Les Abdelnour ont passé près de quinze ans au Québec avant que le père ne les force à rentrer au pays natal, le Liban. Après quelques mois d'émerveillement devant le paysage lumineux de la côte, il leur faut bien s'installer dans leur nouvelle vie, apprendre les codes culturels, s'inventer un avenir. Pour la jeune Ikram, profondément attachée à l'indépendance et à la liberté dont elle jouissait en Amérique, l'épreuve est particulièrement ardue. Dans la chaleur entêtante et sous le regard oppressant des hommes, comment rester fidèle à ses ambitions? Comment exercer son métier de comédienne dans un monde ou « actrice » est synonyme de « putain »? Au Grand Soleil, comment s'épanouir sans se brûler?
Dans ce roman sensible et sensuel, Abla Farhoud donne la parole à des personnages intenses et fait revivre autour d'eux le Liban des années soixante.
C'est mon père qui prend la parole. Les mots sortent difficilement de sa bouche, comme s'il n'avait jamais parlé de sa vie. « Tu sais, ma fille, nous sommes au Liban... Nous espérions que... » Je le laisse se dépêtrer, je sais ce qu'il va me dire. Je les regarde et j'attends. « Tu le sais, ma fille, au Liban... une fille de bonne famille ne joue pas au théâtre. »
Née au Liban, Abla Farhoud immigre au Canada avec ses parents en 1951. Comédienne dès l'âge de 17 ans, elle joue principalement à la télévision de Radio-Canada. En 1965, elle retourne dans son pays d'origine et, en 1969, elle s'installe à Paris. Après des études en théâtre à l'Université de Vincennes, elle revient au Québec en 1973. Elle écrit sa première pièce, Quand j'étais grande, en 1982, lors d'un cours de maîtrise en théâtre à l'Université du Québec à Montréal. Auteure à temps plein depuis 1990, elle a écrit douze pièces de théâtre dont Les Filles du 5-10-15¢, Jeux de Patience et Les Rues de l'alligator. Elle est aussi l'auteure des romans Le Bonheur a la queue glissante (Les Éditions de l'Hexagone, 1998), Splendide Solitude (Les Éditions de l'Hexagone, 2001) et Le fou d'Omar (VLB éditeur, 2005). Les livres d'Abla Faroud ont été traduits en plusieurs langues et ses pièces ont été jouées autant au Canada qu'à l'étranger.
Lu dans le cadre du Prix Littéraire des Collégiens 2018 (3/5)
4.5 : Quel beau roman, je l'ai dévoré!
Les Abdelnour sont une famille d'origine libanaise, installée au Québec. Après 15 ans, les parents décident de retourner au pays natal avec leurs enfants. Après quelques mois de lune de miel, tout s'effondre. L'adaptation est difficile, surtout pour les deux soeurs les plus âgées de la famille.
J'ai beaucoup aimé ma lecture. Tout d'abord, l'écriture était magnifique. L'auteure a habilement lié français littéraire, arabe et tournures de phrases typiquement québécoises. De plus, le changement fréquent de narrateur m'a beaucoup plu, car cela permettait d'avoir le point de vue de plusieurs personnages.
D'ailleurs, les personnages avaient tous leur caractère et leur vision des chose. Les deux filles aînées, particulièrement, ne se sentaient pas à leur place au Liban et critiquait souvent les modes de pensées de la fin des années 1960 (au moment où se passe le roman). J'ai trouvé que leur colère et leur frustration pouvait être facilement ressenties par le lecteur.
Je ne connais pas bien le Liban et j'ai donc découvert un nouveau pays et une nouvelle culture. Je pense qu'un bon roman nous fait voyager et ça a été le cas pour celui-ci.
« La vie n’est ni un fleuve tranquille, ni une mer agitée, ni un corridor vers l’aéroport, mais une énigme. Un gros point d’interrogation. On ne sait pas toujours comment les uns survivent et pourquoi les autres éclatent en morceaux. »
Un roman extraordinaire. L’histoire d’une famille qui pense bien faire en retournant dans son pays d’origine. On voit les impacts du choc culturel et du regret,
On change de personnages à chaque chapitre. Cela permet de comprendre chaque membre de la famille Abdelnour. J’aime le résultat! Habituellement, ces changements m’agacent, mais dans ce cas, il y avait beaucoup de valeur ajoutée.
Permet de voir le monde selon des émigrés/immigrés. C’est super!
Un certain côté féministe est montré par Ikram.
— Merci de m’avoir fait voyager au Liban et dans le temps.
