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Cartographie de l'oubli

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« J’étais jeune et je découvrais à quel point l’Histoire qu’on maintient vivante est modulable et subjective. Le Sud-Ouest africain a été une répétition avant le grand bal. La modernité avant l’heure. Mais personne ne voulait m’écouter. »

 

1889. Jakob Ackermann et une vingtaine de soldats allemands débarquent dans le Sud-Ouest africain. Ils ont pour mission de créer une colonie de peuplement. Ils s’imaginent être des bâtisseurs, l’étendard de la modernité.

2004. En marge d’une journée commémorant le massacre des Hereros, un jeune métis namibien interroge son passé. Comme son pays, il est fait de contradictions, de violences. Il est l’héritier de ce qui n’aurait pas dû être.

 

L’un pense écrire l’Histoire, l’autre la questionne. Leurs voix se répondent. Elles racontent le destin de ces hommes et de cette terre convoitée, conquise, ravagée, où le XXe siècle est peut-être né.

516 pages, Paperback

Published August 1, 2016

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About the author

Niels Labuzan

6 books2 followers

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Community Reviews

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Displaying 1 - 6 of 6 reviews
Profile Image for Elodie Drt.
320 reviews10 followers
July 21, 2017
Âmes sensibles s'abstenir. Ce livre contient des passages qui ne sont pas faciles. Il en effet question du génocide des Héréros et des Namas dont je n'ai malheureusement jamais entendu parler et pourtant il est considéré comme le premier génocide du XXème siècle. 

Colonialisme et génocide
Jakob, jeune soldat allemand défiguré, est envoyé en Afrique du Sud afin de traiter avec les tribus présentes. En effet, l’Empire allemand dirigé par Guillaume II, de part sa politique expansionniste, envoie son armée réclamer des territoires africain. Jakob pense qu'il va apporter la modernité et le savoir-faire allemand aux populations africaines et qu’il s’agira d’une coopération. Très vite il comprend que ce ne sera pas le cas. Les allemands se montrent violent envers les indigènes et les forcent à signer des traités de paix, alors qu’ils sont les envahisseurs. Ils prennent le bétail, les terres et les hommes. Les Namas et Héréros n’ont plus de terres, de possession et sont forcés à travailler pour les allemands afin de survivre.
Certains ont tenté la rébellion malheureusement les allemands sont mieux équipés et les machettes ou couteaux ne font pas le poids face aux armes.

Dans l’histoire on en parle comme le premier génocide. Pour contenir les indigènes les allemands ont construit des camps qu’ils appelaient « réserve ». Les entreprises venaient puiser dans ces camps pour obtenir de la main d'oeuvre et faire avancer les grands chantier comme la ligne de chemin de fer. Ces camps ne retireront pas le désir d’indépendance des indigènes qui se rebelleront à nouveau. C'est à ce moment que l'Empire prend des mesures radicales en envoyant le général Lothar von Trotha avec pour mot d'ordre : aucun survivant…

Le travail de la mémoire
En parallèle, on suit la venue d’un jeune métis namibien à la commémoration du massacre de Waterberg. Ses origines allemandes le perturbe du aux horreurs que ce pays a perpétrées en Namibie. Origines et passé qu'il a tenu à l'écart jusqu'à aujourd'hui. Ce personnage montre à quel point le travail de mémoire et de reconnaissance est difficile mais important pour les victimes directe ou indirecte de ce génocide. Beaucoup ont perdu leur identité et ne savent plus qui ils sont. Le massacre, puis l'apartheid qu'il y a eu ont créé des fractures dans le pays. 

Jakob et Brunhilde
Il s'agit sans doute des personnages les plus intéressants. Brunhilde est une jeune femme blanche habitant à Lüderitz. Jakob la rencontre alors qu'il est en mission dans cette ville. Elle lui expose ses vues sur la guerre : le fait que les allemands sont les envahisseurs et que ces terres sont avant tout africaines, et elle ne cessera de le répéter jusqu’à la fin.

Quant à Jakob, on va suivre ce personnage sur plus de trente ans. De son début sur le territoire africain jusqu’à l’après-guerre. Jamais il ne s’oppose à la hiérarchie malgré sa intérêt pour la population, la culture africaine et la compréhension face au mal qu’il leur fait. Il est intéressant de voir comment la nature humaine peut changer quand l’environnement devient plus dure et surtout suivre l’évolution de Jakob.

D’ailleurs deux citations m’ont particulièrement choquées. La première concerne des victimes :

"Allez prévenir Heinz. Qu’il sorte un peu la tête de l’eau. Tuez un homme n’est
pas une chose si affreuse, ce n’était même pas un blanc."

 
La deuxième concerne la troupe de soldat après le massacre d’un village. Cette même troupe qui avant la mission tremblait de peur à l’idée d’appuyer sur la gâchette se trouve comme grisée après :

"Les soldats du Reich avaient soif de sang. Une fois qu’on a la certitude d’être le plus fort, tout change. Les plus peureux se sentent galvanisés par la facilité du combat et en demandaient plus (…) Les Namas qui souhaitaient se rendre étaient abattus sans distinction. La pitié n’avait pas lieu d’être. Enfants, femmes, vieillards, tous réunis en une seule catégorie à abattre."


En somme, cette livre est une belle surprise. Il m'a permis de découvrir une partie de l’histoire coloniale du Sud-Ouest africain de manière agréable. En effet, l'écriture de Niels Labuzan est fluide et le bouquin se lit très rapidement. Les noms et lieux utilisés sont véridiques ce qui nous permet d'apprendre sans s'en rendre compte. Je vous le conseille vivement !
Profile Image for MaelleMaud.
778 reviews2 followers
January 13, 2018
Lecture difficile. A cause du contenu bien sûr, colonisation du sud-ouest africain, racisme, tortures, génocide... Mais aussi de la forme avec le mélange de personnages et d’époques. C’est justifié par le thème de la recherche des origines et la reconnaissance du passé mais à l’arrivée j’ai surtout ressenti de la confusion et du dégoût. Difficile donc. Sans doute nécessaire cela dit.
Profile Image for Alain.
1,104 reviews
November 11, 2018
l'histoire en 2 temps de la colonisation allemande de la Namibie, du génocide des Hereros, et de son souvenir 100 ans plus tard. Période oubliée, passionnante à resituer, même si glaçant et peut être prémonitoire.
Profile Image for Francois-Xavier BEAU.
14 reviews
July 7, 2025
Namibian colonisation by the Germans in the early 1900s flash-forwards to their repercussions in the early 2000s. The constant mentioning of atrocities makes this a difficult read. Had no idea German genocides started prior to 1933 and Hitler.
66 reviews
April 16, 2025
4.75 ⭐
took me a bit of time to get into it but damn I wasn't ready for what was coming (I'm still recovering)
Profile Image for Huguelet Michou.
334 reviews5 followers
February 12, 2017
Trois étoiles pour l'intérêt du sujet et la façon dont il est traité, avec du recul et une analyse distante mais pas exempte de compassion. Un gros bémol quant à l'écriture, truffée de fautes de grammaire et d'orthographe.
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