" Les philosophes reconstruiraient. La lumière de leur raison dissiperait les grandes masses d'ombre dont la terre était couverte; ils retrouveraient le plan de la nature et n'auraient qu'à le suivre pour retrouver le bonheur perdu. Ils institueraient un nouveau droit, qui n'aurait plus rien à voir avec le droit divin; une nouvelle morale indépendante de toute théologie; une nouvelle politique, qui transformerait les sujets en citoyens. afin d'empêcher leurs enfants de retomber dans les erreurs anciennes, ils donneraient de nouveaux principes à l'éducation. Alors le ciel descendrait sur la terre. Dans les beaux édifices clairs qu'ils auraient bâtis prospéreraient des générations qui n'auraient plus besoin de chercher hors d'elles-mêmes leurs raisons d'être, leur grandeur et leur félicité. "
Paul Hazard, mort en 1944, fut professeur au Collège de France et fonda la Revue de littérature comparée. Ses deux principaux livres, La Crise de la conscience européenne et La Pensée européenne au XVIIIe siècle sont désormais des classiques de l'histoire littéraire.
Paul Hazard was an eminent French historian of ideas and a pioneering scholar of comparative literature. After teaching at the University of Lyon and the Sorbonne, he was appointed to the chair of comparative literature at the Collège de France in 1925 and in 1940 was elected to the French Academy. From 1932 on Hazard also taught at regular intervals at Columbia University, and he was in New York when the Nazis occupied France in 1941. He immediately returned to France to assume the rectorship of the University of Paris but was rejected for the position by the Nazis. Hazard’s reputation rests on two major works of intellectual history: The Crisis of the European Mind, from 1935, and its sequel, European Thought in the Eighteenth Century: From Montesquieu to Lessing, published posthumously in 1946.