Ce roman m'a aidé à voir les choses différemment. Je n'avais jamais imaginé une situation telle que celle de l'histoire, alors j'ai aimé les différents points de vue qui m'ont aidée à avoir une vue d'ensemble sur les réactions de cette famille. Le style d'écriture est magnifique, ce qui a rendu la lecture très plaisante. Le seul point plus ou moins négatif que j'ai trouvé dans ce livre est l'impression de généralisation que j'ai eue. Je trouve que ce roman a l'air de prendre une réaction unique, bien que semblable à d'autres, et de la présenter comme typique. Je me trompe peut-être, mais je crois qu'un retour dans son pays natal doit être différent pour chaque personne, malgré les difficultés évidentes dans tous les cas.
Tout d'abord, j'ai bien aimé ce roman. L'écriture était simple mais efficace et la prémisse était intéressante. Cependant, j'ai l'impression qu'il y aurait eu plus à dire sur tout, que l'auteure aurait pu aller beaucoup plus loin. Les différents points de vue n'étaient pas vraiment utiles (et Dieu sait que ce genre de point de vue peut amener beaucoup à une histoire) et ne faisaient que répéter ce qu'on savait déjà; je n'ai pas senti, vraiment senti, la différence de personnalité entre les personnages.
Un livre aux personnages attachants, quoique triste, mais qui se termine tout de même par une délivrance. C'est l'histoire d'une famille libanaise qui se trouve forcée de quitter le Québec pour retourner au Liban dans les années soixante. Un retour difficile surtout pour les jeunes femmes qui n'avaient pas connu le machisme encore dominant dans le Liban de l'époque. De ces personnages qu'on suit à tour de rôle, certains s'épanouissent, d'autres se morfondent, alors que la dernière, l'artiste, fuit le pays du Grand Soleil qui l'empêchait de vivre sa vie comme elle l'entendait.
J'aimais beaucoup la prémisse: une famille émigrante qui retourne au bercail après 15 ans d'exil. J'ai beaucoup aimé les premiers trois-quarts du livre, mais j'avais l'impression que la fin a été un peu précipitée. Néanmoins, je crois que c'était une façon d'illustrer le ressenti des personnages, sans en dire plus pour éviter de divulgâcher! Les descriptions sont tellement bien que j'avais vraiment l'impression d'y être.
J'ai vraiment aimé ce roman. J'ignorais de quoi il s'agissait, je l'ai choisi au hasard dans une boîte à livres. C'était un coup de chance. Il est très bien écrit, dans un français qui m'a séduite. Les personnages sont attachants. J'ai eu de la peine quand j'ai dû les laisser à la fin de l'histoire. Ce qui est le plus surprenant, c'est que, quelque part, cette histoire ressemble beaucoup à la mienne. Je n'en dirai pas plus, je ne voudrais pas révéler la fin de l'histoire.
Très intéressant! Le retour au Liban après 15 ans au Québec est difficile pour les filles Abdelnour, même en 1965. J'ai aimé la variation entre les narrateurs, bien que'elle aurait pu être plus marquée. Il n'y a quand même aucune difficulté à différencier les personnages, leurs motivations et leur caractère. Un beau roman, qui se lit rapidement.
Le roman ne semble pas avoir été travaillé par la maison d’édition, on aurait pu en avoir plus et surtout avoir retiré des passages. Pas du tout structuré, on comprends déjà ce qui arrivera pendant le roman dès les premières pages, l’intrigue est linéaire.
Bof..... Je ne suis jamais à l'aise à mettre yne mauvaise note à un livre. Je me dis tousjours "qui suis-je pour juger" mais disons que ce livre ne m'a rien dit. Pourtant ça parle de mon pays et ce que ça raconte est très véridique. Mais rien de poignant.
Un excellent roman qui traite d'altérité en donnant une voix à plusieurs membres d'une même famille. Je recommande aussi Le bonheur a la queue glissante de la même auteure.
3.5 ⭐️ Une lecture vraiment intéressante et qui se lit vraiment rapidement. J’ai beaucoup aimé la division des chapitres en utilisant la narration/visions des différents membre de la famille.
Un récit intéressant, qui nous pousse à réfléchir à l'adéquation qu'il peut y avoir entre culture et identité propre. Récit avec une écriture simple et directe. J'ai aimé les différents thèmes abordés, ça nous donne une occasion d'être fière et heureux de vivre au Québec.
Ohhhh..... quel livre touchant! Super bien écrit, les personnages sont attachants et leur parcours troublant.... découvrir le Liban du dedans... sa culture en 1968....
Incroyable! J'ai su après que c'est la suite de "toutes celles que j'étais" et qu'elle compte finir sa trilogie par la suite de son expérience. À lire absolument!
Au début, je n'étais pas certaine de la narration mais après 3 chapitres je suis tellement embarquée avec elle!!!!
Une lecture qui nous fait apprécié le fait d'être Canadien et nous permet de mieux comprendre la réalité des femmes issues de pays étrangers, dans ce cas-ci le Liban. J'ai aimé.