« “Fier d’être un gay, fier d’être un visiteur gay dans un pays fier d’être Israël”. Aussi simplette semble-t-elle, la formule Lave Plus Rose cartonne, surtout quand la baise est mémorable. Ensuite, de réseau en réseau, dans leur sphère publique comme dans leur cercle d’amis, les gays de retour de Tel Aviv ne tarissent pas d’éloge sur leur séjour, et contribuent à remplir les charters de touristes homonationalistes émoustillés d’avance. […] Cerise sur le gâteau, Israël fait de sa politique ultrasécuritaire un joker. Pour jouir en toute quiétude, les gays d’aujourd’hui saluent la “sécurité” du pays ; comme ceux qui draguaient autrefois au Maroc ou en Tunisie cherchaient la “discrétion”. C’est le grand succès du pinkwashing : le séjour ludique à Tel Aviv prend le ton d’un pèlerinage politique. »
Dans cette enquête inédite et à contre-courant, Jean Stern démonte une stratégie marketing et politique orchestrée par l’État israélien – le pinkwashing – qui consiste à camoufler la guerre, l’occupation, le conservatisme religieux et l’homophobie derrière le paravent sea, sex and fun d’une plaisante cité balnéaire, Tel Aviv. De Tsahal, armée affichée « gay-friendly », au cinéma – porno ou branché – empreint d’orientalisme, en passant par la frénésie nataliste chez les gays via la gestation pour autrui, l’auteur raconte l’envers du décor d’un rouleau compresseur. Ce « mirage rose » est décrié par les homosexuels palestiniens et les militants radicaux LGBT israéliens, juifs comme arabes.
Jean Stern est un journaliste français, né le 25 septembre 1956, qui a été chef d'édition à Libération, La Tribune, et l'un des fondateurs du magazine Gai Pied.
Biographie Jean Stern a participé à la fondation de Gai Pied en 1978. Éditeur de la revue De l'autre côté, publiée entre 2008 et 2014, Jean Stern a été pendant 4 ans le rédacteur en chef de La Chronique, le journal de la section française d'Amnesty International. Il fait depuis partie du comité de rédaction d’Orient XXI. Il a été entre 2007 et 2013 directeur pédagogique d'une école de journalisme, l'EMI-CFD, Scop de formation située à Paris Xe. Consultant, formateur et journaliste indépendant, il a collaboré notamment aux revues Charles et Ina Global. Il a également tenu une chronique dans les émissions de Sonia Devillers, Le Grand bain puis L'Instant M sur France Inter. Ayant débuté au Matin de Paris puis au Sauvage, alors mensuel des Amis de la Terre, Jean Stern a effectué une grande partie de sa carrière à Libération, qu'il quitte en 1995. Sous le pseudonyme de Gilles Schiller, il a notamment couvert la révolution de velours à Prague et la chute des Ceausescu à Bucarest. Rédacteur en chef édition de La Tribune, où il a succédé en 1994 à Hervé Nathan, il quitte en 1999 le quotidien économique, où le remplace Guillaume Marcilhacy, ex-rédacteur en chef technique et directeur artistique de La Croix. Il est ensuite chef d'édition du magazine Le Nouvel Économiste. Jean Stern a également été rédacteur en chef du magazine 7 à Paris.
Ses articles sont également publiés par le site Orient XXI[2].
Je crois que le texte vient d'être réédité, peut être qu'il y a une actualisation du sujet au regard des derniers évenements. Ceci étant, j'ai trouvé ça très bien. L'enquête est superbement bien menée, étayée de sources et de chiffres. Cela montre toute la machine mise en marche par le gouvernement israelien pour cacher les horreurs commises sur les populations palestiniennes à travers le rideau du pinkwashing.
c'était fluide à lire et ça c'était pas mal. il a forcément quelque chose de glaçant à lire une enquête de 2014 qui parle des conditions de vie et de cohabitation entre habitants d'Israël et de Palestine dans le contexte actuel. la démonstration du pinkwashing israélien, pensé et poussé par ses personnages politiques gays et/ou opportunistes, au service d'un softpower à destination des pays occidentaux, d'un projet économique autour du tourisme, mais aussi et surtout de la colonisation, est plutôt bien menée. je crois que je suis resté un peu sur ma faim à cause d'une impression globale d'un manque de rigueur que j'ai du mal à étayer, d'un ton cynique qui dessert un peu (parce que la réalité est bien assez violente), et de sujets que j'aurais aimé plus creuser ; j'imagine que c'est le propre des livres de journaliste et ça a permis que ça reste digeste, le point de vue situé est intéressant et j'ai quand même beaucoup appris.
très intéressant, quelques maladresse quand ça parle des personnes trans mais hyper documenté et permet d'ouvrir les yeux sur toute une machine de propagande
J'ai beaucoup apprécié l'enquête et les différentes personnes qui ont été interviewées venant de différents pôles politiques israélien, mais également des Palestiniens. Cependant, je trouve dommage que seulement les 20 dernières pages soient consacrées à la réalité palestinienne.
J'ai appris pas mal de choses mais malheureusement les chapitres qui m'intéressaient le plus étaient les plus courts. Je n'ai aussi pas accroché avec l'écriture un peu trash qui clachait avec le fond du texte.