Fiévreuse, affamée et rompue, la poésie de Rose Eliceiry tente de résister à cette grande mascarade qu'est notre époque par le truchement de la beauté, du désir, de l'affection et de la violence, par ce qui fait encore de nous des êtres empreints d'humanité.
Là où fuit le monde en lumière, c’est une chute dans le vide alors que tout autour semble se disloquer, ne laissant sur le sol que les débris d’une fête ; c’est une adjuration à l’amour pour ne pas devenir évanescents et possiblement rejoindre ce lieu où la lumière perdure.
nous ne savons plus recueillir ce qui s'étiole pour quelle saison tomber, se relever si peu se faire les funérailles de tous les bourgeons dans les arbres et rire encore de durer, si brutal dans le ventre des métropoles
Née à Québec en 1985, Rose Eliceiry s'implique dans le milieu poétique montréalais depuis quelques années. Étant attachée à une poésie de l'oralité, elle a offert plusieurs prestations de ses textes au Québec et ailleurs. On a notamment pu la voir et l'entendre lors du Festival Voix d'Amériques en 2009 et de la Nuit de la Poésie 2010. À l'étranger, elle a pris le micro au Errobiko Festibala de Bayonne ainsi qu'au Festival International de la Poésie de Namur. Parallèlement à sa pratique d'écriture, elle complète une Maitrise en Études Littéraires. Elle a publié en 2011 son premier recueil Hommes et chiens confondus aux Éditions de l'Écrou.
3.7 ⭐️ Bien apprécié ce court texte de poésie! La couture de ses mots mon évoqué quelques brins de nostalgie, surtout lié à la nature, et ça m’a bien plus<3
La poésie de Rose Eliceiry, par moments, me serre si fort dans le ventre qu’elle me rappelle que je fais partie du monde. Il y a une délicatesse brute et une simplicité désarmante dans ce recueil. Malgré que la fête est finie et que la peau s’alourdit, vieillir collés a son charme.
“on ira dimanche soir boire du vin blanc au parc manger des sandwichs au jambon se raconter tout ce qu’on a perdu et finir un peu saouls dans le prolongement du monde
on ira fabriquer des ruelles à même les trottoirs oublier ce qu’on a perdu et s’endormir l’un sur l’autre dans le prolongement du monde”