Pour commencer j'ai eu du mal à rentrer dans l'histoire car au départ le style est assez soutenu, voire pompeux, on a droit a plein de détails peu intéressant sur la vie d'Aymon à Paris, mais une fois le départ du voyage amorcé (au bout d'une quarantaine de pages) le problème s'efface et n'est plus un obstacle à la lecture ce qui m'a permis d'enfin rentrer dans l'histoire. Je n'ai jamais accroché plus que ça au personnage d'Aymon mais je pense que c'est voulu et on suit en même temps toute une bande debeatniks un peu paumés qui donnent à voir une faune étrange mais agréable à suivre dans leurs errances sur le vieux continent. J'ai eu une tendresse particulière pour certains personnages comme Anji et sa fragilité ou Kilian le musicien écorché, qui apportent une jolie dose de mystère et de délicatesse au récit.
Et là vient LA comparaison avec le chef d'oeuvre du road trip Beatnik : Sur la Route, of course! Et le bât blesse, car si vous avez déjà lu le monument de Kerouac il est impossible de ne pas faire la comparaison et de voir en Aucun été n'est éternel qu'une pâle copie de son auguste grand frère. J'aurais aimé lire ce roman pour ce qu'il est mais ce fut impossible pour moi. Quand la folle bande de Cassady vit passionnément, à la folie, la bande d'Aymon agit par ennui et ce dernier ne fait que suivre le mouvement en traînant des pieds. Quand la drogue Sur la Route est une addiction mais aussi un moteur de l'action, une motivation même, dans Aucun été n'est éternel elle ne pousse qu'à l'indolence. Et enfin, quand la vie transpire de chaque mot de Jack Kerouac on ne la trouve pas au détour des pages de Mr Chateaureynard.
J'aurais vraiment aimé apprécier ce livre et j'étais finalement plutôt bien partie pour, mais un élément de la fin m'a littéralement révulsée et plombé toute ma lecture (une scène brève mais particulièrement glauque à mon goût). Même après avoir terminé le livre, Aucun été n'est éternel m'a laissé un arrière goût amer car il manque une sacré étincelle de vie à ce livre, pour moi le voyage c'est la passion de vivre hors ici je n'ai vu que des braises tièdes qui se meurent faute de fougue.