A cote des quatre volumes des Elements d'ideologie qui, completes par le Commentaire sur l'Esprit des lois de Montesquieu , constituent l' opus magnum de Destutt de Tracy, celui-ci a ecrit entre 1795 et 1806 plusieurs textes aux statuts tres divers apportant un eclairage important sur la formation et le positionnement de l' Ideologie . Reunis dans le present ouvrage, ces travaux peuvent etre ranges dans quatre Les memoires issus des communications lues sous le Directoire devant la classe des sciences morales et politiques de l'Institut national et constituant un premier essai de formalisation de la nouvelle philosophie. Parmi eux, le Memoire sur la faculte de penser (publie en 1798) annonce et prefigure l' Ideologie proprement dite . La confrontation avec le kantisme qui commence seulement a se diffuser en France a partir de 1796. De la metaphysique de Kant (publie en 1802) permet de mesurer tout ce qui separe l' Ideologie de cette philosophie que Destutt de Tracy qualifiera dans une lettre a Maine de Biran d'etrangere et etrange. Les textes qui s'inscrivent dans le prolongement direct des Elements d'ideologie , tels que les Principes logiques (ouvrage ecrit en 1805 mais publie en 1817) ou le memoire Nosce te ipsum adresse en 1806 a l'Academie de Berlin. L'essai consacre au livre de Charles-Francois Dupuis, L'Origine de tous les cultes . En procedant a une analyse raisonnee de cet ouvrage qui met en evidence qu'un meme et antique culte de la nature, des astres et des saisons est a la source de toutes les religions, Destutt de Tracy denonce en celles-ci un obstacle a la bonne logique et a la saine morale privee et publique.
Aux élections aux États généraux, il est élu député par la noblesse du Bourbonnais réunie à Moulins.
Il est un des premiers de son ordre à se rallier au tiers état après la crise du 20 juin 1789 et un des plus enthousiastes lors de la nuit du 4 août 1789.
Lorsque l'Assemblée constituante est remplacée par la Législative en septembre 1791[3], il se consacre aux sciences avec son ami Pierre-Jean-Georges Cabanis. Il est cependant nommé maréchal de camp (général de brigade) par La Fayette, commandant de l'armée du Nord, en 1792 ; mais, après le 10 août 1792 et l'émigration de son chef, il revient à la vie civile.
Pendant la Terreur, il est arrêté comme suspect le 2 novembre 1793 et reste incarcéré pendant onze mois, durant lesquels il s'initie à la philosophie sensualiste de Locke et de Condillac, mettant au point sa propre doctrine. Il recouvre la liberté après la chute de Robespierre (9 thermidor an II/27 juillet 1794).
Après le 18 brumaire, auquel ses amis de la société d'Auteuil, dont Sieyès est alors le chef, ont puissamment contribué, il est nommé l'un des trente premiers sénateurs.
Au Sénat conservateur, il est le chef des « idéologues » méprisés par Napoléon Ier, qui en fait tout de même un comte d'Empire. Outre Destutt de Tracy et Cabanis, la Société des idéologues compte parmi ses membres le comte de Volney et Dominique Joseph Garat.
En 1800, il publie des Observations sur le système actuel d'instruction publique.
Il est élu membre de l'Académie française en 1808.
Louis XVIII le fait entrer à la Chambre des pairs en 1814[5].
Il devient membre de l'Académie des sciences morales et politiques en 1832.
Son œuvre a eu une influence réelle sur les philosophes et économistes du XIXe siècle, notamment Thomas Brown, John Stuart Mill, Herbert Spencer, Taine et Théodule Ribot, mais aussi sur Stendhal et Karl Marx..
Son fils Victor Destutt de Tracy a été parlementaire sous la monarchie de Juillet et ministre de la Marine.
Sa fille a épousé Georges Washington de La Fayette en 1802.