d’échange, des lingots plutôt » (p. 162). J'ai lu beaucoup de livres écrits pas des exilés roumains qui abordent la vie sous le communisme et ses pénuries, ses entraves à la liberté, mais celui-ci m'a marqué davantage par son aspect résolument universel, par sa douce poésie. Bref, un livre que j'ai adoré, comme cette citation qui le résume si bien : « Pour ne pas tomber, j’ai caché dans mes souliers les poids de l’enfance : à gauche, des cailloux de la rivière miraculeuse aux poissons glissants et chatoyants. À droite, la lourde odeur de l’étable et du lait fumant. Le son des cloches et des sabots des vaches qui rentrent seules du pâturage. » (p. 183)
Canada is a country of immigrants, but in my lifetime it seems that there is little patience or compassion for those who arrive. Pain or struggle should be shelved and forgotten in favour of the preferred narrative for successful bootstrappers. This autobiographical novel is set out as the diary of a woman who arrives in Montreal at 19 from Romania. The first two-thirds detail her childhood memories, parts that shaped her into the woman who sought a different future for herself and her child. There is a lot about language. Mixed language, lost meanings, the difference between "France French" and the French spoken in Montreal, mingled with her native Romanian. "Neither fish nor fowl, my brain is bewildered by the effort of just getting to the words." The disconnect when she tries to speak to her son in Romanian about his life in French and he cries because he does not have the words to answer. The final third of this slim book summarizes her immersion into Quebec: the pain and struggle, the heartache of missing smells, foods, the house of her childhood. The resignation that "we always emigrate for the children" and "I'm out of line, out of lineage. Out of my continent, too." It's heartbreaking. Yet I suspect that many people may not make it to the powerful final third. It would have been helpful to include more context of the Ceausescu regime and way earlier. I suspect the Communist dictatorship is a footnote in history that most readers know nothing about. Part of the reason I picked up this book was to gain understanding of headlines that are only a vague recollection from 35 years ago. And that's still missing.