Me voici perplexe.
J’ai adoré suivre Tom, Pigsmeat et Flora. Leur enfance au bord de la frontière, sur des territoires qui ne sont pas encore les Etats-Unis, peuplés de brutes. Pillages, viols, massacres, meurtres, esclavage... les paysages déserts et les prairies indomptées sont livrées à une violence innommable. Une terre de non-droit.
Au milieu de ce chaos, trois personnages aussi brutaux que désabusés, en errance, dont les routes se croisent jusqu’à ne devenir qu’une.
La description d’un mode de vie frôlant le survivalisme western et d’une nature hostile et inviolée, est splendide. Il n’y aura ni repos, ni refuge, pour notre trio.
Sur la forme, je me suis perdue dans les retours en arrière et les séquences de scènes dans différentes timelines, presque façon « pulp fiction », où une scène, ses prémisses et ses conséquences sont détachées les unes des autres, parfois narrées dans le désordre, et mélangées à d’autres scènes qui sont elles aussi découpées. Je regrette un peu ce choix narratif, qui m’a surtout embrouillée.
Sinon, la quatrième de couverture est trompeuse. Le sujet n’est pas l’épopée de Flora, Tom et Pigsmeat vers le Mexique avec un cadavre dans leur chariot... cette séquence ne débute qu’à la page 265 sur 350, donc uniquement le quart final du livre. Les 3/4 restants, c’est le parcours de chacun des trois avant cette rencontre. J’espérais donc un récit peut-être féministe, sur l’émancipation et la vengeance d’une femme dans un monde esclavagiste et brutal, sur des hommes qui l’ont brutalisée. C’est ce que laisse entendre le résumé.
En vrai, c’est moins le sujet du livre que l’enfance houleuse de Tom Hawkins. A ce niveau, je suis quand même déçue.
Quatre étoiles néanmoins parce que malgré ces quelques réserves, c’est un roman passionnant et délicieusement cynique, que j’ai adoré lire.