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La Beauté malade

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“L’histoire de notre époque est l’histoire nauséeuse et répugnante de la crucifixion du corps procréateur au profit de la glorification de l’esprit, de la conscience mentale. Platon en a été l’archiprêtre. L’art, cette servante, a humblement et honnêtement contribué à cette infamie pendant au moins trois mille ans. La Renaissance a percé de sa lance le flanc du corps déjà crucifié, et la syphilis a versé du poison dans la blessure. Il a fallu trois cents ans pour venir à bout du corps, mais au XIXe siècle il est devenu un cadavre, un cadavre doté d’un esprit anormalement actif, et aujourd’hui il pue.”

La Beauté malade est la longue introduction que, peu de temps avant sa mort, Lawrence rédigea pour le catalogue de ses peintures. Il porte un jugement sans appel sur cinq siècles de civilisation occidentale, accusés d’avoir introduit la terreur de la vie sexuelle dans les esprits et, conséquemment, empêché les artistes de représenter les êtres et les choses dans toute leur présence charnelle. Seul Cézanne, avec ses pommes, a réussi – partiellement – à échapper aux limites imposées par l’esprit. Le texte de Lawrence est suivi de la reproduction en couleurs de ses étonnants tableaux.

Traduit de l'anglais par Claire Malroux.

96 pages, Paperback

First published January 1, 1964

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About the author

Mervyn Levy

31 books1 follower
British artist, art teacher, and writer on art.

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Displaying 1 of 1 review
Profile Image for Raphaël.
22 reviews2 followers
May 31, 2017
Le présupposé de départ de D. H. Lawrence n'est pas absurde: il s'agit d'une critique de ce qu'il perçoit comme une peur essentielle du corps chez les artistes peintres britanniques et américains. Cependant, à plusieurs reprises dans l'essai, Lawrence semble victime de deux défauts: tout d'abord, une certaine tendance à mettre dans le même sac de nombreux artistes, certains n'ont aucune réticence à représenter le corps (sa critique des Préraphaélites notamment ne prend absolument pas en compte la dimension poétique de leur oeuvre, pourtant indissociable de leurs tableaux); ce qui est en fait un simple choix esthétique est catégorisé sans discernement comme de la pudibonderie ou de l'effroi, et Lawrence paraît parfois prétendre que certains peintres devraient plus souvent se frotter au corps pour devenir de vrais artistes, comme si la débauche charnelle était absolument indispensable à la production d'un art de qualité... Le deuxième défaut de Lawrence semble être un oubli total de tous les paramètres qui ne relèvent pas du corps et de sa perception, mais qui sont pourtant importants et influents dans les arts: la religion par exemple, quand il parle de la pudeur des pays nordiques après le 17ème siècle.
Au final, plus que d'une critique pertinente et justifiée de l'art britannique, il s'agit là d'un éloge de certains artistes français, produit en développant une réflexion sur l'oeil du peintre et la façon de voir le monde.
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