C’est samedi et on se retrouve avec la chronique du premier tome de la dernière saga en date des CamHug, c’est-à-dire le duo d’auteurs Jérôme Camut et Nathalie Hug qui écrivent à quatre mains depuis un petit moment déjà. Connus pour la saga W3, ils proposent généralement des histoires fortes, tout à fait dans l’air du temps, et j’avais très envie de découvrir leur univers. Eh bien, c’est chose faite avec Islanova, et je ne le regrette pas une seconde.
L’histoire se déroule en 2025, autant dire demain. On suit les membres d’une famille recomposée : Vanda et son fils Leny, puis Julian et sa fille Charlie. Tout irait bien dans le meilleur des mondes si un jour, en rentrant chez lui, Julian ne retrouvait pas sa fille au lit avec son beau-fils. Dire qu’il réagit mal serait un bel euphémisme ! Les deux jeunes gens se braquent et font une fugue pour se rendre sur l’île d’Oléron dans une ZAD, une Zone À Défendre, où sévissent des extrémistes écologistes sous la férule d’un leader charismatique du nom de Vertigo.
C’est donc bien à un thriller écologique que nous avons à faire ici. C’est un roman très dense, aux nombreux personnages, qui aborde des thématiques très actuelles, notamment le manque d’eau potable dans les pays défavorisés induisant la mort de millions d’enfants. On suit Charlie dans sa radicalisation et les autres membres de sa famille qui vont essayer, par des moyens divers et variés, de la sortir de là.
Islanova est certes un gros pavé de plus de 700 pages, mais c’est aussi un texte très dynamique, aux chapitres très courts et truffés d’action. C’est l’histoire d’une révolution, et comme n’importe quelle révolution, elle ne se fait pas sans sacrifice. Cela fait réfléchir. On ne s’ennuie pas une minute, d’autant plus que les personnages sont tous très intrigants. Il n’y a pas de manichéisme, la plupart ont leurs bons côtés comme leurs mauvais, et si la cause que servent ces écologistes est louable, on ne peut que désapprouver leur méthode, mais en existe-t-il d’autre ?
C’est un roman véritablement engagé mais aussi dénué de jugement. Les deux auteurs relatent des faits, exposent les arguments des uns et des autres, et le lecteur a bien du mal à prendre parti. Un roman où la violence est prépondérante, qui se veut d’anticipation mais qui, par bien des côtés, nous parle de nous. Une prise de conscience ou, à défaut, un excellent moment de lecture.