Paris, septembre 1933, Dora Alekseivna Vassilieva, 18 ans, fille d’émigrés russes, rencontre Jean Doucet, drôle et hâbleur, alors qu’elle s’apprête à faire couper et à vendre ses cheveux chez un coiffeur perruquier de la rue saint-Honoré. Elle veut acheter un appareil photo et concrétiser son rêve : devenir photographe-reporter. Dora, dont la famille a été en partie ruinée par la Révolution russe, est contrainte par sa mère de se marier avec un lointain cousin fortuné Dimitri Vodianov, tuberculeux. Ce dernier, qui se sait très malade et probablement condamné, lui promet qu’il ne lui imposera rien. Il partira après leur mariage dans un sanatorium en Suisse. Le mariage est célébré en janvier 1934 et Dimitri part peu de temps après. Seule à Paris, Dora revoit Jean durant la manifestation du 6 février 1934. Ils parlent politique, photographie, journalisme et marchent toute la nuit dans Paris. Dora a le cœur déchiré entre Dimitri et Jean. Qui choisir dans cette tourmente, quand les ligues fascistes sèment la terreur, quand l’Europe sombre dans la haine et que le front populaire promet des lendemains qui chantent ?
Il n’est jamais trop tard pour apprendre. C’est un de mes crédo. Chaque jour qui passe, j’apprends et j’adore ça. Les événements décrits dans ce roman, j’en avais déjà lu un petit peu mais rien appris au lycée puisque la période avant la Seconde Guerre Mondiale correspondait à mon programme de terminale. En tous les cas, les adolescents qui liront Des lendemains qui chantent, même si ce programme est de plus en plus restreint maintenant, verront cette montée de l’extrême droite en France, cette haine contre tout ce qui n’est pas français et tous les événements politiques dans la deuxième partie des années 1930.
C’est l’histoire de jeunes gens. Jean a 20 ans, il travaille dans un kiosque à journaux. Il est d’un milieu populaire et très vite, il se sent engagé pour la liberté, pour les ouvriers. Il va rencontrer une jeune russe de 18 ans, Dora. Très vite, l’amour, entre eux, sera au rendez-vous. Mais Dora doit prendre des décisions pour sa famille. Elle est arrivée à Paris à l’âge de deux ans, son père est décédé et sa famille n’a plus d’argent. Quand Dimitri, son cousin plus riche, lui propose le mariage, elle accepte, même si Dimitri est atteint par la tuberculose. Dora sera déchirée entre ces deux hommes. Dimitri lui laisse toute liberté. Il est profondément amoureux d’elle. Il espère que ce sera le cas de Dora. J’ai eu un peu de mal avec ces deux histoires d’amour, pas assez approfondies. Le style, pour les décrire, pour un adulte, n’est pas assez enlevé, mais convient très bien aux adolescents. Dora est libre, impétueuse mais elle doit se conformer à ce que l’on attend d’elle, à la société qui n’accepte pas l’émancipation des femmes. Elle passe par toutes les émotions que ce soit en amour ou pour son travail.
Autour d’eux gravitent Lily, la meilleure amie de Dora, Julien, ami de Jean mais aussi la maman de Dora et son petit frère, Sacha, qui souhaite devenir pianiste. Entre ces haines des Juifs, des étrangers, la France ne montre pas un beau visage. Et, en définitive, je comprends maintenant très bien ce qui a pu se passer après, pendant la Guerre.
L’auteur aurait donc dû conserver le même style pour décrire les amours entre ces trois jeunes gens, tous leurs questionnements, leurs colères, que celui qu’elle utilise pour nous décrire cette période de l’histoire, les engagements de Dora et de Jean. Elle décrit très bien l’évolution de photographe de Dora, comment elle apprend, les personnalités qu’elle rencontre et comment elle veut réussir à vendre ses photos lorsqu’elles seront mieux élaborées. Tous les événements décrits sont véridiques et le lecteur les suit avec intérêt. J’ai eu l’impression d’y être. J’ai eu l’impression d’être au coeur des manifestations, de ces coups et aussi de cette liesse populaire. On assiste à cette montée de l’extrême droite qui fait peur, de cette crise financière qui a provoqué la faillite, de la mobilisation des écrivains, de la montée en puissance du communisme, des nombreuses manifestations. Ce roman est donc très bien documenté, accessible à tous, même aux plus jeunes.
Je suis restée sur ma faim avec ce roman mais faites comme moi, allez à la toute dernière page et vous comprendrez car Des lendemains qui chantent est avant tout une histoire d’amour. Donc, après avoir lu cette page, je peux mettre une note pratiquement maximale à ce roman dont j’aurais jugé la fin bâclée.
Je remercie Babelio et masse critique mais aussi les Editions Fleurus.
Résumé Des lendemains qui chantent d’Anne Lanoë
Dora est partie se faire couper les cheveux pour pouvoir s’acheter un appareil photo.
Mais un jeune homme entre dans le salon et refuse qu’elle coupe sa magnifique chevelure.