« Depuis toujours on nous méprise, on nous ignore : le monde appartient aux valides. Il va falloir désormais compter avec nous. Nous que vous ignorez, que vous contournez et évitez de regarder. Nous, handicapés polymorphes, autistes, sourds, aveugles, IMC ou à mobilité réduite, nous voulons plus de représentations dans les médias, le corps médical, la fonction publique et au gouvernement. Nous exigeons plus de considération et plus d’aménagements. Nous sommes une force vive et il ne faudrait pas l’oublier, sinon on pourrait bien tout faire péter ! » Premier communiqué de l’Handi-Gang.
Le concept du livre est vraiment bien - suivre la formation et les actions d'un collectif de personnes handies qui œuvre pour l'accessibilité. On se sent assez bien embarqué dans l'histoire, les points de vue alternés donnent une bonne dynamique de lecture.
Mais j'ai un gros problème - l'écriture des personnages racisés. C'est catastrophique pour un ouvrage qui, je pense, se veut inclusif. C'est un exemple typique de l'antiracisme contre-productif et plein de stéréotypes... racistes.
Je commente quelques perles :
Description d'une famille Nord Africaine : "J'estime avoir assez supporté ces boulets. Entre celui qui se croit tout droit descendu du prophète, qui a voilé sa fille à huit ans et a réussi à voiler notre mère par ricochet, et celui qui [...] nous ramène des filles plus stupides et vulgaires chaque année qui repètent "meskine, meskine" en regardant mon fils [en fauteuil roulant]." Dois-je commenter les stéréotypes coloniaux, qui vont de l'homme nord africain comme oppresseur misogyne et "radicalisé" par l'islam, ou des femmes Nord Africaine vues commes idiotes ou soumises à ce dernier ? La narratrice (issue de cette famille) qui commente cela est écrite comme une exception à la règle...
Le personnage de Rodrigue est décrit ainsi : "[...] Ni blanc ni noir (il a hérité de ses ancêtres antillais un teint plus clair que celui de ses parents, ce qui maintient son type negroïde aux yeux des racistes mais le complexe au sein de sa famille)" La description est déshumanisante et reprend l'expression essentialiste "type négroïde" sans distance critique. Par ailleurs, n'y aurait il que les racistes qui "voient les couleurs"? L'écriture de ce passage me laisse perplexe...
J'identifie enfin un gros problème avec l'écriture du personnage de Isaac, un jeune homme Noir appartenant au Handi-Gang. Il est dans cesse décrit comme "le Noir" : "Le Noir à pantalon jaune", "le grand Noir", "l'aspirant Black Panther", "celui qui aurait pu faire partie des Jackson Five", etc... L'accent est mis dans l'ouvrage sur son "agressivité", sa "violence". On le qualifie de "brute" a plusieurs reprises, et il y a toujours une insistance sur la peur et le malaise qu'il inspire - sans distance critique non plus.
J'en suis à la page 127, et il n'y a pas de narration interne pour ce personnage pour l'instant.
Bien sûr, les personnages blancs ne sont pas décrits comme tels - ceux-ci sont présentés comme neutres.
Pour si peu de pages, je trouve que les biais racistes omniprésents sont vraiment décourageants quant à la poursuite de cette lecture.
C'est vraiment dommage - le concept était bien, l'exécution reste à revoir en profondeur
Ce livre est à l'opposé de ce que je lis normalement, mais j'ai voulu essayer quand même. En effet, ce n'est pas un ouvrage scientifique mais une œuvre fictionnelle.
L'ouvrage suit deux personnages différents :
- Djenna, mère racisée seule qui fait de son mieux pour aider son fils handicapé tout en ayant une vie sentimentale acceptable. - Sam, le fils handicapé qui, à la suite d'une agression (non perçue comme telle par la société), décide de monter une association pour personnes handicapées qui va passer de l'auto-organisation à l'auto-défense, se faire remarquer à l'échelle internationale, et générer des envies terroristes contre les institutions et les établissements non adaptés aux personnes handicapées.
Les deux histoires s'entremêlent régulièrement et l'alternance permet, au début de lire les évènements du point de vue des deux personnages, puis de voir les personnes évoluer avant de se retrouver et se confronter.
Le récit permet de comprendre, ou du moins de visualiser, l'impact d'une société non adaptée aux personnes handicapées, sur les revendications et les moyens de défense/d'adaptation qui vont en découler. En tant que personne qui ne vit pas l'handicap physique, c'était très intéressant, surtout que Cara Zina est mère d'un enfant handicapé, donc je pense qu'elle décrit des affects et des désirs qui sont réels, je laisse les personnes concernées affirmer ou infirmer cela.
J'ai été particulièrement fan du traitement de la violence en tant qu'outil dans cet ouvrage, bien que la conclusion m'ait laissé sur ma faim, je ne peux pas dire pourquoi pour ne pas spoiler. En tout cas, je recommande la lecture de cet ouvrage à tout le monde, personnes valides comme personnes handicapées, qui cet handicap soit visible ou invisible. Il est de taille moyenne (180 pages) et est disponible gratuitement sur le site de Libertalia pendant le confinement, donc profitez en.
Uma espécie de romance autobiográfico que foi desafiante para mim por estar em francês. Fala sobre a militância de um grupo de pessoas com limitações físicas e psicológicas, que encetam pequenas manifestações contra o facto de não existir suficiente acessibilidade e representação para o seu grupo social.
O livro é um pouco confuso porque o texto varia entre a narração da mãe e do filho (numa cadeira de rodas, com espinha-bífida), que têm uma linguagem tão semelhante que por vezes é difícil de distinguir. O discurso também é muito agressivo, cheio de calão, e com uma posição de descontentamento generalizada que não nos permite uma identificação concreta com os personagens.
No entanto, teve algumas passagens muito divertidas, como quando o pessoal de cadeira de rodas vai por aí a colocar cartazes em braille à porta das lojas.
Um livro que me deixou dividida e que propõe um debate interessante
Le sujet était intéressant, j'ai beaucoup aimé l'aspect militant, ainsi que le fait que la narration soit donnée à la mère. Mais le vocabulaire psychophobe m'a vraiment dérangée, ainsi que le méchant.